• Source: SHD le 30 Octobre 2015


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    Source: SHD le 30 Octobre 2015


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  • Georges Navotte

    Georges Navotte est un fils d'exploitants forestiers né le 10 septembre 1918 à Vireaux, dans le canton d'Ancy-le-Franc. Sa jeunesse est bercée par les idées de gauche et les récits patriotiques de son père, décoré de la guerre 1914-1918. En 1936, il est apprenti serrurier à l'atelier d'entretien mécanique de la cimenterie de Frangey mais est licencié à la suite d'une grève. Il part travailler avec ses parents jusqu'à sa mobilisation au service militaire à Dieuze, près de Nancy, en octobre 1938. Pendant la " drôle de guerre ", il réalise du transport de matériel sur la ligne Maginot puis à Dunkerque, dans la 641e compagnie du 125e escadron du train. En mai 1940, il fait partie du corps expéditionnaire de Hollande, qui reflue devant l'ennemi. En octobre 1940, il est maintenu dans l'armée d'armistice. En 1941, il est au 41ème régiment d'infanterie à Brive-la-Gaillarde, d'où il tente vainement de rejoindre Londres par l'Espagne. Il est finalement démobilisé le 15 novembre 1941 et rentre à Vireaux.   


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    2ème section, 7ème compagnie, 2ème Bataillon du 41ème R.I.

     

    Béganne - Sur le Front de la Vilaine

     

    Béganne - Sur le Front de la Vilaine

     

     

     


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  • RAPPORT du chef de bataillon MOLISSET , Cdt le 21° Btn d'instruction du 41° RI au sujet des événements concernant ce btn et le groupe des unités d'instruction n°17 aux abords de cambrai, entre le 16 et le 21 mai 1940.

    Le 16 mai: Alerte et transport en camions:

    Le 21/41° RI est à l'instruction (depuis février) au cantonnement d'Auneuil (Oise) quand il est alerté le 16 mai, à 8 h 00 d'être prêt à être embarqué sans chevaux ni voitures. A 12 h 30  il est prêt. Il ne part que le lendemain 17 mai à 10 h 00 après une nuit passée à la belle étoile et après avoir essuyé un orage.

    Le 17 mai: 

    Départ d'Auneuil à destination d'Avesnes (premier point de destination). Nuit passée en camion, arrêt à Roye, aiguillage sur Cambrai, arrêt à Masnières ou le Btn reçoit le baptême du feu (mitraille par avion, bombardement en queue de colonne . . . ) sans pertes. Vers 15 h 00, le colonel CALLAUDAUX convoque les commandants des 21/41°RI/43°RI et 150°RI à la mairie de Cambrai ou il les avait devancés et donne leur mission à ces trois bataillons.

    Mission du bataillon - organisation de la position:

    Le 17 mai à partir de 16 h 00:

    Encadré au Nord par le 21/43° RI et au Sud par le 21/150° RI, mon bataillon doit tenir sans esprit de recul, le terrain et les villages compris entre: La route de Cambrai - Le Cateau; La route de Cambrai - Solesmes (exclue) (en fait, je l'ai prise dans mon quartier de btn car très importante) englobait la sucrerie de Cauroir, ferme de la Croisette, route du Cateau à Cambrai à hauteur d'Avoingt - Faubourg St Druon - Lisière Sud de cambrai.

    Le P.C du Colonel CALLAUDAUX, Cdt du G.U.I n°17 à la mairie de Cambrai.

    Le 21/41° RI Cdt MOLISSET, à la brasserie, Place du Bois à Cambrai.

    Le 21/150° RI Cpe GAUTIER, Faubourg St Druon.

    Le Colonel cdt la Place: colonel SANTINI.

    Intention du Cdt du 21/41° RI et dispositif:

    S'installer en points d'appui fermés et tenir particulièrement solidement.

    Soirée du 17 et nuit du 17 au 18 mai - Matinée du 18 mai:

    Malgré deux nuits précédentes sans sommeil, le 21/41°RI débarqué au lisières de Cambrai est rassemblé. L'ordre de défense est dicté aux Cdts de Cies (confirmé ensuite par un ordre, distribué le 17 ou le 18 ). Je rassemble toute mon unité et les mets moi même au courant de la situation.

    A 16 h 30, elle s'articule et gagne ses positions. je fixe le P.C et me rend sur place avant la nuit, à toutes les Cies pour décider, sur le terrain même les plans de feu, liaison, organisation des barricades, renforcement nécessaire, besoins des unités.

    Je récupère au cours de cette inspection, deux canons de 25 que j'installe en profondeur sur la route du Cateau et incorporé dans le centre de résistance de la sucrerie de Cauroir.

    Toute la nuit, jusqu'à trois heures du matin, l'unique camionnette de ravitaillement du Btn apporte des vivres, les munitions des Cies laissées sur l'emplacement du débarquement du btn ( vivres et munitions laissées sur place faute de moyens hippo des Cies ).

    Le Bataillon aligne en ce moment:

    11 Officiers (dont le Chef de btn, l'officier des détails et le médecin).

    50 Sous-officiers, 450 caporaux et soldats dont 150 anciens et 60 S.X.

    Le reste sont des recrues, peu instruites, reçues au Btn en avril qui ont éffectué: F.M 4 tirs au fusil, Mitrailleurs 5 à 6 tirs, engins 3 à 4 tirs dont un obus de guerre.

    Armement: 6 mitrailleuses, 1 mortier de 81, 3 mortiers de 60, 1 canon de 37 et récupéré sur place 2 deux canons de 25.

    Liaisons: E.R 17 donné à la 3° Cie à Cauroir, téléphones civils reliant toutes les Cies au P.C (sauf à Cauroir ou le personnel des P.T.T a fui et ou la cabine téléphonique est en dérangement). La nuit du 17 au 18 apporte le repos indispensable.

    Le 18 au matin, toute la matinée, je passe l'inspection des travaux réalisés à  midi, je constate que toutes les barricades sont en place, faites d'instruments aratoires, chicanes battues soit par F.M à balles perforantes, soit de canon de 37, soit par canon de 25.

    Tranchées étroites et profondes contre les bombardements; seules les défenses accessoires par réseau barbelés ne sont pas réalisées, faute de fil de fer et de piquets demandés dès le 17 mai au G.U.I n°17.

    Les liaisons téléphoniques sont assurées.

    Un camion de munitions arrêté sur la route de Solesme met ses munitions à la disposition du Btn. Ces munitions sont portées aussitôt sur la position.Il manque des relais et des cartouches pour les mortiers.

    Le 18 dans la soirée, le Btn peut recevoir l'attaque; il est enterré, barricadé, à des munitions suffisantes, quoique incomplètes pour 4 mortiers, le moral est excellent.

    Combat du Bataillon:

    Nuit du 18 au 19 mai:

    Le guet signale des mouvements d'engins blindés suspects en direction de la route du Cateau - C.R. de la Cie tenant cette route vers 18 h 00, je donne l'alerte générale terrestre, aérienne et contre blindés.

    J'en rend compte au Colonel CALLAUDAUX.

    Mon Sous-officier de liaison vient me rendre compte que le P.C du G.U.I est vide. J'envoie un autre Sous-officier qui me confirme le fait, qui sera ensuite contrôlé et confirmé par l'Adjudant chef LEVESQUE, adjudant chef de mon groupe de Cdt, puis par le Colonel SANTINI, Cdt la place de Cambrai et son Capitaine adjoint. 

    Le médecin PETIT, du 21/150° RI qui, en l'absence d'autres officiers du 150, répond à mon ordre de prise de commandement.

    Vers 21 h 00, attaque violente menée par des blindés sur la route du Cateau.

    Un char allemand éventré par un coup de 25, posté en arrière de la chicane de l'avant dernière barricade marque l'ultime avance allemande.

    Fusillade générale sur tout le front du Btn.

    Les fractions: 2° Cie F.V du sous-lieutenant MARCONNET, moitié de la C.A du Lt GUIO et S/Lt BIARD. Engagés à fond au-delà de la barricade précitée, ne manifestent plus aucunes activités à partir de 21 h 30. A la lueur des chariots en flamme dans les barricades, une patrouille commandée par le Cne PROVOST ? d'un régiment régional de la Place de Cambrai ne peut prendre liaison avec les éléments de la 2° Cie et C.A. qui probablement ont été encerclés et faits prisonniers par les tirailleurs ennemis agissant en liaison avec leurs chars.

    La 2° Cie et la moitié de la C.A ont tenu dans leur point d'appui et n'ont opéré aucun recul. Ils ont rempli leur mission de tenir sans esprit de recul.

    Le 18 mai de 21 h 00 au levé du jour du 19 mai: fusillade générale sur tout le front du Btn, La capitaine MOUFFRANC , commandant la C.H.R et le verrou de la route du Cateau, en se portant avec quelques hommes de son P.C à la barricade dont il a la défense, est blessé d'une balle au dessous du genou. A signaler sa crânerie sous le feu.

    Le calme renaît après cette crise violente qui a durée une demie-heure environ. Attaque brutale, riposte non moins énergique. La troupe a tenu sous le choc très violent comme l'atteste un char éventré; barricades en feu, fers tordus, corps du caporal PEZARD sur la barricade même, et que j'ai fait personnellement relevé par une ambulance , le 19 mai vers 15 h 00.

    Accidents divers pendant la nuit du 18 au 19 mai: Arrivée à mon P.C du Colonel Chef d'E.M de l'E.M du II° corps d'armée, mon ancien chef de corps au 41° R.I ( colonel DELORME ) assisté de plusieurs officiers et d'un ou deux officiers de l'Armée. Ils se restaurent, me disant de venir du Quesnoy, puis de Solesme, avoir passé dans un intervalle de colonne blindée allemande, progressant en direction Sud-Nord entre Solesme et Cambrai.

    Le Colonel DELORME téléphone au P.C de l'E.M de Lille.

    Je téléphone également à cet Etat-major pour exposer la situation. Il m'ont donné l'ordre de ne faire sauter les ponts et incendier les réservoirs d"essence que sous la pression de l'ennemi.

    Je demande des appuis de chars ( 3 sections ) et des feux d'artillerie que l'on me promet sans indication d'heure.

    Je maintien à mon poste le personnel d'exploitation du central téléphonique des P.T.T qui a été au dessus de tout éloge. Pris de doute, un moment, sur la nationalité des manipulants, je fait faire une descente d'un groupe de soldat aux ordres du Lt XIBERRAS ( mon officier de détail ) . Tout soupçon est dissipé. 2 S/officiers de mon groupe de Cdt détachés au central téléphonique, dès  20 h 00, y sont maintenus pour assurer la permanence des liaisons.

    Prise de contact avec le Colonel SANTINI, Cdt de la Place de Cambrai, qui m'a donné le plus précieux concours, pendant tout le combat par sa connaissance des ressources sur place.

    Appel téléphonique d'un officier du 21/150° RI au P.C de ce btn qui jusque la n'avait répondu que par le médecin. Ce médecin avec deux adjudant et une douzaine d'hommes fait des recherches. Il m'est rendu compte qu'on ne trouve plus le 21/150° RI, ce Btn a abandonné sa position à une heure que je ne puis préciser, mais il est incertain.

    - Qu'aucun officier sauf le médecin n'a répondu à mes convocations au téléphone du P.C du Btn dès ma prise de commandement du G.U.I n°17 le 18 mai 1940 à 20 h 00.

    - Que la seule fraction restée à son poste se réduisait au médecin, deux adjudants et une quinzaine d'hommes.

    Organisation de colmatage du quartier du 21/150° RI en liaison avec le Colonel SANTINI au moyen d'engins mécaniques dont disposait le Colonel. Tous ces moyens sont mis aux ordres d'un chef d'escadron d'artillerie. Colmatage d'autant plus nécessaire, que le colonel m'apprit la présence de l'ennemi vers Masnières ( route de cambrai vers Péronne ).

    Journée du 19 mai: 

    Attaque allemande sur Cauroir: Ce village se prêtait particulièrement par la configuration des rues et du terrain à l'installation d'un réduit fermé , ce qui fut réalisé.

    Le poste de T.S.F ER17 à permis de suivre le combat.

    - Encerclement par des engins blindés et attaque des issues.

    - Enlèvement des barricades par combinaison de choc des chars et des feux des tirailleurs allemands.

    - Défenseurs acculés au centre du dispositif ou se tenait le P.C du la Cie.

    Il s'est mené là, un combat tout à l'éloge des cadres et des hommes de la 3° cie du 21/41° RI: Cadres énergiques ( Lt TEXIER, Adjudant chef HERVE ) anciens soldats peu nombreux, recrues ayant un mois d'instruction réelle, n'ayant effectué que 4 tirs au fusil et venant du dépôt d'infanterie de Bourges.

    Toute la 3° Cie (que je n'avait pu doté d'armes anti-char) a donné l'exemple de cran et de courage. Le dernier message du Lt TEXIER fut ( acculé au P.C, que faire . . . ) j'ai répondu ( Mission terminée ). Il était 9 h 00. Je ne pouvais demander plus, tous avaient rempli leur mission de tenir jusqu'au bout, pas un a fui, tous ont fait face à l'assaillant, même les S.X dont plusieurs étaient des quasi infirmes dont j'avais demandé l'éviction du service ( voir mon rapport à ce sujet au Général LARCHER, Cdt les bataillons d'instructions de la zone des étapes du G.Q.G dont le P.C était à Trilport. Ce compte rendu reflète exactement la valeur combative du bataillon.

    Seul le médecin avec les malades et les éclopés a pu s'échapper avec l'ambulance que je lui avais envoyée la veille. Ce médecin avait un poste de secours à une sortie du village, opposée à la direction principale de l'attaque ennemie.

    Attaque de la sucrerie de Cauroir:

    Simultanément à l'attaque de cauroir, l'ennemi attaque aussi la sucrerie de Cauroir tenue par la 1ère Cie du Sous lieutenant GUIBOUT. Commandée par ce jeune S/Lt, sorti de Saint Maixent à la mobilisation, cette Cie menacée d'encerclement par action d'engins blindés et de tirailleurs, se décroche et mène un combat en retraite jusqu'aux lisières de Cambrai, sur la route de Cambrai vers Solesme.

    J'ai pris contact avec le Lt GUIBOUT, vers 10 h 00 près du pont au dessus de la voie ferrée ( lors du combat de rue qu'il dirigeait avec calme et ordre ) pour lui indiquer son axe de repli: L'unique pont sur l'Escaut, à l'ouest de Cambrai, puis la route de Bapeaume ou celle d'Arras. J'ai entendu une violente fusillade ponctuée de coups sourds ( canons de chars ). Je ne devais revoir ni cet officier ni les éléments de sa Compagnie.

    Destruction des ponts et réservoirs d'essence:

    Depuis 2 h 00 du matin, après ma conversation avec l'E.M de Lille, je savais et c'était mon intention très arrêtée que je ne devais faire sauter les ponts que sur pression de l'ennemi.

    Or, le 18 à 21 h 30, ma 2° Cie et la moitié de la C.A étaient encerclées et capturées.

    Le 19 à 4 h 00, j'apprenais que 21/150° RI ne tenait plus sa position, sans que j'en soit averti.

    Le 19 à 9 h 05, la 3° Cie de Cauroir était acculée dans ses dernières défenses. La 1° Cie, sur la route de Cambrai - Solesme menait un combat en retraite. Je n'avais aucune réserve en tant que Cdt , ni même comme chef de Btn par suite de l'étendu du front, de la faiblesse des effectifs, de ma prise de commandement inopinée juste au moment de l'attaque allemande. A  9 h 30, je donnais au Lt LEMERI, avec lequel j'avais maintenu l'unique liaison téléphonique ( en postant un Sous officier au central des P.T.T, le personnel ayant été évacué par mon ordre vers 9 h 00, au moyen de la voiture de liaison du Btn caporal ROBINO ). l'ordre de mise de feu. La destruction fut opérée. seul un pont était intact et permettait le repli des éléments à pied, des voitures et des chenillettes par la pose de sacs à terre entre les traverses, avec les éléments du 21/150° RI que je retrouvais aux abords du pont ou je m'étais rendu vers 13 h 00 ( avec le Caporal-chef  BAHIER de mon groupe de commandement, que j'avais envoyé au préalable reconnaître ce point de passage ).

    Cette destruction fut décidée lorsque je n'avais plus un seul moyen à ma disposition pour parer à une avance de l'ennemi, car:

    - J'avais dirigé sur Arras, l'officier des détails: Lt XIBERRAS et l'adjudant JOLIVET de l'approvisionnement porteur de 198.000 francs; le médecin et le reste de mon groupe de commandement au moyen de la camionnette de ravitaillement et de l'auto ambulance récupérée en cours de combat.

    -  J'étais sans nouvelle du 21/43° RI depuis le 19 à 9 h 00, toutes les liaisons téléphoniques étant coupées, sauf celle du Lt LEMERI.

    Repli du 21/43° RI:

    Certain de l'état de l'unique pont et de la route de repli, je me portais seul à bicyclette en direction du 21/43° RI pour prendre contact avec lui. Près de la mairie j'ai la bonne fortune de rencontrer le motocycliste du P.C du 21/43° RI à ma recherche. Je moto avec lui sur sa moto rejoindre le Cdt DENNEZ à son P.C d'Escaudoeuvres. Sous l'énergique et audacieux commandement du Cdt DENNEZ, le 21/43° RI s'est organisé comme le 21/41° RI en points d'appuis fermés dans les villages d'Escaudoeuvres, Naves et Cagnoncles.

    Il y a même un combat très dur contre les blindés et avec son de 37, détruit un char et 2 camions de tirailleurs, accompagnants les tanks au abords d'escaudoeuvres.

    Il y le lt NOEL tué ( dont le corps est ramené à Cambrai ) et plusieurs soldats. ils est sans nouvelles de ses Cies de Naves et de Cagnoncles. il pense qu'elles sont capturées. Il envoie un camion sur Naves. Ce camion n'est pas revenu. il est 16 h 00, je mets DENNEZ au courant de la situation et lui prescrit de diriger le reste de son Btn sur la route Bapeaume. Je prend la tête de la première fraction sur un camion portant le corps du Lt NOEL et les blessés pour rejoindre son ancien P.C y briser les sceaux du Btn que j'y ai laissé et m'assure si les pièces d'archives concernant les pièces secrètes , le personnel des officiers et S/officiers ont bien été évacués par l'officier d'approvisionnement.

    Après avoir quitté le camion place de la mairie, je me portais à la mairie pour y attendre les premières fractions du 21/43° RI. Je vis un adjudant et plusieurs hommes de tête d'une compagnie. Je les dirigeais vers le pont de chemin de fer, étant à pied. Un violent tir de 150 fut déclanché de 16 h 30 jusqu'à 17 h 30 sur la route de Cambrai - Escaudoeuvres.

    J'en conclus que le reste du Btn du 21/43° RI allait être coupé ( en fait, j'appris le lendemain à Arras que seul le Cdt DENNEZ, avec ses quelques cyclistes faisant le coup de feu contre deux motards allemands leur barrant la route avait pu passer ).

    Ma liaison avec le G.R.D de la 25° DI ( Lt Colonel d'Arodes ).

    Ayant franchi l'Escaut avec les éléments de tête du 21/43° RI, je me poste à la bifurcation des routes Cambrai - Arras - Cambrai - Bapeaume pour aiguiller le 21/43° RI .

    J'aperçois vers 17 h 00 un side-car de cavalier. Je me renseigne. Ces motocyclistes m'apprennent la présence aux environs d'un C.R.D.I : Lt Colonel d'Arodes: P.O à Epinoy.

    Reçu aussitôt, je mets le Lt Colonel au courant de la situation: la tête de pont de Cambrai peut-être réoccupée si on a les moyens sous la main. Le pont sortie ouest est encore intact. Le Lt Colonel prend note et mon renseignement m'offre une collation que j'accepte ainsi que sa voiture personnelle pour me rendre sur la route Cambrai - Bapeaume y récupérer mes éléments. Le Lt Colonel d'Arodes m'avait dit au cours de repas que la seule route d'Arras était encore libre; les ponts sur la Sensées coupés; l'intention du Cdt de tenir sur la Sensée.

    Après une pointe sur la route de Bapeaume, je reviens à Haynecourt ou se trouvent deux officiers du G.R.D.I 25 pour reprendre une moto pour pousser une pointe sur la route:

    - de bapeaume pour retrouver les éléments du 21/41° RI et du 21/43° RI; je ne trouve rien, ni camions portant les blessés du 21/43° RI, ni cyclistes, et pourtant je suis allé jusqu'à la coupure du canal du Nord.

    - d'Arras, aucun élément du 21/43° RI n'a pu sortir de Cambrai.

    Il me reste à regagner Arras, n'ayant plus un seul homme, ni du 41 ni du 43. Je laisse un C.R à Haynecourt pour le Général Commandant la 25° DI aux bons soins du Lt Colonel d'Arodes et remis à un officier à Haynecourt.

    Un side car du G.R.D de la 25° DI me dépose au delà de Marquion sur le pont de la Sensée ( ou nou manquons de nous précipiter conducteur et side car ). un officier d'A.M.C qui va cantonner à Avis me fait conduire à Arras ou j'arrive à la nuit close.

    Nuit du 19 et journée du 20 mai:

    Je traversais Arras dont la partie voisine de la gare est en feu et rejoins le bureau de la Place. Je demande à être mis en relation avec le général Cdt d'Armes; Vu l'heure tardive, je n'obtiens pas satisfaction.

    Je téléphone alors à l'Etat-Major de la région de Lille ou j'ai au bout du fil le 3° bureau, auquel je relate tous les événements énumérés ci-dessus et qui ont l'air d'éveiller son intérêt. Il me conseille de prendre du repos.Je me couche au séminaire et à 7 h 00 le 20 mai je me présente à l'Etat-Major du général Cdt  la subdivision qui me reçoit et auquel j'expose les faits dont je fus le témoin.

    Je retrouve le Cdt DENNEZ du 21/43° Ri avec quelques uns de ses cyclistes vers 9 h 00 et j'apprends à cet E.M que l'encerclement d'Arras est en voie d'exécution. On signale des parachutistes à Mareuil, etc . . . Je rassemble autour du Q.G 2 side cars avec F.M et une A.M.C pour défendre les abords. Le général quitte son P.C et seule la route de St Pol est libre.

    Avec le Cdt DENNEZ, ses hommes et les side cars et l'A.M.C , nous partons pour st Pol ou nous sommes aiguillés sur Hesdin ( point de rassemblement ).

    Nous arrivons ainsi à hesdin, vers 12 h - 13 h 00 au bureau de la Place, je me présente au Général de FELICONDE, je prend contact avec l'officier adjoint au Lt Colonel SANTINI  et je me présente au Lt Colonel SANTINI  qui a des paroles élogieuses à mon égard, pour notre action sous Cambrai, qui fut portée par lui à la connaissance du Général PAGESY. j'ai l'intention de regrouper à Hesdin les éléments du G.U.I 17. Je me préoccupe de me reposer et je trouve une maison proche du bureau de la Place qui m'offre un matelas ( aucune organisation pour les officiers n'était prévue ).

    Nuit du 20 et journée du 21 mai:

    A peine endormi, j'entend  à 23 h 00 une fusillade. Je me rhabille et vais aux renseignements au bureau de la Place de Hesdin; portes closes et communications coupées.

    Une colonne d'autos passe devant le bureau de la Place. j'apprends que le parc autos est alerté et se porte sur Boulogne par Montreuil. Lors d'une conversation avec le Colonel SANTINI, je savais que l'E.M  de la 1ère région devait s'installer le 20 à Montreuil. Je monte dans une auto avec le Lt PICAN. Je descend à Montreuil. J'interroge des infirmiers de l'hôpital de Montreuil qui m'apprennent que des éléments de l'E.M de la 1ère région étaient venus le matin, mais étaient repartis. 

    A ce moment, je pris cette décision de traverser la Somme d'abord à Abbeville puis à St Valéry sur Somme.

    Je monte dans un camion du train ( signe distinctif - un papillon ), ayant l'ordre de rejoindre Neufchatel et pars en direction d'Abbeville. Il est minuit environ. au lever du jour je suis à une dizaine de km d'Abbeville quand une auto civile vient en contre sens. J'interroge le conducteur qui me dit que la route est coupée. Une seconde voiture ( un marchand de Cassel dont je je vérifie l'identité ) me confirme le fait. Je rebrousse chemin pour filer sur St Valéry par Montreuil et Berk. J'arrive jusqu'à la hauteur de Port-Mahon. J'apprend que les ponts de St Valéry sont également coupés.

    Devant l'embouteillage croissant, je saute du camion, me fais prendre par un motocycliste ( Le Maréchal des logis TERREAUX du 188° R.A.L.T.E.M ).

    A quelques km avant d'arriver à Montreuil, la moto ne marche plus. J'avise une voiture civile ( Ce serait d'après les dires du conducteur, des membres de la famille du Général Belge DUBOIS ), je les persuade de rebrousser chemin et de rejoindre Etaples ou Boulogne. Péniblement nous arrivons à Etaples. Le Maréchal des logis et moi même sur le marche pied.

    j'ai l'intention de réquisitionner au besoin un patron de barque pour quitter Etaples avec le plus d'officiers possible. je me heurte à une indifférence complète, les patrons évoquant leurs familles ou leurs proches et ne veulent à aucun prix de militaires à bord, craignant le bombardement.

    seul le syndic Savina s'intéresse à mes propos. Je me porte sur le pont d'Etaples à la recherche d'officiers français. J'arrête ainsi le Cpe GRATERY du 50° R.A.D, 6° groupe, le Lt JOLY, le médecin Lt DUFFEUX qui me déclare convoyer dans son auto les avoirs d'une banque de Lille ( Banque André JOUARRE ) se montant à 20 ou 25 millions.

    Il s'agit de sauver cette fortune. Je m'en ouvre au Syndic Savina et HERAULT d'Etaples: le patron MARGOLLE accepte ma réquisition. Nous embarquons aussitôt, mais les civils refusent énergiquement  la famille du Général DUBOIS. J'en suis navré, car j'avais l'air de manquer de gratitude vis à vis de cette famille.

    Après 26 h 00 de traversée, avec escale à Fécamp, pour débarquer une partie des civils, j'aborde à Port en Bessin le 22 mai vers 12 h 00.

    Je me mets en rapport avec le maire de ce village, puis par téléphone, immédiatement avec l'Amiral Préfet maritime ( Cdt PICHON de l'E.M ) cet officier supérieur mis au courant de la nature de la cargaison spéciale me renvoie l'autorité civile.

    Je m'adresse au Sous Préfet De PINEL de Bayeux, qui, très aimablement prend l'affaire en mains, mais ne peut obtenir le stockage des valeurs dans une banque locale, ni à la banque de France de Caen, après liaison avec la banque de France de Paris. Mettant deux autos à ma disposition et après avoir reçu un ordre de rejoindre Caen  ( ordre signé du Cdt de gendarmerie de Bayeux ) nous arrivons à Caen le 22 mai à 22 h 00. Le Colonel Cdt la subdivision se charge du stockage des valeurs pendant la nuit du 22 au 23 mai.

    Tous les officiers m'accompagnant depuis Etaples sont hébergés à la caserne Lorge de Caen, ou nous passons la nuit. Ce matin 23 mai, je rédige le présent rapport et fais ressortir les points suivants: mon Btn , le 21/41° RI et le 21/43° RI ont rempli leur mission de sacrifice, aucun n'a fui, tous à l'exception de mon groupe de commandement ( l'officier des détail et le médecin ) on été capturés à leur poste de combat, fidèles à l'ordre reçu.

    Pour mon compte personnel, j'ai fait tout ce que j'ai pu pour prendre au pied levé dans des circonstances difficiles, le commandement du G.U.I n°17, diriger le combat, faire sauter les ponts et incendier les réservoirs d'essence à l'ultime moment de la chute de notre résistance, récupérer les éléments de retraite, essayer d'échapper à la capture par une course sans répit, ni trève, mettre en lieu sur une vingtaine de millions et me présenter malheureusement seul sur Caen, pour me mettre à la disposition du Commandement.

    J'ai la conviction profonde que les deux Bataillons 21/41° RI et 21/43° RI on mérité une récompense digne de leur sacrifice . . . 

    Caen, le 23 mai 1940

    Le Chef de Bataillon MOLISSET

    Cdt le 21/41° RI et Pvt le G.U.I n° 17

    Signé: MOLISSET

    Sources: S.H.D de Vincennes.

     

      

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     


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  • Extrait de l'histoire du camp des indésirables . . .

    La politique de répression mise en place par la IIIe République à l’encontre des individus jugés « dangereux pour la défense nationale ou la sécurité publique » se traduit dans les départements par la création de « centres de séjour surveillé pour indésirables français ». En Dordogne, le « Camp du château du Sablou » voit ainsi le jour. Il fonctionne du 17 janvier au 30 décembre 1940, soit une année à peine… suffisamment longtemps pour marquer la mémoire du lieu, ainsi que celle des trois à quatre cents internés, détenus « par mesure administrative ».

    Le château du Sablou, côté cour

     

    Le 41° RI au Château du Sablou en 1940 (le camp des indésirables)

     

    Pour bien mesurer toute l’ampleur du dispositif répressif, il est nécessaire de garder en mémoire la chronologie des événements qui se succèdent à compter de la déclaration de guerre de l’Angleterre et de la France à l’Allemagne. Le conflit qui éclate le 3 septembre 1939 conduit le gouvernement Daladier à renforcer la surveillance des milieux politiques considérés comme subversifs et à étendre la procédure d’internement à tout individu, étranger ou non, suspecté de porter atteinte à la défense nationale ou à la sécurité publique. Le décret-loi du 12 novembre 1938 relatif à « la situation et à la police des étrangers » a déjà statué sur le cas de ces « indésirables étrangers » dont il est « indispensable d’assurer l’élimination […] en raison de leur activité dangereuse pour la sécurité nationale ». En vue de leur internement, des « centres spéciaux de rassemblement » sont créés. Le premier d’entre eux voit officiellement le jour le 21 janvier 1939, au lieu-dit « Rieucros », sur la commune de Mende (Lozère). Des dizaines de milliers d’étrangers y sont détenus, Espagnols d’abord puis, sous Vichy, juifs allemands, autrichiens, polonais et français.

    Avec le décret-loi du 18 novembre 1939, une nouvelle étape est franchie dans la répression :

    « Les individus dangereux pour la défense nationale ou pour la sécurité publique peuvent, sur décision du préfet, être éloignés par l’autorité militaire des lieux où ils résident et, en cas de nécessité, être astreints à résider dans un centre désigné par décision du ministre de la Défense nationale et de la Guerre et du ministre de l’Intérieur ».

    Cette mesure vise principalement les militants et sympathisants communistes ainsi que les « ressortissants de puissances ennemies ». L’internement administratif accorde aux préfets un pouvoir souverain. Sans qu’aucun délit n’ait été commis, sans qu’aucun jugement ni aucune condamnation n’aient été prononcés, ces derniers peuvent à loisir interner, « à titre préventif ». Le 14 décembre 1939, dans une circulaire qui leur est adressée, Albert Sarraut, ministre de l’Intérieur, fixe les conditions d’application du décret-loi :

    « L’extrémiste qui, par ses conseils et ses tracts, s’efforce de rompre dans les usines le moral robuste des travailleurs, l’alarmiste des cénacles ou des salons qui jette sur ses auditoires les paroles de mensonge ou les prophéties de panique sont, au même titre, les ennemis de la Patrie, et le devoir que vous trace le décret du 18 Novembre est de les déceler en les éloignant, sans délai, des lieux où ils poursuivent une activité d’autant plus nocive qu’elle parvient à se mieux soustraire à l’étreinte de la loi. […] Dès lors, la nécessité s’impose d’être armé non seulement contre le fait délictueux ou criminel, mais aussi contre la volonté notoire de le commettre. […] Ainsi, l’obligation de la précaution préventive apparaît-elle aussi impérieuse que celle de la mesure répressive. […] Ce texte est grave. Il place dans vos mains [celles des préfets] une arme redoutable. Il est exorbitant du droit commun du temps de paix. Mais il est justement ainsi parce que c’est une loi du temps de guerre et destinée à disparaître avec elle, une loi exceptionnelle ». Cette toute-puissance conférée aux préfets par l’Intérieur s’amplifie sous Vichy, conduisant l’historien Marc-Olivier Baruch à écrire : « L’administration territoriale devait revenir au modèle napoléonien des origines : redevenu l’empereur de son département, le préfet n’aurait pas de difficulté à assurer son rôle de représentant unique du pouvoir central ».

    Le camp du Château du Sablou:

    Le château du Sablou a été bâti au XVIIIe siècle, sur une terrasse rocheuse émergeant de la forêt, face au village de Fanlac, village rendu célèbre par Jacquou le Croquant, héros du célèbre roman d’Eugène Le Roy. À la fin du XIXe siècle, le château est la propriété d’Edmond de Floirac et de son épouse, Marthe de La Sablière. Le 4 septembre 1940, sur la commune voisine de Montignac, quatre adolescents partis à la recherche de leur chien fugueur découvrent une grotte qui, en raison de la splendeur de ses ornements, a été baptisée « la Chapelle Sixtine de la préhistoire ». Il s’agit de la grotte de Lascaux. En 1940, le château du Sablou appartient à Henri-René Bardin, négociant parisien. La réquisition du lieu par le préfet s’explique par l’isolement de cette propriété de 130 hectares : « Cachée dans la forêt Barade, c’est un endroit sûr pour parquer des détenus sans éveiller curiosité et soupçons ».

    Sous le pseudonyme de Paul d’Hérama, l’instituteur Paul Caillaud relate son arrivée au Sablou. Au début du mois de juin 1940, lui et ses compagnons d’infortune arrivent en gare de Montignac, en provenance de la citadelle de Saint-Martin-de-Ré :

    « Après la traversée de la ville, ce fut l’ascension sur les hauteurs dominant le paysage, par une route en lacet. […] Au bout de quelques kilomètres, au sein d’un massif imposant de hauts arbres, le château du Sablou nous apparut, spacieux bâtiment rectangulaire de deux étages, couvert d’ardoises. Un large espace, transformé en jardin, bordait sa façade, donnant à l’est ; à l’ouest, c’était la cour des internés, avec une citerne au centre, et une aile de dépendances, jadis granges ou écuries, aujourd’hui logements pour surveillés politiques. À l’angle nord des constructions, se dressait une modeste tour reliée à une aile courte de bâtisses, dont les fondations descendaient très bas, formant trois étages en bordure du promontoire où se perchait Le Sablou. Des fils de fer barbelés, cette fois, et non des remparts, nous séparaient du reste du monde. […] Épaisses, hautes, les rangées de barbelés étaient longées par un chemin de ronde où, jour et nuit, cinq sentinelles veillaient, fusil chargé et baïonnette au canon, sans compter le fonctionnaire de garde dans la guérite de l’entrée. Tout proche se tenait le poste de police [poste de garde], occupé par de jeunes militaires de l’active. »

    La capacité du Sablou est de 225 à 250 internés. « Ce dernier chiffre ne semble pas devoir être dépassé, en raison de l’exiguïté des locaux utiles – explique le commissaire spécial Antz – surtout si l’on tient compte du fait qu’il y a également à loger une trentaine de personnes appartenant aux effectifs d’administration et de surveillance et que certains locaux utilisés pendant l’été ne pourront pas l’être pendant la mauvaise saison. »

    Le Commandement:

    Par courrier en date du 1er février 1941, Maurice Labarthe, préfet du département de la Dordogne, adresse au ministre de l’Intérieur quelques renseignements « au sujet des camps d’internés civils français et étrangers de [son] département ». On relève que « le camp du Château du Sablou […] a été créé le 17 janvier 1940, par note n° 205/2 du Général commandant la 19e Région ». Du 17 janvier au 20 juin 1940, le commandement est placé sous l’autorité du capitaine Saule. De fin juin à début novembre, le capitaine Daguet assure la direction du camp. Il est remplacé le 5 novembre par le commissaire spécial Antz qui commande le camp jusqu’à sa fermeture, le 30 décembre 1940.

    Sous le commandement du capitaine Saule, le service de garde est assuré par quatre sous-officiers, quatre brigadiers, quarante hommes – des gardes mobiles ainsi que des tirailleurs sénégalais. Interné au Sablou au mois de mai, Alphonse Martin raconte comment le capitaine Saule, voulant donner des leçons de patriotisme, brime et insulte les détenus. André Moine, « ouvrier métallo » et dirigeant communiste, brosse ce portrait du capitaine Saule : « C’était un ancien officier de carrière, il n’avait rien d’un tortionnaire, mais tout d’une vieille culotte de peau ».

    Selon Martin, le capitaine Daguet qui lui succède laisse un meilleur souvenir :

    « Il semble ne vouloir tenir aucun compte de l’opinion malveillante de son prédécesseur en ce qui nous concerne. Il s’entretient avec les internés, pose des questions, sur leur métier, leur famille, lit la correspondance. En quelques jours sa conviction est définitivement faite et un changement intervient. Plus d’appel du soir dans les chambres, au garde-à-vous, plus de corvées, hormis celles destinées à la cuisine, au ravitaillement en eau potable et à l’entretien sanitaire des locaux et du camp. Subsiste uniquement la cérémonie des couleurs, sans appel sur les rangs. Sur sa demande, suite à une réclamation des internés qui ne peuvent pas recevoir de colis, il obtient de l’Intendance, repliée à Sarlat, la fourniture de vêtements militaires. Des permissions sont accordées aux internés originaires des régions limitrophes ; un certain nombre de permissionnaires ne rejoindront plus le Sablou sans que leur absence provoque le moindre remous. Les malades dont l’état nécessite des soins sont hospitalisés à Montignac, sur la demande du capitaine Daguet. »

    Le personnel d’administration, d’encadrement et de surveillance dont dispose l’autorité militaire sous le commandement du capitaine Daguet, est ainsi réparti :

    1° – Administration : 1 lieutenant-médecin, 1 sous-lieutenant qui a fonction d’adjoint au commandant, 1 adjudant-chef faisant fonction d’officier de détail, 3 sergents-chefs (comptabilité, ravitaillement, vaguemestre) ;

    2° – Encadrement et divers : 2 adjudants-chefs, 3 sous-officiers, 1 caporal d’ordinaire, 6 démobilisés (chauffeur, palefreniers, téléphoniste…) ;

    3° – Surveillance : un détachement du 41e régiment d’infanterie, composé de 40 hommes (officiers et gradés compris).

    Jusqu’au 31 octobre 1940, la garde du camp est sous contrôle du ministère de la Guerre. Le 30 octobre, le secrétaire d’État à l’Intérieur fait savoir au préfet de la Dordogne que « l’Autorité Militaire ne pouvant plus se charger de la garde des centres de séjour d’indésirables, cette surveillance incombera au Ministère de l’Intérieur (Direction Générale de la Sûreté Nationale) et qu’un Commissaire de Police [sera] détaché », conformément à la loi du 17 novembre 1940 relative à la surveillance des camps. Le commissaire spécial Antz est nommé à ce poste. Le 6 novembre, il s’adresse au ministre de l’Intérieur en ces termes :

    « J’ai l’honneur de vous rendre compte qu’arrivé au Centre de Séjour Surveillé du Sablou le 31 octobre 1940, j’en ai pris la direction effective hier, le 5 novembre 1940, à 10 heures, le commandant militaire qui m’a précédé, le capitaine Daguet, ayant rejoint son corps. À l’appel effectué à la dite heure, 243 surveillés étaient présents sur un effectif de 273 internés, dont douze sont actuellement hospitalisés à Périgueux ou dans d’autres établissements et un en permission régulière. Il manque 18 surveillés dont l’évasion se serait produite entre le 20 octobre et hier… »

    Le 8 novembre 1940, deux pelotons de gendarmerie sont envoyés au Sablou pour en assurer la surveillance. Ils sont commandés par le lieutenant Theret et viennent en remplacement du détachement du 41e RI qui assurait la garde jusqu’alors. Les conditions d’installation sont précaires. Le commissaire Antz s’en ouvre au commandant militaire de Périgueux :

    « L’installation des gendarmes serait grandement améliorée par la mise à disposition du camp de cinquante lits en fer avec literie militaire normale (matelas) et de quinze nécessaires de toilette pour sous-officiers (table, cuvette, broc et seau). Par ailleurs, je me permets de rappeler qu’il n’y a aucun WC pour les sous-officiers de la Gendarmerie et seulement un WC très rudimentaire pour le personnel d’administration et de direction (la demande d’installation en a été faite il y a quelques jours) et que l’appareil de douches promis au camp n’a toujours pas été installé. »

    La population pénitentiaire:

    e camp est principalement « réservé aux communistes français et aux Alsaciens autonomistes », indique le chef d’état-major de la 12e région militaire, à Limoges. Le préfet de la Dordogne précise que sont internés au Sablou « les Indésirables Français des 9e et 12e régions militaires [Poitiers et Limoges] ». Le 4 février 1941, le colonel Blasselle, commandant militaire à Périgueux, établit la liste nominative des internés par arrêté du préfet de la Dordogne. 33 « indésirables » sont cités. Sur le nombre, il y a 25 communistes (76 %). Parmi eux Maurice Sentuc, dont l’évasion est signalée le 5 novembre 1940. Une note des Renseignements généraux de Périgueux du 29 avril 1943 donne une idée de l’ampleur des mesures de répression qui, en Dordogne, ont touché les communistes :

    « Après la dissolution du parti communiste en septembre 1939, son activité se trouve paralysée à la suite des mesures suivantes : les dirigeants et militants les plus en vue sont internés au centre de séjour surveillé au Château du Sablou (environ 24) ; d’autres sont affectés à des compagnies spéciales, certains militants actifs, employés de la SNCF, sont déplacés »

    Pour ce qui est des « Alsaciens autonomistes », un rapport du 16 juillet 1940 émanant des commissaires spéciaux Montabre et Mann, de Périgueux, signale la présence de 21 « réfugiés d’Alsace-Lorraine internés au château du Sablou », qui tous expriment le désir de retourner chez eux et se disent prêts à subir le sort de leur pays. Se trouve parmi eux Émile Fanger, inspecteur des douanes allemandes en retraite, qui « possède la nationalité allemande ». Lothar Kubel, quant à lui, « désire redevenir Allemand ». René Schwob, Charles Walter et Albert Baumgartner souhaitent devenir Allemand. Aloïs Barth « autonomiste […] demande à retourner en Alsace et devenir Allemand plutôt que de rester citoyen français ». Émile Laplume et Pierre Oberweis (71 ans), de nationalité luxembourgeoise, demandent à retourner dans leur pays. Rodolphe Badermann, dentiste du Bas-Rhin, « demande à rester Français et si l’Alsace redevient allemande, à retourner en Amérique ». Alfred Daul, « ex-député du Parti communiste du Bas-Rhin, démissionnaire du Groupe ouvrier et paysan français […] demande à rester Français, et dans le cas où l’Alsace redeviendra allemande, il décidera ». Un nombre significatif de ces réfugiés est encore présent au Sablou le 9 août 1940. L’un d’eux, Otto Baron, a déjà été jugé et condamné à cinq ans de prison pour « propos anti-français ». Les autres internés le sont en qualité de « suspects au point de vue national », pour avoir tenu des « propos communistes, antinationaux, autonomistes, défaitistes et anti-français », ou encore pour avoir nourri des « sentiments anti-français ».

    Parmi les internés du Sablou se trouvent quelques militaires démobilisés issus des « compagnies spéciales de travailleurs militaires ». Dans ces compagnies avaient été versés les radiés d’affectation spéciale, mobilisés à l’arrière pour participer à l’effort de guerre. Dans son étude sur La France des camps, l’historien Denis Peschanski explique que ce sont le plus souvent des militants communistes et syndicalistes qui ont suscité un mouvement de revendication ou qui sont suspectés d’en avoir l’intention. « Démobilisés en juillet 1940, ces hommes furent transférés dans des centres de séjour surveillé. Beaucoup se retrouvèrent à Fort-Barraux [Isère]. » Concernant la démobilisation de ces compagnies, consécutivement à l’Armistice, le général de corps d’armée Frère rappelle, dans une note de service du 5 août 1940, que les militaires français affectés à ces compagnies « doivent faire l’objet d’un examen de leur situation par un commissaire spécial en accord avec les préfets. Ceux qui à la suite de cet examen seront classés comme suspects ou dangereux seront démobilisés, mais immédiatement dirigés sous escorte sur le camp du Château du Sablou (Dordogne) où ils seront internés comme civils ».

    Cinq militaires démobilisés sont concernés par cette mesure : Louis Gautrand, Ernest Coste, Amico, Persicol et Sauveur Sola. Gautrand, instituteur originaire de l’Hérault, rapporte :

    « Au Sablou, l’arrivée des cinq militaires en uniforme parmi les civils “surveillés” fit sensation. L’armée française était en déroute.… Les pourparlers d’armistice à la veille d’être engagés… On nous prit d’abord pour des déserteurs ! Mais je reconnus plusieurs camarades, notamment Marc Dupuy de la Fédération des Cheminots, Louis Bouet de la Fédération de l’Enseignement, directeur de L’École Émancipée… Il y avait de tout dans ce centre : des anarchistes, des trotskystes, des syndicalistes purs, des socialistes… mais les communistes étaient les plus nombreux. »

    Au nombre des « indésirables » internés au Sablou, se trouvent cinq Tsiganes. L’article 1er du décret du 6 avril 1940 stipule que « la circulation des nomades est interdite sur l’ensemble du territoire métropolitain pour la durée de la guerre ». Soupçonnés d’espionnage, les Tsiganes d’Alsace-Lorraine sont les premières victimes de l’Occupant qui, dès juillet 1940, les expulse vers la zone libre. Ils sont progressivement internés dans les camps d’Argelès-sur-Mer, Barcarès et Rivesaltes, avant d’être transférés en novembre 1942 sur le camp de Saliers (Bouches-du-Rhône), camp spécialement créé par le gouvernement de Vichy pour l’internement des Tsiganes en zone Sud. En Dordogne, pour l’année 1940, le « Camp de Fanlac » (Château du Sablou) est désigné pour l’internement des Tsiganes, également appelés « Bohémiens ». Les hommes y sont assignés à résidence, sur ordre du préfet, tandis que roulottes, femmes et enfants sont cachés dans la forêt alentour. Au château, ils se rendent utiles aux cuisines, sculptent des cannes, tressent des paniers que, par humanité, des sympathisants communistes s’efforcent de vendre dans les villages voisins afin de leur procurer un moyen de subsistance. Musiciens, leurs violons les accompagnent. Sur une liste dressée le 10 octobre par le capitaine Daguet, on trouve les noms de Joseph Lagrenée, Wilhem Lagrenée et Johan Lagrenée, tous trois signalés comme « musiciens ambulants sans domicile fixe. »

    L’absence de registres d’écrou ne facilite pas l’établissement d’une typologie précise de la population carcérale. Selon Madeleine Quéré, les registres auraient été volontairement brûlés par le capitaine Saule, au mois de juin 1940, peu avant l’arrivée des Allemands, mais surtout afin d’éviter qu’ils ne tombent entre les mains des communistes. Ceux-ci avaient en effet de bonnes raisons d’en vouloir au capitaine Saule dont le commandement avait été d’une grande brutalité et dont le mépris affiché à l’égard des communistes était total.

    Le cas de Paul Kleinert, réfugié alsacien employé à la poudrerie de Bergerac et résidant à Mouleydier (Dordogne), constitue un autre exemple de l’usage qui était fait de l’internement administratif. Le 24 septembre 1940, Paul Kleinert écrit au préfet pour se plaindre de ne pas avoir été, « à ce jour et comme promis », rapatrié sur Strasbourg. Il met également en avant le fait qu’il ne lui est plus possible de vivre avec les dix francs journaliers de l’aide aux réfugiés. Le 7 octobre 1940, le préfet de la Dordogne adresse une lettre au général commandant la 12e région militaire, résumant ainsi la situation :

    « Mécontent du retard apporté au rapatriement des Alsaciens réfugiés, Kleinert a adressé une lettre de protestation au sous-préfet de Bergerac dans laquelle il exprime son intention d’organiser à Mouleydier une manifestation placée sous la protection des autorités allemandes. Les intentions menaçantes de Kleinert se trouvent confirmées dans un rapport de gendarmerie où il est en outre indiqué que cet individu, animé d’un très mauvais esprit, est dangereux pour l’ordre public. J’estime dans ces conditions qu’il y a intérêt à le placer dans l’impossibilité de nuire jusqu’à ce que son rapatriement puisse être envisagé. » De fait, par arrêté du 7 octobre 1940, le préfet déclare Kleinert « astreint à résider dans le centre de séjour surveillé du Sablou où il sera immédiatement conduit […] vu le décret du 18 novembre 1939 relatif aux mesures à prendre à l’égard des individus dangereux pour la défense nationale et la sécurité publique. »

    La suite de l'histoire du camp des indésirables du Sablou est consultable sur: https://criminocorpus.revues.org/1781

     


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  • Mobilisation:

    A Cesson près de Rennes par le CMI 44.

    1ers jours d'octobre: Renforcé par le bataillon de disponibles du 41° RI mis sur pied en avril 39, détaché à la Frontière Pyrénéenne depuis le 25 avril 39 et aux ordres du chef de bataillon MOLISSET.

    Octobre: L'ensemble est alors mis aux ordres du commandant MOLISSET et envoyé dans la zone des armées, comme réserve générale de C.Q.G de la zone des étapes.

    Novembre et Décembre: Envoyé à l'instruction à la Ferté Milon (située dans le sud du département de l'Aisne)

    Instruction:

    Décembre 39 à fin janvier 40: Instruction à Coincy l'Abbaye (Aisne).

    Janvier à Mai: Instruction à Auneuil (Oise) 11 km de Beauvais. Il forme à ce moment avec le 21/43° RI et 21/150° RI le groupe d'unité d'instruction n°17. Il a subi deux prélèvements:

    1: A la Ferté Milon, renfort envoyé au 241° RI (unité de réservé du 41°RI)

    2: A Auneuil, renfort envoyé au 295° RI.

    Il à reçu en échange des jeunes recrues et des S.X venus du dépôt de Bourges.

    Combat de Cambrai:

    16 mai: Embarquement en camions. Première destination: Avesne - sans chevaux ni voitures laissés à Auneuil. Le T.R du 21/41°RI à Auneuil est aux ordres du Sous lieutenant de réserve LACHATRE.

    17 mai: Débarquement à Cambrai ou le G.U.I n°17 est en tête de pont à l'Est de l'Escaut, depuis Escaudoeuvres jusqu'aux lisières S.E de Cambrai.

    Le 21/41° RI occupe Sucrerie de Cauroir, La croisette, Carrefour 300 m Sud de la croisette.

    18 et 19 mai 1940: (sous la direction du Commandant MORISSET) Ce combat a fait l'objet d'un rapport détaillé annexé au journal des ordres et opérations du 21/41° RI. Ce journal a a été adressé au Ministre secrétaire d'Etat à la guerre, du président de la commission d'enquête sur les replis suspects, hôpital de Fontmaure à Chamalières près Royat - à l'appui d'une demande de récompenses pour le 21/41° RI et le 21/43° RI.

    18 mai 20 h 15: L'attaque allemande à 20 h 00 s'est prononcée. Avec des chars sur la Cie MARCONNET (route du Cateau), sur la Cie TEXIER (sur le village de Cauroir), avec des tirailleurs sur la route de Solesme.

    20 h 30: Ordres donnés par le chef de Btn aux Cdts de Cies. Tenir les barricades - vous mettre dans les points d'appui fermés - Avoir une permanence au téléphone (il y a une permanence téléphonique au central des postes de Cambrai) - Renseignez moi de la force de l'attaque de vos sous quartiers.

    20 h 40: Chef de Btn à Cdt G.U.I n°17: C.R au sujet de l'attaque ennemie. message pris par E.R.17 du 21/41° RI. - Fort groupe char attaque Cauroir. - Le C.R et le message n'ont pu être remis au destinataire, le bureau du colonel étant vide. Le Caporal Chef BAHIER est désigné par le Chef de Btn pour ce rendre au P.C. du Colonel couper les fils téléphoniques. Ce gradé a récupéré au P.C du Colonel un soldat qui était là et avait perdu son régiment.

    20 h 45: Reçu message TSF de la 3° Cie: Tenons toujours, ne sommes plus attaqués, nous organisons.

    20 h 46: Chef de Btn à Cdt, C.A  et 2° Cie: Me renseigner sur ce qui se passe dans le quartier de la Cie MARCONNET - Cauroir tient et fait connaître qu'il n'est plus attaqué - Il n'y a que des tirailleurs devant Guilbout.

    20 h 55: Reçu message TSF de la 3° Cie: Semble plus personnel est Cauroir.

    22 h 15: Reçu message de la 3° Cie: 2° Cie a été enlevée - ai recueilli groupe Mons - 1° Cie aucun renseignement - Complément suit.

    22 h 25: Mons détachés - aucuns renseignements 2° Cie.

    23 h 05: Reçu message 3° Cie: Fusillade Nord Est du village.

    23 h 20: Reçu message 3° Cie: Grand bruit de moteur sur route Cambrai - Solesme.

    23 h 45: Demande du chef de Btn au Colonel SANTINI, commandant la place de Cambrai: Trois section de chars et des appuis de feux d'artillerie. M'envoyer deux canons de 47 à la barricade route de Cambrai - Le Cateau à hauteur du passage à niveau.

    19 mai 0 h 10: Ordre  téléphonique donné par le Cdt MOLISSET au Lt CHRETIEN: En position sur les points Ouest de cambrai, de mettre en batterie 2 canons de 47 en profondeur sur les barricades de la route du Cateau à hauteur du passage à niveau.

    0 h 30: Demande du Cdt MOLISSET par téléphone, à la 1ère Région, 4ème bureau: De mettre à la disposition du G.U.I n°17. 3 sections de chars, des appuis d'artillerie et l'exposé de la situation.

    1 h 00: Le Chef de Btn MOLISSET désigne l'Adjudant Chef LEVESQUE et l'Adjudant JOLIVET pour se rendre au P.C du Colonel, voir si ce dernier ne serait pas revenu. Ces deux Sous officiers constatent que le bureau est vide et semble avoir été abandonné précipitamment (des cartes de cambrai sont sur la table ainsi qu'un C.R du Cdt du 21/41° RI) deux valises étiquetées Lt DEJEAN et Lt BLAZY sont également sur la table.

    1 h 35: Demande du Cdt MOLISSET par téléphone au Cdt de la place de Cambrai: Envoyer un docteur au P.C de la C.H.R pour soigner le Cpe MOUFRANC.

    3 h 00: Envoyé message TSF à la 3° Cie: Donner moi votre situation.

    3 h 15: Reçu message de la 3° Cie: Effectif complet, aucun blessé, situation calme, quelques tiraillements, ai reçu munitions, mais d'armes supplémentaires.

    3 h 20: Renseignements téléphoniques venant de la place: Les Allemands ont poussé un détachement sur Manières ( Nord ) à 10 km au Sud de Cambrai sur la route de Péronne.

    4 h 15: Demande du Cdt MOLISSET : Verrouiller par ordre d'urgence les routes suivantes: Faubourg de Paris, Rue Saint Ladre, Faubourg Saint Druon, les sorties Sud de Proville et le Faubourg Saint Sépulcre.

    5 h 00: Le Cdt MOLISSET donne l'ordre au Cpe PAVOT de rassembler 10 hommes et les mettre en place pour 6 h 00.

    6 h 10: Reçu message TSF de la 3° Cie: Char isolé allemand à 500 m sortie Ouest point d'appui 3° Cie.

    6 h 16: Envoyé message TSF 3° Cie: C'est une A.M.R amie.

    7 h 00: Reçu message TSF 3° Cie: Recevez situation verbalement.

    8 h 00: Le chef de Btn MOLISSET et le G.U.I n°17 envoie à toutes les Compagnies du 21/41° RI l'ordre n°6 suivant: Le G.U.I n°17 aux ordres du Chef de Btn à reçu l'ordre de l'Armée de tenir coûte que coûte la tête de pont à l'Est de Cambrai et de faire sauter les ponts que sur pression de l'ennemi, chaque heure gagnée étant importante. Le Chef de Btn n'ajoute rien à cette mission d'honneur et de confiance. il est certain que chacun a fait et fera largement son devoir. Nous tiendrons tous ensemble jusqu'au bout. le 19 mai 1940 à 8h00. Signé MOLISSET.

    8 h 05: Reçu message TSF de la 3° Cie: Rassemblement de chars non identifiés sur la route du Cateau à environ 6 km de Cambrai.

    8 h 10: Reçu C.R du Cdt du 21/43° RI: A 7 h 40 Le Rieux reconnu à 7 h 30 par 2 AMR n'est pas occupé par l'ennemi. Quelques isolés allemands circulent dans le village, cherchant la colonne de leur unité. D'après renseignements pris par la reconnaissance auprès des civils réfugiés, 3 voitures ennemies auraient été aperçues dans la forêt de Mormal; voitures très basses silencieuses et à pneus. Il ne semble pas que ces engins soient tous terrains. En ce qui concerne le point d'appui d'Escandoeuvre; Rien à signaler.

    8 h 45: Reçu message de la 3° Cie: Sommes encerclés par trois voitures légères et 5 chars de transports de troupe.

    9 h 00: Envoyé message à la 3° Cie: Tenez bon.

    9 h 15: Reçu message de la 3° Cie: Sommes encerclés de toutes parts: chars et troupes à pied; que faire.

    9 h 20: envoyé message: Non compris la question.

    9 h 35: Reçu message: Avons capturé 3 chars et deux voitures.

    9 h 45: tenez bon, félicitations.

    9 h 50: reçu message: Nous sommes encerclés.

    9 h 50: Cdt MOLISSET donne l'ordre de faire sauter les ponts.

    9 h 55: Mission accomplie.

    10 h 00: Reçu message: Que faut-il faire.

    10 h 05: Envoyé message: Faite comme moi, je reste.

    Nota: les 3 heures ci-dessus sont les seules exactes et annulent celles relatés dans les rapports précédents.

    Fait à Bray et Lû, le 4 juin 1940.

    Le Chef de Bataillon MOLISSET.

    Source: Documents issus du S.H.D

     

     

     

     

     

     


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    Capitaine Maximilien FAUCHON

     

    Grand homme de Brest, Maximilien Fauchon, plus communément appelé Max,
    s’est particulièrement distingué pendant les deux guerres mondiales en
    terminant au Siège de Brest dans la Défense passive.

    Max Fauchon est souvent présenté comme un homme droit, patriote et fervent opposant à toute idéologie.

     

    Capitaine Maximilien FAUCHON

    Capitaine Maximilien FAUCHON

    Ces deux croquis de Max Fauchon
    sont des témoignages inestimables du Siège de Brest comme l’incendie de l’église Saint-Louis, le 15 août 1944, ou les combats dans le cimetière Saint-
    Martin. Le soldat américain dessiné fut tué par des Allemands.

    Capitaine Maximilien FAUCHON

    La rue Max-Fauchon a été inaugurée le 14 septembre 1985.

    Né à Brest (Lambézellec), en 1896, Max Fauchon se présente à l’École navale à 18 ans. Il est admissible
    aux oraux quand la Première Guerre mondiale éclate. Il est engagé comme volontaire et doit mettre ses études entre parenthèses. Il combat à Verdun. Au retour du conflit, il entre à l’administration des impôts à Brest. Il y atteindra le rang d’inspecteur principal.

    En septembre 1939, Max Fauchon est mobilisé comme capitaine de réserve. Fait prisonnier sur la somme en juin 40, il est libéré quatorze mois après. Il rentre à Brest pour reprendre son poste de fonctionnaire sous les bombes. Toujours bienveillant envers ses concitoyens, Max Fauchon s’engage dans la Défense passive pendant le Siège de Brest. Il occupait le poste d’agent de premier secours, titre
    précisé sur le diplôme de la médaille du dévouement. Il était rattaché au poste de la rue Victor-Hugo. Il se rendait souvent à l’Abri Sadi-Carnot. Il allait voir aussi si les gens qui restaient. chez eux étaient vivants, blessés ou avaient besoin de quelque chose.

    Une rue Max-Fauchon depuis 1985
    Dessinateur émérite, Fauchon fige les instants vécus durant le Siège. « Ses croquis pris sur le vif (...) ont une valeur historique », peut-on lire dans l’ouvrage Enfer de Brest. Il participe à l’essai d’identification des victimes suite à l’explosion de l’Abri Sadi-Carnot. C’est lui, avec le Dr Delalande, qui découvrira le corps
    de Victor Eusen, chef de la délégation spéciale. Après-guerre, Max Fauchon devient conseiller municipal et prend une grande part dans la reconstruction de Brest. Il défend un style d’urbanisme plus urbain, avec de petits immeubles.
     

    Il s’éteint en 1966 à Quimper, président d’honneur de l’UNC (Union nationale des combattants).
    En 1985, son nom est attribué à une rue de Brest située à côté de l’école de la Croix-Rouge.

     


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  • Le 1er Juin, à l'aube, activité d'artillerie. De mon observatoire du clocher, je vois, derrière les bois du Satyre et des fermes un incendie s'élevant de Fay. Calme à Foucaucourt. Pas de vue sur Herleville. Mise au point de l'organisation de mon P.A rendue plus difficile par l'envoi, par ordre supérieur, d'une de mes sections, en poste d'intervalle dans le bois du Satyre, à cheval sur la voie ferrée et limité au Nord par la route de Foucaucourt à Estrées, avec mission de tenir coûte que coûte comme le P.A Soyécourt et d'assurer la liberté des mouvements entre Soyécourt et Fay. Les mortiers de 81 de l'Adjudant Baot sont confiés au P.I du bois de Satyre pour tirer à la demande du Commandant de la Compagnie de Fay.( Ordre supérieur écrit ). Toute la journée, travaux d'organisation du P.A j'obtiens un groupe de mitrailleuses du Sergent Raulet de la section Saillard de la C.A.3 pour la sécurité de ma gauche, vu le terrain. L'après midi, je vais reconnaître le P.I de la section Véron et, au retour, détruis par l'incendie un bâtiment qu'aurai pu dangereusement utiliser l'ennemi. Le canon de 25 m'est enlevé par le Bataillon.

    Le 2 Juin, continuation de l'organisation défensive, utilisant le plus de bâtiments possible. Passant la Cie au Lieutenant Holtz, Je m'arme d'un mousqueton et vais, dans la matinée, reconnaître, après une visite à la section Véron, un itinéraire sous bois jusqu'à Fay, ou je prend langue avec le capitaine Dunant et le Lieutenant Loysel du P.C.R.I, la 11ème ayant une mission éventuelle de pousser jusqu'à Fay des éléments de contre-attaque en cas de danger pour la Cie de Fay. Ayant appris qu'on recherchait le Lieutenant du Génie pour faire sauter 2 caisses de munitions repérées par une patrouille en bordure de la route de Dompierre, à 300 mètres de Fay, avant la crête, j'y pousse un isolé et reconnais là 2 caisses vides laissées par la 11ème Cie. J'en rend compte à la 9ème.

    Chaque soir et matin, une patrouille de la 11ème visite le du Satyre et des Fermes.

    L'après midi, tirs de D.C.A contre des Dornier et des Messerschmidt. Le Bataillon prévient que Fay signale des bruits de moteur. Le Bataillon accepte mon offre de signal de 5 coups de cloches de mon observatoire du clocher en cas d'attaque brusquée par infanterie. La section de Commandement de la 11ème munie d'un F.M de rechange, s'occupe à l'organisation de la défense arrière du P.A. Achèvement de la mise au point des barrages incendiaires anti-chars. Des balles ennemies sifflent au milieu de mon dispositif, venant du Nord.

    Le 3 juin, la section du Lieutenant Le Breton relève la section Véron. Contrairement aux conclusions de mes rapports à ce sujet, les mortiers de 81 sont maintenus par ordres au P.I ou ils sont aveugles, au lieu d'être envoyés dans Fay. La 10ème Cie relève à Fay la 9ème qui la remplace à Soyécourt. Il n'est plus prévu de contre-attaque de la 11ème sur Fay; La mission est de résister sur place coûte que coûte. Le Commandant jan, venu inspecter mon dispositif, s'en déclare satisfait, il m'annonce qu'il a transmis toutes les propositions de citations que j'avais faites et qu'une proposition y a été ajoutée pour moi. A ce moment, la liste des citations proposées en sus de 4 pour la C.A.3, d'une pour le motocycliste du P.C.R et de 2 pour mes premiers morts à leur poste:

    Ramel et Le Bris

    Le Lieutenant Holtz Jean

    Sergent Gabe Maurice

    Soldats 2ème classe Salaune Henri et Bigots Joseph (tué)

    Soldats de 1ère classe Le Saignoux Jules et Bigot Jean

    Caporal-chef Troadec Maurice

    Soldat Nael Isidore

    Sergent Le Goff Jean

    Sous-lieutenant Véron Jean

    Caporal-chef Ben Ehoutyahmed

    Chef Samson Eugène

    Soldat Audrain Victor

    Sergent Roussel Louis

    Soldat Cantin François

    Caporal Naud Eloi

    Soldat Gautjier roger

    Sergent Haudereau Marc

    et je tenais du Commandant Pigeon (P.C.R.I.) et du Colonel Loichot lui-même, qu'elles pouvaient être considérées comme accordées.

    Le 4 juin, journée d'attente. La section Le Breton signale que tout va bien. Continuation des travaux. J'ai fait emmener, par la voiture de la compagnie, dont ce sera le dernier voyage, des paires de brodequins et le fanion de la compagnie.

    Le 5 Juin, de 3 h 30 à 5 h 00, tirs d'artillerie très dense sur le bois du Satyre et les bois de Foucaucourt et Fay. Le Saignoux se dépense sans compter au poste d'observation du clocher. Des éléments d'infanterie ennemie, venant de Dompierre ( vu ordre d'attaque trouvé le jour même sur un gefreiter tué au bois de Satyre apparaissent, venant de la crête de la route de Foucaucourt à Estrées. Derrière nous, à plusieurs kilomètres et derrière le P.A de la 9ème et du P.C du Bataillon débouchent, sur la route d'Estrées à Soyécourt, des chars lourds allemands bientôt au nombre d'au moins une vingtaine. Le canon de 75 du P.A en fait flamber un, les autres chars poursuivent leur route vers nos arrières (vers Vermandovillers et Chaulnes, semble t-il) L'observation de notre mortier de 60 veille et l'équipe est prête à mettre en batterie suivant l'un ou l'autre des objectifs possible repérés les jours précédents. Les allemands attaquent par l'Est Foucaucourt qui tient énergiquement. A droite d'un boqueteau (non sur le plan directeur) sis au Nord de Soyécourt, et venant de la route de Foucaucourt à Estrées, des éléments d'infanterie allemande cherchent bientôt à s'infiltrer. Un tir de mortier de 60 décide ces éléments ennemis à ne pas insister. Entre temps, j'avais commandé la cessation du feu à mon groupe de droite de la S.M pour ne pas gaspiller les munitions en tirs lointains prolongés; mais plus au Nord-est, venant sur nous, apparaît de l'infanterie allemande de l'effectif d'au moins une compagnie. Je donne au groupe précité de mes mitrailleuses, l'autorisation de tirer sur l'assaillant (faute de mortier de 81 et mes demandes par le Bataillon à l'artillerie restant sans résultat). Entre temps, j'étais allé, avec 3 voltigeurs, faire une petite patrouille dans le vallonnement voisin invisible du clocher, les balles allemandes y sifflant, j'avais mis le feu à une ferme d'ou un point de mon P.A aurait pu être surpris d'assaut.

    Du clocher, l'on voit de part et d'autre de la route de Foucaucourt à Estrées, de nombreuses vagues d'assaut allemandes manoeuvrant contre le bois du satyre.

    Sans liaison avec Le Breton, je fais donner ordre à ma pièce de 75 de tirer à vue sur ces assaillants, dont nous voyons une partie battre alors en retraite vers la route de Foucaucourt. A ce moment avec le Sergent-chef Métivier, je vais chercher à 500 mètres un isolé en casque français venant sur nous sans arme apparente. C'est un artilleur fuyant d'Estrées qu'il me dit encerclé par l'ennemi; j'envoie ce fuyard se réhabiliter au canon de 75 du P.A. Chacun à leur section, les Lieutenants ne cessent de veiller, avec ordre de ne pas sortir de leurs barbelés. L'Adjudant Maignant donne tous ses soins à mes liaisons dans le P.A. Sans liaison avec mon P.I, je décide de m'y rendre en compagnie du groupe de combat du Sergent Boulanger et de trois volontaires (Soldat Morin, Sergent Augibaut et Sergent Rondel) et confie le commandement du P.A au Lieutenant Holtz. Je manoeuvre par un thalweg jusqu'au premières lisières du bois du Satyre et m'y infiltre par demi-groupe. Je parviens au P.I que je trouve entouré et semé d'une éloquente jonchée de cadavres allemands.

    La section Le Breton, attaquée depuis 3 h 00 du matin, sans liaison possible avec Fay, avait été cernée de tous côtés et avait résisté à fond faisant 5 prisonniers à l'ennemi, le contraignant à reculer et à se terrer au Nord de la route de Foucaucourt à Estrées. Le Sergent Le Goff et son groupe, du coté Foucaucourt du dispositif, étaient tués et blessés, séparées du reste par des tirs de mitrailleuses allemandes, l'Adjudant Bao tué, les chevaux des mortiers tués, le Soldat Corre Henri très grièvement blessé. L'ennemi avait abandonné une mitrailleuse anti char, une mitrailleuse lourde, des mitraillettes, des pistolets, des mauser, des caisses de munitions, des grenades et de nombreux cadavres. Après le tour du poste et les félicitations aux vainqueurs, je fais relever par le groupe Boulanger, le groupe Guitton que Rondel conduit à Soyécourt ainsi que les mortiers et le corps de Baot. L'interrogatoire sur place des prisonniers m'apprendra que l'officier assaillant comprenait trois compagnies. Je trouve un ordre d'attaque, m'arme d'un mauser et aidé de Morin rapporte à Soyécourt un prisonnier valide portant la mitrailleuse anti char dont le P.I n'aurait pu se servir. Je vais au P.C du bataillon et demande au P.S de préparer une équipe de brancardiers. Ayant trouvé des munitions V - B, je retourne, vers 14 h 30 au bois avec morin, Gauvain, 3 brancardiers et des infirmiers pour tâcher de ramener des blessés et ravitailler Le Breton qui avait armé ses survivants d'armes et de munitions allemandes. Je ne pu que ramener Corre et les blessés allemands; le groupe Le Goff retrouvé dans un combat au F.M, au fusils et à la grenade, gisait à son emplacement de résistance, tous ses combattants morts ou grièvement blessés, coupés de nous par des feux infranchissables de mitrailleuses allemandes. Le Caporal-chef Lechevestrier, les soldats Ramonet et Malejacq tombent tués. Le Breton rentre, sur mon ordre, au coucher du soleil, malgré les feux de renforts allemands venus d'Estrées, ramenant avec lui une mitraillette et son glorieux butin.

    Les soldats Zochetto, Fernaud, Caillard, Gastel et Henri étaient tués.

    A Soyécourt, la mitrailleuse allemande remplaça la mitrailleuse française hors de combat.

    Des colonnes allemandes motorisées, venant d'Estrées, en roulement continu, défilaient à 2 km derrière nous, allant vers nos arrières.

    Le 6 juin, Foucaucourt tenait toujours sous les attaques d'infanterie. Je m'installe en P.C d'observation à l'horloge du clocher jusqu'à ce qu'il s'écroule sous le tir rapproché d'une pièce allemande, blessant à mort Le Saignoux. Le Commandant Jan me cède ses mortiers de 81. Des tirs ajustés de voltigeurs arrêtent les éclaireurs allemands. A la section Philippe, l'artillerie ennemie tue Garry, blesse le Sergent-chef Métivier, le sergent Lorit, Le caporal Chef Chabot, les Soldats Letot et Khoas.

    Le 7 juin, vers 2 h 30, les éclaireurs allemands incendient un bâtiment à 50 m. A 3 h 30, comme nous lançons des V.B au jugé, je suis appelé au P.C du Bataillon. C'est l'ordre de retraite, la 11ème Cie d'arrière-garde. Je demande un ordre écrit. Je passe mes ordres pour un décrochage méthodique et l'itinéraire et formation de retraite. La compagnie bluffe l'ennemi par des tirs de mortiers et mitrailleuses. Le départ se fait sans pertes, sans rien abandonner et en faisant en cours de route, les destructions nécessaires. Nos cyclistes sont bientôt sans liaison avec la 9ème qu'accompagne le chef de bataillon et je suis sans canon de 25. Après la traversée de Vauvillers, un avion allemand nous repère. Vers Rosières en Santerre ou s'étaient dirigés des éléments du 1er Bataillon, on entend des mitrailleuses, Harbonnières est bombardé. A 200 m du pont de la voie ferrée, la compagnie, en colonne double, reçoit un tir de mitrailleuse de flanc à gauche et dans le dos. Plusieurs tombent. Par bons successifs, j'entraine la section de tête de gauche que suivent les mortiers de 81, jusqu'au pont. Ici, rafales ajustées de mitrailleuses. Comme la compagnie était en train d'exécuter mon ordre de passer à l'abri de la route en remblai du pont, une attaque de chars et d'engins motorisés allemands débouche dans ce compartiment de terrain. Le Caporal-chef Benkouty et d'autres tombent tués sous leur tir. La Compagnie se trouve sur deux billards balayés par les mitrailleuses allemandes. L'unité motorisée fonce en avant, s'arrête en continuant de tirer, puis subitement interrompt son tir et je vois avec stupéfaction surgir d'une tourelle de char un homme dont je ne saurais dire qu'il a un casque allemand, qui lève les deux bras et reste ainsi comme si il faisait Kamarade. C'est alors que, pensant à la soirée stupide de 29 mai à Fay, ou la 11ème Cie avait subi par erreur le feu de chars français dont les mitrailleuses tiraient en faisant le même bruit que les mitrailleuses allemandes, j'en viens d'autant plus facilement que depuis le 20 mai je n'avais guère dormi, ayant été constamment au travail ou dérangé à me demander: Est-ce encore une méprise ? serait-ce un début d'entrée en scène de ces chars français dont on nous annoncé l'arrivée à la rescousse ? et sans doute ne suis-je pas le seul à avoir ce réflexe, car mes voltigeurs ne tirent plus. L'on n'entend plus que les rafales de mitrailleuses de l'autre coté du remblai, par derrière. Je brandis alors le fanion de la Compagnie et bondis aussi vite que me le permet la jambe gauche blessée par choc depuis le 28 mai, vers le char immobile, toujours surmonté du buste du type faisant Kamarade, qui se trouvait être l'élément du dispositif allemand le plus rapproché de la tranchée de la voie ferrée. En partant, je dis à mes voisins: des gradés et hommes de la section Véron et les mortiers de 81: Si ce ne sont pas des français, ne vous occupez pas de moi, tirez. J'avais en effet pleinement confiance en Holtz, que chacun à la 11ème savait nommément désigné par moi, pour prendre le commandement de la Compagnie, si je venais à être descendu. En avançant, je m'aperçois qu'il s'agit d'allemands. Je me me retourne en criant: se sont des allemands. et j'oblique vers la gauche. Les allemands se sont remis à tirer et à manoeuvrer. Le char portant leur chef tire à droite d'ou je suis. la riposte française ne se produit pas. Mais tirez; feu. Je me laisse tomber dans le ravin et suis la ferrée en direction de passage à niveau utilisé par une route joignant Harbonnières à Caix, tandis qu'une équipe de F.M essaie vainement de me suivre. La-haut, aux cris allemands, puis à la cessation du tir, je comprend que les survivants sont cernés et prisonniers. Je cache le fanion et fait le mort, pendant un temps que le bris de ma montre au bois du satyre le 5 dans une chute qui avait rouvert la plaie de ma jambe m'empêche d'apprécier. Puis, je rampe jusqu'à la cabane de Wc de la maison du garde barrière ou j'étudie la carte et observe. des side cars et camions ennemis passent par la route du passage à niveau; les survivants de la 11ème ont disparu, emmenés en captivité. A un moment favorable, je gagne le ravin qui contourne Caix, pour tenter de rejoindre la 9ème et le chef de Bataillon. Je retourne et suis les foulées de colonne par un que des musettes jetées par des hommes du 41ème m'incitent à croire à la vie bonne. A hauteur de Caix, je tombe dans une embuscade allemande, braquant sur moi mitraillettes et mausers. Décidé à m'évader à la première occasion (comme je l'avais fait de St Quentin le avril 1918, après avoir été capturé le 27 mars 1918 à Thilloloy), je dis en allemand (je viens, je suis seul) et parle de ma Compagnie. Le Sous-officier qui commandait le groupe me déclare (je sais). On nous a parlé de la compagnie cernée. Les survivants sont prisonniers, et il se met au garde à vous devant moi; Schiksal (destinée) et me salua, quand je le quittai, me laissant mon étui à pistolet.

    Le 10 juin, je réussis à quitter la colonne de prisonniers avant Péronne, au centre de rassemblement de prisonniers, les allemands, sous la menace de fusiller, 5 Officiers et 5 Soldats, si je n'étais pas ramené, réussirent à trouver deux lâches qui guidèrent une camionnette allemande jusqu'à ma cachette. Je ne devais plus avoir d'occasion de tenter une évasion jusqu'à ce que l'armistice survienne . . . 

    HOYESSWUDA, Oflag IV,D le 24 Octobre 1940.

    Le Capitaine fauchon - Signé FAUCHON

    Source: SHD - document relevé le 30 Octobre 2015

     

     

     

     

     

     


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  • Capitaine Fauchon Maximilien - Cdt la 11° Cie du 3° Bataillon.

     Le Capitaine FAUCHON, Commandant la 11è Compagnie du 3è Bataillon
    au Colonel PAILLAS, Commandant l'Infanterie Divisionnaire

    Partie de Dietrviller, le 17 mai, en même temps que la 9è Cie du capitaine Dunant, la 11è Cie a été embarquée en train le 18 mai à Dannemarie, avec le reste du 3è bataillon ( Commandant Jan ). Arrivée le 20 mai à Creil. Débarquement sur routede la Lys, en autobus vers 23 h 00. Débarquement le 21 mai, à 3 h 00 dans l'Oise, à 4 ou 5 km de Ressons sur Matz. Marche jusqu'à Ricquebourg et cantonnement bivouac. L'après midi, reconnaissance par le chef de Bataillon et les commandants de Compagnies, à Crapeau-Mesnil, que les civils évacuent. Mitraillade sans perte par des avions ennemis ( 40 bombardiers escortés par des chasseurs ). A 21 h 30, départ à pied du Bataillon pour Carmy-sur-Matz, par La Beslière. Travaux d'organisation défensive du village les 21 et 22 mai. Reconnaissance avec le chef de Bataillon de Les Loges et du bois des Loges en vue d'une occupation défensive éventuelle.

    Le 23, à 2 h 30, préparatifs de départ du bataillon. Contre-ordre: on ne s'arrêtera aux Loges que pour s'approvisionner et repartir. Marche par Chapeau-Mesnil, Amy (désertion du soldat Pierre Trumier de la 4° Section en cours de route); passage de l'Avre à Roiglise (tirs de mitrailleuse de D.C.A. contre avions)
    l'après-midi marche par Carrepuis (Somme) et Gruny-sur-Cremery, survolés par des avions allemands qui provoquent des incendies vers Nesles. Halte pendant que le Commandant Jan va aux ordres (Eventualité d'une attaque avec chars pour rejeter, d'ordre du Général Frère, les allemands au-delà de la Somme, sur Peronne). Continuation de la marche par Liancourt, Fosse, Fonchette, jusqu'à Puzeaux ou le Bataillon se barricade de nuit, survolé par des avions allemands.

    Le 24 mai, départ du bataillon, en marche d'approche, pour prise de contact, par Chaulnes. De Chaulnes, progression - 10è Cie (Capitaine Dorange) et 9è Cie en 1er échelon, suivies des mitrailleuses, la 11è Cie en 2è échelon - sur Vermandovillers, Soyécourt, Estrées et Deniécourt. Les 1er fusants boches apparaissent au-dessus en arrière du bois séparant Soyécourt d'Estrées. Au débouché de ce bois, la 11è Cie traverse en ordre, un tir de barrage ennemi qui lui, tue les soldats Ramel et Lebris. Auparavant, la 9è Cie, quelque peu désaxée vers la droite, avait pris contact avec l'ennemi, et s'était arrêtée au Sud-Est d'Estrées, Diénécourt. Dans Estrées - Déniécourt, le Commandant jan arrête le reste de son Bataillon et s'y organise défensivement. La 11è Cie renforcée d'I.S.M se forme en deux points d'appui fermés, dans la partie Ouest. Nos feux d'armes automatiques arrêtent les éléments isolés d'infanterie de Fay et d'Assevilers. Je suis sans liaison à gauche.

    Le 25 mai, amélioration de l'organisation des point d'appui. Récolte des liquides inflammables. Je suis prévenu que le 26 mai à l'aube, la 11è Cie marchera seule, avec I.S.M sur Fay pour enlever ce village et ensuite devenir compagnie de 2è échelon, du 3è Bataillon. Si le Bataillon part appuyer l'attaque que le 1er Bataillon du Cdt Hermann effectuera sur Assevilers, à 3 h30, à ma droite, en débouchant  lui aussi par mon P.A . . . Aussi, au coucher du soleil, je me mets en observation à l'Ouest d'Estrées en bordure de la route de Foucaucour et, à la nuit, guide une patrouille avec F.M, rechercher si l'ennemi n'occupe pas la lisière du bois voisin des premières maisons du Sud de Fay, car une mitrailleuse allemande dans ce bois au débouché de l'attaque du lendemain pourrait causer une hécatombe dans la 11è Cie. La patrouille ne reçoit pas de coup de feu, mais repère quelques sentinelles à la corne Sud-Est du bois et près de la 1ère maison de Fay. Au retour, nous vérifions que le local de la bascule, sur la route de Fay, n'est pas occupé. Je rends compte au commandant Jan et demande (ce qui m'est accordé) de me laisser placer à l'Ouest d'Estrées, avant le débouché de l'attaque, une S.M (section Saillard) qu'il récupérera à mon entrée dans Fay, et qui aura pour mission, quand je progresserai sur Fay à l'Est et sur la route de la bascule à Fay, de neutraliser par ses feux les armes ennemies, s'il venait à s'en révéler à la lisière du bois ou à l'entrée Sud de Fay. Au petit jour, en même temps que Saillard, je place le Sergent Roussel avec un tireur et un chargeur de F.M au local à bascule, pour provoquer en temps utile, par quelques rafales de F.M sur le bois, la riposte ennemie qui décèlerait une arme automatique allemande.

    Le 26 mai, la 11è Cie attaque en colonne double: à gauche, section Le Breton, suivie à 100 m de la section Philippe; à droite, section Holtz suivie de la section Véron; les deux groupes de mitrailleuses de la section Catherine - Duchemin intercalés entre les deux échelons; je marche au centre droit à la hauteur des éléments de tête, ma section de commandement de l'adjudant Maignant derrière moi, ainsi que le mortier de 60, ou j'ai fait pourvoir au remplacement du Caporal-chef Le Vavasseur permissionnaire par l'intérim de l'Adjudant Baot de la C.R.E . . . L'occupation de Fay, manoeuvré par la droite, et nettoyé par les section Philippe, se fait sans autre incident qu'un blessé (Soldat Bourel de la section Le Breton). La Cie, en colonne double, suit les foulées des colonnes allemandes dans l'herbe humide et s'arrête à 500 m au delà de Fay au sommet d'une crête d'ou les vues sont superbes. Je n'ai aucune liaison avec le 1er Bataillon, dont l'axe de marche était divergent du mien, et n'ai pu obtenir, avant le départ, aucune indication sur la situation à ma gauche. Je m'enterre sur place, en arc de cercle largement étalé, épousant la ligne de faîte des crêtes au Nord et au Nord-Ouest de Fay, avec à droite de la route de Fay, à la sucrerie de Dompierre, mon mortier de 60 et un groupe de mitrailleuses, et à gauche, l'autre groupe de mitrailleuses. Notre crête est balayée par les mitrailleuses allemandes, mais, grâce à nos trous et nos camouflages, nous ne déplorons aucunes pertes. Deux attaques d'infanterie allemande s'élancent alors contre la 11è Cie, dont l'une vers midi. Elles sont repoussées par nos tirs de mitrailleuses et la seconde qui, partie de Dompierre, tentait de nous tourner par la gauche boisée, par le mouvement en avant et les feux des sections Le Breton et Philippe. Les pertes infligées à l'ennemi me permettent de le bluffer et ce n'est que par ordre, vu le retrait du 1er Bataillon sur Estrées, que la Cie rentre, à 23 h 00 à Estrées - Deniécourt, sans que l'ennemi se hasarde à la suivre. Vers 24 h 00, la Cie s'organise dans Estrées sur ses emplacements de la nuit précedentes.

    Le 27 mai, le Commandant Jan me demande si je suis volontaire pour retourner occuper Fay. Après réponse affirmative, je pars avec un groupe de combat soutenu à vue par les reste de la section Philippe, patrouiller dans la lisière boisée à gauche de la route de la bascule et constater que Fay était libre, et la 11è Cie, en groupement temporaire avec la 4è section de la C.A.3 (qui n'a plus que trois pièces en état de tirer) fait sans incident, à 15 h 00, l'occupation de Fay, avec mission d'y tenir pour permettre des opérations projetées. Je demande en vain les mortiers de 81 du Bataillon mais j'obtiens un tir d'artillerie sur l'observatoire allemand repéré au crépuscule dans la sucrerie de Dompierre. Les mitrailleuses allemandes n'avaient causé aucune perte à mes éléments avancés de jour à la crête de 500 m en avant de Fay. De 24 h 00 à 1 h 00 du matin, bombardement d'artillerie allemande et Minenwerfer concentré sur le village. Comme nous n'y avions que la section Philippe et le mortier de 60, avec l'Adjudant Baot, les pertes s'y limitent à 2 blessés évacués (Sergent Roussel et le Soldat Gagnot).

    Le 28 mai, après midi, un détachement d'assaut allemand vient occuper un petit bois circulaire entre la route de Fay et la sucrerie et celle de Fay à Assevillers et, par des feux nourris de mitrailleuses, soutient d'autres groupements d'assaut attaquant la section Holtz sur son flanc droit. Le Lieutenant Holtz se défend par le feu et le mouvement en avant, tandis que je me porte à sa hauteur avec le groupe Le Goff de la section Le Breton et la mitrailleuse. ( la seule en état de tirer du groupe voisin ). Je commande un feu par salve du groupe Le Goff qui doit s'arrêter, puis un feu fauchant de ma mitrailleuse qui fait taire le boqueteau que les ennemis évacuent. Une rafale de minen arrose le groupe Le Goff, puis un Dornier descend sur lui en vol piqué. Je donne au F.M et la mitrailleuse l'ordre de tirer droit dessus l'avion, tandis que le sergent Le Goff fait tirer tous les fusils et mousquetons de son groupe. A la 3è section, Holtz fait de même. Le Dornier arrête sa descente, et tente de filer en rase motte, puis, après déviation va s'abattre en flammes dans les bois au milieu de nos hourras. Une patrouille du Sergent Gabe au boqueteau des assaillants repoussés. Puis, après visite du Commandant Jan, puis du Colonel Loichot, le dispositif de la Cie est resserré dans Fay pour la nuit et les jours à venir, vue la situation du Bataillon.

    Le 29 mai, patrouilles du Sous-Lieutenant Philippe dans le ravin boisé à gauche et du Commandant de Compagnie vers les crêtes occupées par nous la veille. Cette 2è patrouille, ayant reçue des rafales lointaines de mitrailleuses du versant ouest du ravin boisé, je fais tirer la mitrailleuse déplacée au cours d'une précédente alerte du cimetière jusqu'au voisinage de la section Philippe, et le ravin rentre dans le calme.

    Après-midi, un groupe ennemi venu de Dompierre met en batterie un mortier derrière le bois au Nord-Est du ravin situé à notre gauche. Sur renseignements précis de mon observateur Le Sagnoux, un tir du mortier de 60, dirigé par l'Adjudant Baot, met rapidement hors de combat le mortier ennemi dont l'équipage se replie, ramenant ses morts. Des éléments ennemis, qui s'étaient rapprochés en sous bois et tiraient à la mitrailleuse, se replient aussi.

    La section Véron en liaison avec la section Le Breton, procède à des travaux d'organisation d'emplacements interchangeables de combat pour que la section de manoeuvre puisse faire face à toutes éventualités. La Cie reçoit une note du Commandant Jan, lui transmettant les félicitations du Colonel Loichot. Dans la soirée, une note du Colonel me prévient que deux sections de chars, précédant deux sections de voltigeurs du 1er Bataillon progresseront sur Fay pour nettoyer mes arrières des infiltrations ennemies dans les bois à ma ma gauche, pour donner au Commandant des chars tous renseignements utiles. Ordre exécuté après avoir fait dégager l'un des deux barrages aux issues vers le ravin boisé. Vers 21 h 30, les chars, dont les mitrailleuses produisent en tirant, le même que celui des mitrailleuses allemandes, débouchent sur Fay par le sud et tirent à l'aveuglette sur nous au canon et à la mitrailleuse. Par miracle, personne n'est tué. Malgré nos signaux, les chars continuent à tirer, ne s'arrêtent que lorsque j'ai pu, près de l'église m'agripper au char de tête et me faire reconnaître. Le Lieutenant des char déclare qu'il a juste assez d'essence pour rentrer. Le souvenir de cet incident devait le 7 juin au matin, me faire croire, devant l'arrêt et la cessation de tir d'un char dont le chef se dressait en levant les deux bras, qu'il s'agissait encore une fois d'une méprise d'un de ces nouveaux chars Français, dont on nous avait laisser espérer, à maintes reprises, la contre-attaque en notre faveur et cette méprise, si courte fut-elle, devait faciliter à l'ennemi la mise hors de combat des survivant de la 11è Cie jusqu'alors jamais vaincue.

    Le 30 mai, à 3 h 30, dans le brouillard, ruée de stosstruppen utilisant le feu d'une mitrailleuse et d'une mitraillette, contre le groupe Cabe de la section Holtz, terré en trous individuels à quelques mètres devant le carrefour Nord de Fay ( vers la sucrerie et Assevillers ). Notre groupe résiste héroiquement sur place et les allemands se replient en hurlant, en emmenant leurs blessés. Un mort: le soldat Bigot Joseph. Les allemands laissent sur le terrain du matériel qu'une patrouille ramène au jour. A mon arrivée à la 3è section, le Lieutenant Holtz avait fait prendre à temps toutes dispositions utiles. J'ajoute le Sergent Cabe ( déjà cité dans la Sarre ) et les soldats Bigot et Salun Henri sur l'état des proposition des citations de la Cie, immédiatement signalés à ma diligence au Commandant Jan et fais procéder aux obsèques de Bigot au muretin Est de l'Eglise. Je resserre le dispositif de la Compagnie du côté du ravin et passe les consignes au Capitaine Dunant venu reconnaître. Après-midi, patrouille du Commandant de Compagnie dans le ravin, donnant la chasse à une patrouille ennemie. Relève à 22 h 00 par la 9è Cie. Installation dans Estrées - Deniécourt en 2 P.A. fermés avec une S.M pour ossature.

    Le 31 mai, organisation des points d'appui . . . Quelques tirs d'armes automatiques sur des isolés allemands venant d'Assevillers. Relève vers 22 h 00 par le 117è R.I . . . Notre Bataillon, dont la 9è Cie reste à Fay, part à Soyécourt relever des éléments du 1er Bataillon. La 11è Cie, s'installe en P.A fermé autour de l'église et de l'école-mairie avec  la 4è section ( à 3 pièces ) de la C.A.3, un canon de 25, un canon de 75, tandis que la 10è Cie, les mortiers de 81, les mitrailleuses de 20 et la C.A.3 ( Lt George ) forme un autre P.A fermé dans Soyécourt Sud autour du P.C du Commandant Jan, avec un canon de 75. Pas d'éléments amis entre nous et Estrées. Devant nous le 1er Bataillon ( Capitaine Giovannoni ) à Foucaucourt. A gauche des éléments amis à Herleville, hors de vue . . .

     

     

     

     

     


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  • 1 - Formation du bataillon:

    Le Sous-Lieutenant LE ROCH alors commandant la Compagnie de ploërmel a pris contact au début du mois d'avril 1944 avec le Chef de bataillon CARO Cdt le 8ème Bataillon F.F.I près de Sérent. Etaient présents: Le Colonel MORICE, Commandant GUIMARD, Commandant CARO et Commandant LE VIGOUROUX.

    Début de la formation du 12ème Bataillon F.F.I:  

    Le 12ème Bataillon fut formé au début de juillet 1944 par le Général de LA MORLAIS qui en pris le commandement.

    2 - Période de sabotages:

    Le 1er sabotage de la compagnie de Ploërmel  eut lieu le 2 novembre 1943 sur la voie ferrée Ploërmel - Mauron ( train de matériel ).

    Le 20 avril 1943:

    Sabotage de pylônes à Sérent et Saint-Congard.

    Du 06 mai au 10 mai 1944:

    Toutes les lignes téléphoniques autour de Ploërmel sont coupées. 50 m de voies sautées à Merdrignac. 20 m de voies sautées entre Ploërmel et Coetquidan. Aiguillage en gare de Loyat. Ces lignes sont sabotées chaque soir jusqu'au 10 mai 1944 date à laquelle nous recevons l'ordre d'arrêter.

    01 juin 1944: Enlèvement de 11000 paquets de tabac à la régie de Ploërmel.

    03 juin 1944: Enlèvement de sac postal entre Ploërmel et Vannes.

    3 - Période du maquis:

    Un groupe de la Compagnie de Ploërmel a pris le maquis dès novembre 1943 près de Taupont. Depuis janvier 1944, une équipe avait accompli 17 parachutages.

    Des déplacements de dépôt et des transports d'armes se faisaient presque chaque jour. Ils servaient à armer les différents Bataillon du Morbihan.

    En octobre et novembre 1943, une dizaine d'aviateurs ( américains . . . ? ) sont recueillis et hébergés.

    En février 1944, plusieurs dépôts d'armes sont découverts, et 13 membres de la Compagnie sont arrêtés.

    20 mai 1944: Suppression du milicien Stephan.

    07 juin 1944: Toute la Compagnie, soit 240 hommes prend le maquis et rejoint le 8ème Bataillon à Saint-Marcel le 10 juin.

    Du 10 au 18 juin au camp de Saint-Marcel: Deux sections de Ploërmel sous les ordres du Lieutenant LE ROCH sont désignées pour poursuivre les Russes qui ont attaqués le bataillon d'Auray près de Trédion ( opération réussie ) mais mort du Lieutenant parachutiste HARENT.

    Attaque du camp par les Allemands.

    19 juin 1944: Le Bataillon se replie, en partie, sur les Landes de Meslan. Nouvelle attaque des Allemands. Chaque Compagnie reçoit l'ordre de rejoint sa région.

    Tout le mois de juillet, déplacements continuels de la compagnie avec un groupe de parachutistes, afin de dépister les Allemands. Accrochages nombreux ( Château de la Grée de Callac le 13 juillet - 4 patriotes tués ). Plusieurs transports d'armes de la Trinité-Porhoet à Ploërmel.

    4 - Action au moment de la libération:

    02 août 1944: Un parachutage de 48 containers pour la Compagnie.

    03 août 1944: Enveloppement de la ville de Ploërmel par les 6 sections que comprenait alors la Compagnie, et attaques incessantes contre l'ennemi.

    La ville est libérée le 05 août 1944 au matin, avant l'arrivée des troupes américaines.

    Libération de Campénéac, Beignon, Saint-Malo de Beignon.

    Nettoyage de la région et d'une partie de la forêt de Paimpont avec l'aide des blindés américains.

    Une trentaine d'allemands sont tués. Un important butin est pris.

    15 août 1944: La Compagnie est dirigée sur Nantes et prend part aux combats de la libération de la ville. Nettoyage de l'Ile Gloriette et Front sur la Loire.

    01 septembre 1944: Tout le 12ème Bataillon arrive sur le Front de Vilaine et tient le secteur de Frégéac jusqu'à fin septembre, date à laquelle il s'installe à Rieux, Saint-Jean la Poterie . . . 

    A SP 53492 le 22 août 1945

    le Sous-Lieutenant LE ROCH, Commandant la C.A.2 du 41ème R.I

    Signé: LE ROCH

    Source: SHD ( document relevé le 30 octobre 2015 )

     


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  • 10 - 03 - 1945: Par ordre particulier d'opération n°7 en date du 10 mars (n°625/3.0).                                       Le 2/41 reçoit la mission suivante:  A la disposition du commandant du Sous secteur Est. Préparer une intervention possible soit sur la direction Ploëmel - Etel, soit sur la direction Ploëmel - Carnac.                   Le 3/41 aux ordres du Colonel Commandant le 41ème R.I: Préparer une intervention possible: Sarzeau - grand Rohu, soit Saint-Armel - Landrésac, soit Sursur - Ambon.

    Le Lieutenant Colonel DURANTHON prend liaison avec le Capitaine de frégate MOREAU, Commandant le Front de Mer au P.C. de la marine à Saint Gidas à 17 h 00. le Commandant du 3/41 fait mouvement par camions avec 2 Cies de Malestroit à Sarzeau ou le P.C. du 3/41 s'installe.

    11 - 03 - 1945: le Commandant du 2/41 fait mouvement par camions avec 2 Cies de Saint-Jean La Poterie à Les Méneques ( 4 km nord-ouest de Ploemel ).

    12 - 03 - 1945: Le reste du 3/41 fait mouvement par camions de la région de Malestroit pour la presqu'île de Rhuys.

    13 - 03 - 1945: Le reste du 2/41 fait mouvement de saint-Jean La Poterie pour Les Méneques. Les U.R et L'E.M font mouvement par camions et quittent La Gacilly et Carentoir pour la région de Saint-Armel - Le Hézo - Surzur.

    14 - 03 - 1945: Stationnement et mission du régiment:                                                                                           1/41: sans changement - P.C à Mendon - en ligne sur la rive est de la rivière d'Etel - Sous le commandement du sous secteur est de Ploemel.                                                                                                   2/41: En réserve à la disposition du Commandant du sous secteur Est - P.C à Les Méneques.                     Cantonnement dans les fermes à proximité.                                                                                                            

    Par ordre n°664/3.0 du 12 mars 1945: Le Colonel Commandant l'I.D 19 fera étudier la possibilité tout en maintenant une réserve mobile de la compagnie au moins de faire entrer en ligne une partie du 2/41 dans la région d'Etel de façon à regrouper le C.F.A.V.V sur le centre actuel de mon dispositif, entre Roche Sèche à l'ouest et Kercroc à l'Est, soit à renforcer la défense côtière face à la presqu'île de Quiberon entre Kercroc et saint Colomban.

    E.M du 41ème R.I - Saint-Armel

    C.A.C: Saint-Armel

    C.H.R: Le Hézo

    C.C.I: Surzur

    Peleton: Surzur

    3/41: P.C du Bataillon - Château de Ker Thomas à Sarzeau

    C.H.3: P.C à Sarzeau.

    9ème Cie: P.C à Sarzeau

    10ème Cie: P.C à Arzon. 1 Son F.V à la pointe de Montenot.

    11ème Cie: P.C au Châreau de Kerlevenant. 1 S.M à Saint Colombier - 1 pièce de 45 à Montenot.

    Mission du Sous secteur Sud: Prendre des mesures de sécurité très sévères, spécialement de nuit pour éviter toutes surprises de la part, soit d'éléments ennemis qui auraient réussis à débarquer sans alerter les postes côtiers, soit des agents de la 5ème colonne. Rejeter à la mer, en liaison, avec les postes de la marine installés sur la mer, tout éléments ennemi, qui aurait réussi à débarquer sur la presqu'île de Rhuys, en particulier préparer une intervention possible dans les directions suivantes: Sarzeau - Le grand-Rohu, Saint-Armel - Landrezac, Surzur - Ambon, Damgan - Kervoyal.

    17 - 03 - 1945: Par note de service n°688/3.0 en date du 17 mars 1945. Le Colonel Cdt le 41ème R.I aura les pouvoirs et prérogatives du Cdt d'armes sur le territoire délimité comme suit: Presqu'île de Rhuys, limité du côté terre par la rivière Pennerf, Ambon (inclus) carrefour 328-992, La Trinité, Theix et Saint-Léonard. La portion de terrain définie, prendra le nom de Sous-secteur Sud. La limite avec le Sous secteur Vilaine est définie par la rivière du Pennerf-Ambon.

    26 - 03 - 1945: Le 2/41 entièrement en réserve jusqu'à ce jour à Les Méneques prend à son compte le sous quartier Etel et Kerminihy qui est occupé par la 5ème Cie qui se trouve ainsi en liaison à droite avec le 1/41 et à gauche avec le 4ème R.I.A.

    28 - 03 - 1945: Un Bataillon d'honneur est envoyé par la 19ème D.I à Paris pour la cérémonie de la remise des Drapeaux par le Général de Gaulle. Le 41ème founit une compagnie d'hommes aux ordres du Capitaine TARDIVEAU (Cie de 4 sections, chaque section étant fournie par un Bataillon) - mouvement par voie ferrée.

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    02 - 04 - 1945: Cérémonie de la remise des Drapeaux, Place de la Concorde. Le Lieutenant Colonel DURANTHON reçoit des mains du Général de Gaulle le Drapeau du Régiment. Arrivée au corps d'un Lieutenant Colonel en second ( Lt-Colonel TABUIS )

    05 - 04 - 1945: Arrivée des Drapeaux et Etandard de la 19ème D.I à Vannes.

    10 - 04 - 1945: La 6ème Cie a relevé dans la nuit du 09 au 10 la 5ème Cie dans le secteur de Kerminihy.

    Source: SHD ( document relevé le 30 octobre 2015 ) 

     


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  • 02 - 01 - 1945: La Cie TARDIVEAU  ( C.R.2 ) arrive à Coetquidan à 14 h 00. (texte de fin manquant)

     03 - 01 - 1945: Un homme du 1/41 est tué dans un accident d'auto à Auray.

    06 - 01 - 1945: Le Général BORGNIS DESBORDES vient à Coetquidan. Il inspecte les troupes de la 19ème D.I dont le 2/41 et les H.R.

    20 - 01 - 1945: Deux Compagnies du Bataillon GOMEY arrivent à Coetquidan pour former la C.C.I du 41ème R.I.

    25 - 01 - 1945: Le 3/41 ( Bataillon LE VOGOUROUX ) arrive à Coetquidan et s'installe au camp et à Saint-Raoul.

    30 - 01 - 1945: Le 2/41 moins la 5ème Compagnie ( oreillons )quitte Coetquidan par chemin de fer, pour aller à Saint-Jean la Poterie au sud de Redon en réserve du sous secteur Vilaine.

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    07 - 02 - 1945: Le camp de Coetquidan est laissé entièrement aux Américains. La 5ème Cie quitte le camp et embarque à Guer et rejoint le 2/41 à Saint-Jean La Poterie. Le 3/41 fait mouvement par voie ferrée sur Malestroit ou il cantonne. L'Etat-Major, la C.H.R et le peleton 2 font mouvement par voie de terre sur la Gacilly. La C.A.C et C.C.I font mouvement par voie de terre sur Carentoir.

    Le 2/41 est en réserve à Saint-Jean La Poterie à la disposition du Commandant du secteur de la Vilaine ( P.C à Limerzel ) . Il n'aura pas à intervenir et fait de l'instruction.

    Le 3/41 et le U.R continuent également l'instruction au cours de leur séjour dans la région de Malestroit, La Gacilly et Carentoir.

     

     


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  • Entre le 01 - 12 - 1944 et le 13 - 12 - 1944:

    Le Commandant FESSY est affecté définitivement au régiment comme de l'Etat-Major (note 1095/I de la 19ème D.I ) - Le Commandant BACHASSE part au 71ème R.I.

    Le Capitaine VERDIER et 2 Sous-officiers, rapportant le drapeau du Régiment rejoignent le camp de Coetquidan - Ce Drapeau, neuf, est celui remis au 41ème R.I de l'Armée d'armistice; Le drapeau de 1940 ayant été brûlé le 11 juin.                                                                                                                                           Les Bataillons envoient du personnel au stage de déminage organisé à Coetquidan.                                     1/41: L'Adjudant-chef GERARDET - 50 hommes .                                                                                                   2/41: Lieutenant LE FUR - 3 hommes                                                                                                                       3/41: Lieutenant CHRISTINEL - 3 hommes

    Début des cours interdépartementaux pour officiers subalternes.                                                                         Le 1/41 envoie à Saint-Brieuc les Lieutenants BONNERUE et CONEY - Sous-lieutenant BREBION, LE CLOARREC et BIGOT.                                                                                                                                               Le 3/41 envoie à Quimper les Lieutenants TREGUESSER et GUILLATREAU - Sous-lieutenant JACQUEMOT et GUEJEL.                                                                                                                                         Le 2/41 envoie à Quimper le Capitaine HAYS - les Lieutenants ORIOT et LE BATAUD - le Sous-lieutenant JIQUELLO.

    Début du premier stage d'instruction Sous-officier à Coetquidan. Chaque Bataillon envoie deux Sous-officiers.

    Affectation: Le Lieutenant LE VEZO affecté ( avis 1011/CH du 06 décembre 1944 - au 2ème Bataillon ).     Affectation: Le Lieutenant PICARD affecté ( avis 496/CH du ??? - à la C.A.1 )                                                  

    Le 41 reçoit de la C.H.R du Bataillon Instruction I et V ( avis mutation 1051/CH du 08 décembre 1944 de la XI Région ) le personnel ci-après:                                                                                                                             Sous-Lieutenant BOUDAIS, MARGUERY - 7 Sous-Officiers - 37 hommes pour former la C.H.R du 41ème. La C.H.R se constitue a/c du 01 décembre 1944, le procès verbal de constitution sera réalisé dès la visite de l'intendant. Le Lieutenant BOUDAIS en prend le commandement.                                                                   Affectation: Chef de Bataillon breveté GLAIN: Commandant en second. Lieutenant BROCHARD: 2/41. Sous-lieutenant GUILLEUX: C.H.R - Transmission, S/lt POGUI: C.H.R - Observation, S/lt RAVUT: C.H.R - Service auto, Lt BUAN: C.H.R - ???

    13 - 12 - 1944: Le 1/41 qui fait mouvement de Coetquidan à Auray s'embarque à Guer à 11 h 30. Il arrive le même jour à Auray. Le Colonel se rend à Vannes à l'Etat-major de 19ème D.I - retour le même jour.

    16 - 12 - 1944: Le Lieutenant RAUT prend provisoirement le commandement de la C.H.R. Le Sous-lieutenant BOURDAIS prend provisoirement les fonctions d'officier de détail.

    17 - 12 - 1944: Le 1/41 monte en ligne entre Quiberon et Lorient - P.C à Local-Mendon.                                 Le Bataillon CARO actuellement en ligne - P.C à Limerzel va être relevé et viendra se constituer 2/41 à Coetquidan. Le Bataillon LE VIGOUROUX sera relevé plus tard. On prévoit un séjour à Coetquidan.

    18 - 12 - 1944: L'intendant LE BUIS établit les Procès verbaux de constitution du groupement des unités régimentaires.

    23 - 12 - 1944: Le 2/41 est relevé et se regroupe à Questember.

    24 - 12 - 1944: Les permissions sont suspendues - Les postes sont renforcés.

    25 - 12 - 1944: C'est Noël à Coetquidan - Rien à signaler.

    26 - 12 - 1944: Le 2/41 arrive à Coetquidan, le convoi arrive vers 15 h 00.

    28 - 12 - 1944: Le Régiment perçoit une partie de l'habillement nécessaire aux Bataillons.

    29 - 12 - 1944: La Cie TARDIVEAU reçoit ordre de rejoindre le 41ème le 30 décembre. la Cie obtient que ce soit repoussé au 2 janvier 1945. Une tentative de coup de main ennemie sur deux postes du 3/41 est repoussée. Les embarcation pneumatiques ayant été prises avant avec le feu avant d'aborder.

    31 - 12 - 1944: Le détachement précurseur de la Cie TARDIVEAU arrive au camp de Coetquidan.

    Source: SHD ( document relevé le 30 octobre 2015 ) 

                                                                              


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  • 23 -10 -1944: Le Lieutenant-Colonel DURANTHON, arrivé d'Afrique du Nord est affecté au 41ème R.I., en formation, dont il prend le commandement ( note de service n°138/1 de M. Le Général Cdt la 19 D.I en date du 20 octobre 1944 ) . Aucun élément du 41 n'existe encore.

    27 - 10 - 1944: Le Capitaine VERDIER, muté à la 19ème D.I par mutation du ministère de la Guerre n°336 DP/IN-S en date du 21 octobre 1944, est affecté par le Général Cdt la 19 ème D.I au 41ème R.I ( E.M du régiment ) . Le 1er Bataillon du Régiment sera sans doute le Bataillon FREMON - P.C actuellement à Saint-Servan. pour les autres, pas de décision pour le moment.                                                                           Le colonel demande la Compagnie TARDIVEAU pour compagnie Anti-char ( C.R.2 )

    07 - 11 - 1944: Le Lieutenant MONJARRET, venant de la Place de Guingamp, est affecté au 41ème R.I par avis de mutation n°717/1 du 03 novembre 1944 de M. Le Lt-Colonel Cdt la Subdivision de saint-Brieuc - Affecté à l'E.M du Régiment ( 1er Bataillon ).

    08 - 11 - 1944: Le Bataillon FREMONT doit aller au camp de Coetquidan le 13 pour se constituer en 1er Bataillon du 41ème R.I

    11 - 11 - 1944: Les Compagnies JUBIN et ROBERT, venant du front de la Vilaine arrivent à Rennes. Elles sont destinées à compléter le 1er Bataillon du 41ème R.I. Ces deux compagnies sont assez fatiguées et une majorité d'hommes atteints de la gale.

    12 - 11 - 1944: Cérémonie à la Cathédrale Métropole de rennes à la mémoire des anciens du 41 - Le Colonel, invité y assiste.

    13 - 11 - 1944: Le Capitaine GODINOT est affecté au 41 par avis de mutation n°342/I du 10 novembre 1944 du Général Cdt les F.F.M.B et la 19ème D.I - Affecté à l'E.M du régiment ( 2ème Bataillon ).                   Le Bataillon FREMONT arrive à Coetquidan à l'effectif de 3 Compagnies, venant de saint-Servan.

    15 - 11 - 1944: Les Compagnies JUBIN et ROBERT, ne pouvant être soignées à Rennes, rejoignant Coetquidan ou l'hôpital dispose du matériel nécessaire. Le 1er Bataillon est officiellement constitué le 15 novembre 1944 et le régiment prend prend une existence  légale à compter de cette date.

    17 - 11 - 1944: Les chefs de Bataillons BACHASSE et FESSY venant d'A.F.N, affectés à la 19ème D.I sont mis provisoirement à la disposition du Colonel Cdt le 41.

    19 - 11 - 1944: Le capitaine VERDIER, escorté par 2 Sous-officiers du 1er Bataillon du 41ème part pour Paris - Brive, chercher le drapeau du 41ème R.I. qui était resté à Brive entre les mains du Général DUCHE, et avait été remis par lui à la garde du 126. Il doit, en passant à Paris, régler un certains nombre de questions intéressant le Régiment.

     20 - 11 - 1944: Les 2ème et 3ème Bataillons seront constitués par les Bataillons CARO et LE VIGOUROUX, actuellement en ligne sur la Vilaine - P.C à Limerzel - P.C à Muzillac. Bien que ces Bataillons ne soient pas légalement co,stitués en 2 et 3/41, le contact se prend, et l'action du Colonel sur eux commence peu à peu.

    23 - 11 - 1944: L'Etat-Major du Régiment fait mouvement sur le camp de Coetquidan.

    29 - 11 - 1944: La section E.M commence à se former, est affectée au 1er Bataillon du 41ème R.I en attendant la constitution de la C.H.R. Le Lieutenant DOUCET affecté au Régiment par avis de mutation     n°1080/I de la 19ème D.I

    Source: SHD ( document relevé le 30 octobre 2015 )

     

     

     

     

     

     


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  • Depuis janvier 1944, une section spéciale de 36 hommes était sous les ordres du Commandant du 8ème Bataillon pour les missions de sabotages qui allaient toujours croissants.

    Le Bataillon organise le maquis de saint-Marcel à partir du 4 juin 1944; chargé de la sécurité et des premiers parachutages, il voit ses rangs doubler par l'arrivée de nombreux volontaires, et c'est ainsi que 3 Bataillons F.F.I sont formés, comprenant de 600 à 700 hommes chacun.

    Le 8ème Bataillon participe aux combats de saint-Marcel et des environs les 18 et 19 juin 1944; son encadrement est le suivant à compter du 1er mars 1944:

    - Chef de Bataillon: Commandant CARO

    - Compagnie de commandement: Lieutenant BIGOT

    - Cdt de Ploërmel (9ème Cie): Capitaine LE ROCH

    - Cdt de Josselin (8ème Cie): Capitaine VILARD

    - Cdt de Plumelec (7ème Cie): Capitaine SCORDIA

    - Cdt de Malestroit (6ème Cie): Lieutenant DESSUS

    - Cdt du Roc Saint-André (5ème Cie): Lieutenant THETIOT

    Regroupé les 2 et 3 août aux alentours de Josselin, il participe à la libération du canton et des cantons voisins, et aux opérations de la forêts des Forges et de Paimpont.

    Le 12ème Bataillon F.F.I, formé fin juin, se signale dans le canton de Ploërmel par de nombreux coups de mains jusqu'à la libération de celui-ci; le 24 août, il est transporté dans la région de Nantes et participe à la libération de la ville.

    Le 16 août, le 8ème Bataillon est dirigé caserne du 35ème à Vannes et prend part à plusieurs prises d'armes.

    Le 28 août, départ sur Péaule, le bataillon est chargé d'occuper la rive droite de la Vilaine avec mission d'empêcher l'ennemi d'effectuer des traversées sur cette rive ( 32 km de front pour 90 hommes ); les seules armes à sa disposition ne sont que des armes légères prises aux allemands ou parachutées. Le secteur s'étend de Redon jusqu'à l'ile de Marzan. L'encadrement est alors le suivant:

    Chef de Bataillon: Commandant CARO

    Cdt la Compagnie de commandement: Lieutenant BIGOT

    Commandant de la 5ème Cie: Capitaine TONNERRE

    Commandant de la 6ème Cie: Capitaine DESSUS

    Commandant de la 7ème Cie: Capitaine SCORDIA

    Commandant de la 8ème Cie: Capitaine HAYS

    Le 21 septembre 1944, le P.C du Bataillon s'installe à Limerzel, le front de la Vilaine est fondé. Le Capitaine VILLARD détaché à l'E.M est adjoint au Commandant du secteur. Le Capitaine GALLo prend le commandement de la 5ème Cie.

    Le 12ème Bataillon prend position entre redon et Rocquereux ( 3 km au sud de Béganne ). Le 1er Bataillon F.F.I venu de Vannes est en position entre l'ile et l'embouchure de la Vilaine. Les secteur du Bataillon ne s'étend plus que sur 18 km.

    Le Commandant CARO est nommé commandant du sous-secteur Vilaine.

    Le bataillon ne fut relevé des lignes que le 21 décembre 1944, par un régiment de fusilers marins et se cantonna à Questembert.

    Le 15 novembre 1944, le 8ème et 12ème Bataillons fusionnent et deviennent le 2ème Bataillon du 41ème R.I. Les C.B.2 ( 5ème et 6ème et 7ème Cies ) avec faibles renforts du 12ème Bataillon, forment la 4ème Cie du 2ème Bataillon du 41ème R.I. La C.A.2 est formée en entier par des éléments du 12ème Bataillon F.F.I.

    Les éléments en surnombre sont gardés jusqu'au départ des lignes; les vieilles classes furent libérées; les autres formèrent la 1ère Cie de passage sous le commandement du Capitaine LE BERRIGOT et regagnèrent une formation de territoire de Vannes le 28 décembre 1944.

    Au sous-secteur de la vilaine, le Bataillon connu de très dures journées: Habillement insuffisant, armes peu pratiques pour la mission, nourriture ne parvenant qu'irrégulièrement, hygiène lamentable et un ennemi toujours mordant ne découragea pas nos braves paysans Bretons.

    Le 29 août 1944, une patrouille allemande passe la vilaine; repérée par la section du Lieutenant LEPORT, elle se replie et laisse de nombreux morts sur le terrain; peu après, riposte des allemands au 88 et au mortier; un mort dans nos rangs. Le 30, aux même emplacements, l'ennemi essuie le feu nourri de F.M et laisse sur le terrain un blessé, une mitrailleuse légère, un fusil et des munitions.

    Sur toute l'étendue du secteur, de pareils engagements se renouvellent toutes les nuits; malgré les pilonnages des mortiers, et des 77 ou 88, nos gars tiennent et poursuivent leurs installations défensives et se mettent à l'abri des obus d'artillerie de moyen et petit calibre. A noter que la plus grande partie de ses travaux est merveilleusement exécutée, malgré l'inexpérience de la majeure partie des cadres et de la troupe.

    Le 9 septembre 1944, La vilaine était traversée par l'officier de renseignement du secteur qui prenait contact avec la résistance en secteur occupé. Tous les renseignements et même les intentions de l'ennemi sont communiqués presque journellement. La résistance est organisée petit à petit et la démoralisation des allemands est intentionnellement poussée. 29 hommes et un sous-officier allemands sont ramenés dans nos lignes par des passages organisés.

    Le 16 septembre 1944, à 17 h 30, un fort détachement allemand débarque au Moustoir ( 2 Cies ), incendie plusieurs fermes et parait vouloir se rendre à Muzillac. Ce détachement est appuyé par un tir de 105; immédiatement, le secteur est renforcé par une Cie du 8ème Bataillon transportée par camions. Après un court engagement, l'ennemi se retire et laisse plusieurs morts sur le terrain ( 4 hommes dont l'officier du 1er bataillon sont tombés de notre côté.

    Sur tous les postes avancés, des tirs d'armes automatiques, de mortiers et de canons grondent par intermittences.

    Le 27 septembre 1944, un téléphone est installé entre les deux rives.

    Tirs de mortiers de 88 sur les positions ennemies, causant victimes et dégâts pendant les journées des 29 et 30 septembre 1944, le 1er et 3 octobre 1944, arrêtés faute de munitions.

    Le 29 octobre 1944, une attaque allemande se déroule sur le Front de Lorient; une de nos Cies, la 8ème ( CB2 au 2/41 ) est déplacée par camions le 30 octobre et prend immédiatement position à Nostang; sa belle tenue au feu lui vaut les félicitations du commandant du secteur, 10 jours plus tard, à son départ.

    Le 15 novembre 1944, le 12ème bataillon F.F.I, commandé par le Général de LA MORLAIX, est dissout, passe sous le contrôle du 8ème Bataillon et forme avec ce dernier le 2/41 - secteur inchangé.

    Le 23 Décembre 1944, le Bataillon est à Questembert, le 27, il arrive à Coëtquidan ou l'instruction est poussée jusqu'au 30 janvier 1945. Temps déplorable, pluie, neige, les hommes sont pour la plupart sans chaussures, peu habillés et ne possèdent qu'une seule couverture.

    Le 31 janvier 1945, P.C à Saint-Jean La Poterie sous le commandement du sous-secteur de la Vilaine: capitaine de Frégate MARCHAND - Une section contre Redon de la part de l'ennemi est possible. L'instruction se poursuit sur les lieux. Le bataillon est alors encadré de la façon suivante:

    Chef de bataillon: Commandant CARO

    Officier adjoint: capitaine VILLARD

    Cdt 5ème Cie: Lieutenant VILLANEAU

    Cdt 6ème Cie: Capitaine LE DINAHET

    Cdt 7ème Cie: Capitaine SCORDIA

    Cdt CA2: Lieutenant LE ROCH

    Cdt CB2: Lieutenant BIGOT

    Le 12 mars 1945, départ pour Les Méneques, sous-secteur est de Lorient, en réserve jusqu'au 26 mars 1945.

    Le 26 mars 1945, occupons sous quartier Etel et Kerminihy, reste le Bataillon en réserve. Nombreux tirs de mitrailleuses lourdes et légères ainsi que des tirs fusants ennemis. Riposte des nôtres et de l'artillerie divisionnaire; quelques dégâts dans nos lignes; 3 blessés de notre côté.

    De nombreux tirs aux mortiers et aux mitrailleuses lourdes sont effectués sur les positions du Maguer et du Vieux Passage par notre CA2.

    Le 7 mai 1945, à 20 h 12, une délégation allemande emprunte le bateau de la Croix-Rouge et se rend à Etel et signe la capitulation sans conditions devant des Officiers Supérieurs Français et américains. Les honneurs sont rendus par une section de la CB2.

    Le 10 mai 1945, Le Bataillon traverse la rivière d'Etel et se rend dans l'ex-poche de Lorient ou il occupe le quartier de Plouhinec.

    Le Bataillon à tenu la maquis du 04/06/1944 au 06/09/1944, a été en ligne sur le Front de la Vilaine du 28/08/1944 au 23/12/1944, en réserve sur le Front de la Vilaine du 31/01/1945 au 12/03/1945, en ligne sur la Poche de Lorient du 26/03/1945 au 08/05/1945.

    Sur ses théâtres d'opérations, le Bataillons a perdu 15 hommes, 22 ont été blessés, à ajouter 87 tués et disparus pendant la clandestinité.

    Capitaine VILLARD André: A traversé plus de 20 fois la Vilaine pour y chercher des Allemands désirant se rendre. Il en a ramené 30, dont un sous-officier, dans des circonstance souvent périlleuses.

    A l'ordre du Régiment:

    Soldat RIO Rémy: Soldat courageux et de sang froid. Toujours volontaire pour des missions périlleuses. C'est porté résolument en avant avec son F.M, lors d'une patrouille allemande qui avait pu prendre pied sur la rive droite de la Vilaine, dans le secteur du Rohéllo.

    Un certain nombre de citations ont également été obtenues par des gradés et soldats du Bataillon, en récompense d'actions d'éclats effectuées dans le maquis.

    Conclusion:

    Le 8ème Bataillon F.F.I du Morbihan, comprenant à l'origine plus de 1200 hommes, fut le premier armé et le premier à entrer en action directe avec l'ennemi; formé uniquement de volontaires, il fut aussi le premier après la libération à occuper un secteur défensif sur le Front de la Vilaine.

    L'esprit combatif et de résistance de ces hommes dont la majeure partie n'avait pas d'entraînement militaire, a prouvé le désir et la volonté des Bretons du Morbihan de participer avec tous leurs moyens au relèvement de la france.

    Ces civils devenus soldats, ont tenu en ligne sur la défensive, malgré l'absence d'armes lourdes, de vêtements, de chaussures, le manque de couvertures; ils n'ont jamais manifestés de mécontentement; ils avaient confiance, car leurs chefs étaient avec eux depuis les premières opérations et connaissaient leur valeur au combat; ils avaient un but, un idéal, et pour celà ne reculaient devant aucun sacrifices; ces volontaires Bretons, qui, au signal du chef, se sont groupés et ont pris les armes, pour libérer la patrie du joug de l'envahisseur, sont maintenant rentrés dans l'ombre, satisfaits du devoir accompli.

    Le Chef de Bataillon CARO

    Commandant le 2ème Bataillon du 41ème R.I

    Signé: CARO

    Source: SHD ( document relevé le 30 octobre 2015 ) 

     

     

     

     

     

     


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  •  Le 8ème Bataillon F.F.I du Morbihan était le noyau du 2ème Bataillon du 41ème R.I.

    Historique du 8° Bataillon FFI du Morbihan (Episode -1)

    Avant-Propos

    Le 2ème Bataillon du 41ème R.I est issu, dans ses éléments essentiels ( commandants, cadres, majorité des hommes ) du 8ème Bataillon F.F.I du Morbihan.

    Ce bataillon fut constitué par des volontaires des cantons de JOSSELIN, La TRINITE-PORHOET, PLOERMEL, PLUMELEC, MALESTROIT (1), LE ROC-SAINT ANDRE - 6 Compagnies.

    Le 8ème Bataillon F.F.I qui comprenait, à la libération du Morbihan, 1500 hommes, en a fourni:

    - 700 au 2ème Bataillon du 41ème R.I.

    - 50 à l' I.D 19

    - 250 au Bataillon de Sécurité.

    Les 500 autres volontaires, âgés pour la plupart, ont rejoint leurs familles lors de la dissolution des 8ème et 12ème Bataillons.

    Le journal de Marche du 8ème Bataillon comprendra les paragraphes suivants:

    - 1 - Période clandestine ( octobre 1943 - 06 juin 1944 )

    - 2 - Période du Maquis ( 06 juin 1944 - 3 août 1944 )

    - 3 - Les combats de la libération ( 03 au 08 août 1944 )

    - 4 - Le Front de la Vilaine.

    (1) 5ème Cie: Le Roc Saint-André - 6ème Cie: Malestroit - 7ème Cie: Plumelec - 8ème Cie: Josselin - 9ème Cie: Ploërmel - Cie de Cdt: Josselin

    Période clandestine

    Le premier élément de résistance qui fut à l'origine du 8ème bataillon F.F.I, a été la Compagnie de Ploërmel ( 9ème ).

    - Cette Compagnie avait été créée par le Lieutenant de gendarmerie GUILLO, aidé par le Sous-lieutenant LE ROCH, qui en assure le commandement effectif.

    - La création de cette compagnie remonte au début de l'année 1943.

    - Cette compagnie, depuis janvier 1943, assura des parachutages pour le compte de l'armée neutre et sous la direction du Commandant Emile GUIMARD ( 17 parachutages en 1943 ).

    - Le premier sabotage eut lieu le 11 novembre 1943 sur le ligne Ploërmel - Mauron. Un train de matériel allemand déraillé.

    - Inquiété par la Guestapo, un groupe du prendre le maquis dès novembre 1943 dans la région de Taupont.

    - En octobre et novembre 1943, dix aviateurs américains sont recueillis et hébergés.

    - En février 1944, plusieurs dépôts d'armes sont découverts (13 membres de la compagnie sont arrêtés).

    - Il est à noter que les armes parachutées reçues par cette compagnie de Ploërmel, servirent à constituer la première dotation de presque tous les Bataillons F.F.I du Morbihan.

    De son côté le Commandant CARO avait formé, dans la région de Josselin, dès son retour de captivité ( CARO fut fait prisonnier en 1943 en Tunisie et libéré ), un corps franc de 36 hommes avec mission de sabotage.

    - Il recençait, en outre, les jeunes gens pour le jour ou il serait possible d'intervenir en masse.

    Le contact entre le Sous-lieutenant LE ROCH ( seul chef de la compagnie de Ploërmel, depuis l'arrestation de GUILLO ) et le Commandant CARO fut pris au début d'avril 1944 près de Sérent. Le Lt Colonel MORICE, chef départemental, et le Commandant GUIMARD, qui organisait les parachutages, y assistaient, ainsi d'ailleurs que le Commandant LE VIGOUROUX, commandant le 1er Bataillon.

    - Il fut décidé que toute la résistance A.S de l'arrondissement de Ploërmel serait aux ordres du Commandant CARO, dont le Sous lieutenant LE ROCH devenait sont adjoint.

    Dès la prise de commandement, le Commandant CARO commença le recrutement de ses troupes.

    - Il menait parallèlement l'action directe dont les faits principaux furent:

              - 20 avril 1944: Sabotage de pylônes à Sérent et Saint-Congard.

              - 6 au 10 mai 1944: Sabotages maintenus 4 jours: De toutes les voies ferrées sur les lignes Ploërmel - Mauron, Ploërmel - Messac, Ploërmel - Questembert. De tout le réseau téléphonique de Ploërmel.

              - 20 mai 1944: Arrestation du journaliste milicien STEPHAN.

    Le camp de parachutage de Saint-Marcel fut en même temps organisé et occupé par une petite section.

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    Le 1er juin 1944, le Commandant CARO disposait de 1200 hommes prêts à être levés au premier signal.

    Tous attendaient chaque jour le fameux message de la radio (les raisins sont trop verts), qui annonçait le débarquement et prescrirait la levée en masse.

    La période du maquis.

    Du 6 au 10 juin 1944, les 1200 hommes du Commandant CARO se rassemblent à Saint-Marcel.

    - La mission du Bataillon, est d'assurer la garde de ce camp et de ses abords, ainsi que des parachutages qui seront faits chaque nuit. Les autres  Bataillons F.F.I du Morbihan doivent y venir successivement recevoir leurs armes.

    - La protection des autres Bataillons venant s'armer, amène en particulier une opération dans la région de Trédion contre les Russes qui ont attaqués le Bataillon d'Auray.

    Le 18 juin 1944, le Camp de Saint-Marcel est attaqué en force par les allemands.

    - Le camp est défendus par: le 8ème Bataillon F.F.I, le 2ème Bataillon en cours d'armement et une compagnie de parachutiste.

    - La bataille dure toute la journée, l'ennemi reçoit sans cesse des renforts qui font plus que combler ses pertes considérables.

    - A la tombée de la nuit, ordre est donné de décrocher. Le 8ème Bataillon se retire vers Josselin et Ploërmel.

    - Chaque compagnie reçoit l'ordre de rejoindre sa région d'origine tout en restant à disposition des ses chefs.

    Fin juin 1944, il apparut nécessaire de scinder en deux unités le 8ème Bataillon dont l'effectif était trop important et la zone d'action trop grande pour le seul commandement.

    - Le Commandant CARO garda sous ses ordres, les compagnies des cantons de Josselin, La Trinité Porhoet, Saint-Jean Brevelay, Rohan . . . soit 1000 hommes. Ces compagnies formèrent le 8ème Bataillon.

    - Les compagnies des cantons de Ploërmel, Malestroit, Mauron . . . formèrent un autre Bataillon qui devint le 12ème Bataillon F.F.I du Morbihan. Le Général de brigade d'aviation De La Noblais, qui participait à la résistance active depuis longtemps, voulut bien accepter de prendre le commandement de ce 12ème Bataillon. Le Colonel d'Infanterie Coloniale en retraite FAVEZ devint son adjoint.

    - L'activité des deux Bataillons ( 8ème et 12ème ) fut maintenue jusqu'à la libération par de nombreux sabotages, par des attaques continuelles des troupes ennemies, qui furent, pendant plus d'un mois, harcelées sans cesse dans l'arrondissement de Ploërmel.

    La période de la libération.

    Alerté à partir du 2 août, les deux Bataillons commencèrent à partir du 3 août, la libération de leurs successives.

    Ils participèrent en particulier dans le Morbihan, au nettoyage des forêts des Forges et de Paimpont, ou les Allemands s'étaient massés.

    Parvenus assez vite à la fin de leur tâche, les deux Bataillons devenus disponibles, furent utilisés comme suit à partir du 12 août:

    - 8ème : En partie en réserve à Vannes jusqu'au 28 août. En partie engagé sur le secteur de la Vilaine avec le 9ème Bataillon. Il s'agissait de détruire la tête de pont allemande de Magazan.

    - 12ème : En partie en réserve à Ploërmel jusqu'au 1er septembre. En partie transporté à Nantes pour prendre part aux combats de libération de la ville ( Libération de l'ile Glouitte ).

    Le secteur de la Vilaine.

    A partir du 28 août, les 8ème et 12ème font mouvement vers le secteur de la Vilaine et occupent les positions défensives suivantes le long du fleuve:

    - 8ème Bataillon: du sud de Rieux au sud de la Roche Bernard ( 30 km de front avec un effectif de 900 hommes )

    - 12ème Bataillon: Du sud de Rieux à Redon et Frégéac, en Loire inférieure ( 80 km de front avec un effectif de 800 hommes ).

    Cette dernière phase fait partie de l'étude d'ensemble sur l'action des F.F.I du Morbihan.

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    Source: SHD de Vincennes (documents relevés le 30 octobre 2015)

     

     

     

              

     

     


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  • Zeller traque sans répit les résistants et parachutistes réfugiés dans le département. Cette poursuite aboutit finalement à la capture du capitaine Marienne le 12 juillet 1944 au village de Kerihuel (ou Kerhihuel). Mais laissons Marie Chamming’s, jeune agent de liaison, raconter ce drame.


    « L’homme était entré brusquement (dans le café Gilet) : les patriotes qui buvaient un verre de cidre restèrent une seconde immobile, le regardant. Il ouvrit son imperméable et se montra en tenue de parachutiste. Les garçons se levèrent, troublés. On commençait à beaucoup parler de faux parachutistes. Voyant leur hésitation, Munoz (un agent de l’Abwher) sortit une carte d’identité. " Vous voyez bien que je suis des vôtres" leur dit-il. Ils se passèrent la carte du lieutenant parachutiste Grey de main en main. Comment auraient-ils deviné qu’il venait d’être arrêté avec Jego (le 11 juillet à Lizio). Pas de doute, elle était bonne.

    Il leur avait demandé où était le boucher Mahieux."C’est lui ; leur avait-il confié, qui me conduira au capitaine Marienne." A quoi bon Mahieux ! puisque eux, les garçons, ils savaient où l’envoyer ! "Adressez vous au charron de Cadoudal, près de Kerhihuel", dirent ils enfin.
    (Les trois résistants, le patron du café et le boucher Mahieux seront arrêtés par les hommes de Zeller et envoyés à Locminé où ils seront interrogés et torturés par des hommes du Bezen Perrot et du SD- DCT).

    L’aube (12 juillet) va se lever. Le jeune garde s’est assoupi. Un coq a chanté. Dans les taillis où ils (parachutistes) ont établi le nouveau camp, ils dorment encore profondément. Trois voitures ont déjà quitté Locminé, avec douze hommes armés de révolvers et de mitraillettes. Munoz est accompagné cette fois de Zeller, avec Gross (Abwehr), Luis Deniz, Herr et Fischer.

    Munoz descendit un peu avant le village de Cadoudal et vint chez le charron. "Allez chez Danet, à la ferme qui est là", lui dit celui-ci."Demandez aux gens qui dorment ici" dit à son tour le fermier quand Munoz s’enquit du capitaine. Zeller, les miliciens et les Allemands suivaient l’approche, cachés derrière les talus. Munoz ayant fait le signe convenu, ils se démasquèrent et encerclèrent l’appentis où couchaient huit jeunes gens. Leurs armes étaient entassées à l’entrée. "Où est Marienne ?" hurla Fischer. (Marienne et ses hommes sont arrêtés) Au bout d’un quart d’heure de coups et d’injures, n’en tirant rien, les Allemands menèrent leurs prisonniers jusqu’à la cour de Kerhihuel. Les jeunes F.F.I. étaient toujours étendus sur le sol."Où sont les officiers ?"demandèrent les Allemands. Marienne et Martin (François, lieutenant) s’avancèrent. "N’oubliez pas que nous sommes des soldats !" dit Marienne, mais on l’obligea avec Martin à se coucher à côté des garçons. Les autres parachutistes (Judet, Mendes-Caldas, Beaujean, Bletterie, Marty, Hannicq) furent poussés contre un bâtiment : on leur fit lever les bras et on fouilla encore ceux qui étaient habillés, car plusieurs n’avaient que leur caleçon, comme le sergent Judet. Une première rafale partit et son camarade s’écroula à côté de lui. (Judet sentant sa dernière heure arrivée tente le tout pour le tout et réussit à s’échapper. Il sera tué en Hollande le 09 avril 1945). Ils les tuèrent tous, les huit patriotes (Morizur, Louail, Le Breton, Gondet, Denoual, Grignon, Le Bomin, Garaud), le fermier Danet, Alexandre et Rémy Gicquello, et les sept parachutistes, devant le groupe de femmes épouvantées, debout dans un coin de la cour. Les traîtres se firent photographier devant les hommes étendus morts, la face dans la poussière. Zeller avait le visage sombre, mais les autres riaient."

    Les hommes de Zeller récupèrent des documents sur les cadavres des parachutistes qui leur permettent d’identifier d’autres camps. Ainsi la troupe du lieutenant de Kerillis, dit Skinner, est capturée deux jours plus tard dans la région de Trédion. Zeller torture la femme et la fille du fermier qui abritait les résistants et tous les hommes à l’exception des deux officiers, (Skinner, Fleuriot) sont abattus puis jetés dans les flammes de l’incendie de la ferme. Skinner et Fleuriot, blessés, sont enfermés dans la prison de Pontivy. Ils sont exécutés par Zeller et ses hommes quatre jours p lus tard, dans la région de Bieuzy.


    Jusqu’à la fin du mois de juillet, la traque se poursuit. Devant la progression des trois forces blindées américaines, les hommes de la FAT quittent Pontivy le 03 août, direction Angers. Les collaborateurs s’y regroupent le 06 août, avant de gagner Paris le 12, puis l’Allemagne où Zeller tentera de monter des commandos destinés à opérer en France. Il est finalement arrêté le 04 mai 1945, à la frontière Suisse par des gendarmes français. Il sera jugé et fusillé à Rennes en 1946, en compagnie de Gross et de Munoz . . .

    Source: BRETAGNE - Occupation et Libération (forum)


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  • Le drame de Kerihuel ( Rapport du sergent Judet )

    Un document d'archive retrouvé: Le rapport que le sergent Judet à adressé à ses chefs le 13 juillet 1944 après la tuerie de Kerihuel en Plumelec en représailles des combats de Saint-Marcel.

    Le Sergent Judet, qui venait d'échapper à la mort, devait trouver une fin glorieuse au cours de l'opération Hollande.

    Le 12 juillet, vers 6 heures du matin, nous fûmes réveillés brutalement, le Capitaine Marienne, le lieutenant Martin, le sergent Marty, le caporal Beaujan, les soldats Bletterie, Flamant et moi même, par une quinzaine de miliciens et agents de la Gestapo en civil et quelques allemand en uniforme. Deux miliciens étaient entrés sous notre tente, braquant chacun, sur nous, une mitraillette et nous injuriant à qui mieux mieux. Nous fûmes conduits à la ferme qui nous ravitaillait. En arrivant dans la cour, je vis étendus par terre, les mains sous la tête, mais encore vivants, une vingtaine de civils hommes et une dizaine de femmes debout. Nous fûmes fouillés. Le Capitaine Marienne et le Lieutenant Martin fûrent séparés de nous et sur un ordre, se couchaient à côté des civils, dans la même position que ces derniers.

    Jusque là je croyais encore être simplement fait prisonnier et échafaudais déjà un plan d'évasion, lorsque j'entendis une rafale et vis mon camarade Flamant à ma droite se crisper. Alors, jouant le tout pour le tout, j'ai tenté ma chance et sauté par dessus le corps de Flamant et je me suis enfui à travers buissons situés tout près. Poursuivi par deux de nos exécuteurs dont je ne puis préciser la nationalité qui m'arrosèrent copieusement de rafales de mitraillettes sans parvenir à me toucher.

    La poursuite dura une dizaine de minute. Je marchais à travers la campagne sans but, encore sous le choc, lorsque j'ai rencontré le Caporal Chef Pacifici. Nous fîmes alors route ensemble en direction de Callac. Sachant que des documents très importants pour notre sécurité à tous étaient tombés aux mains de l'ennemi, nous avons tout de suite pensé à assurer une liaison avec l'Etat-Major pour le prévenir des événements et prendre les mesures nécessaires.

    J'insiste sur le fait qu'un officier allemand, ainsi que deux autres militaires allemands également en tenue prirent une part active à notre capture et l'assassinat de mes camarades.

    Le Sergent Judet

    Signé: Judet

    Additif au rapport du Sergent.

    Un témoin oculaire dont je ne puis révéler des maintenant l'identité, interrogé par moi, à déclaré ce qui suit :

    Le matin du 12 juillet 1944, vers 4 h 00 ( heure solaire ), des miliciens en civil et des allemands en uniforme entrent dans la ferme. Les femmes furent rassemblées dehors. Les fermiers et les F.F.I reçurent l'ordre de se coucher dans la cour, les mains sous la tête. Un peu plus tard, j'ai vu arriver un groupe de parachutiste, l'un deux à peu près nu, encadrés d'allemands et de miliciens. Les parachutistes furent mis au mur. Le Capitaine Marienne et le Lieutenant Martin reçurent l'ordre de se coucher à côté des patriotes. Tous furent fusillés. J'entendis alors de nombreux coups de feu. Ne pouvant contenir mon émotion, je fermai les yeux. Lorsque je les rouvris, les parachutistes gisaient inanimés. Le capitaine Mariennes, le Lieutenant Martin, ainsi qu'une quinzaine de patriotes avaient été assassinés. J'appris plus tard, qu'un parachutiste et quelques patriotes s'étaient évadés. Les allemands pillèrent ensuite le hameau, puis incendièrent les bâtiments. Les corps de quelques parachutistes et patriotes brûlèrent avec la ferme. Un autre parachutiste fut pris ensuite et fut roué de coups pour le faire parler, puis fut ensuite emmené.

    Le 13 juillet 1944, Sergent Judet

    Nous, Sergent Detroy Jacques, Caporal-chef Pacifici, déclaront l'authenticité de la présente déclaration, ayant été présent à l'interrogatoire du témoin . . .

    Source: Ami entend-tu n°30 de 1975. 

     


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  • Le docteur Edouard MAHEO

     

    Le docteur Edouard Mahéo ( témoin des " Dossiers de l'Ecran " )

    émission parue sur la 2 ème chaîne, le 17 juin 1970

    Après deux grandes séquences sur la bataille de France et Dunkerque, la télévision a ouvert le Mercredi 17 Juin 1970 un « dossier de l'écran » où le Morbihan se retrouve en tout premier plan de l'actualité qu'il tint dans la guerre, voici 26 ans, en Juin 44, à Saint-Marcel. C'est le dossier du « Bataillon du Ciel » qui a été ouvert , après le film de Kessel présenté en soirée de gala au Royal, le 15 Avril 1947, sous la présidence du général Corniglion-Molinié.

    Après le film, un débat eut lieu au cours duquel ont participé, entre autres personnalités, trois anciens de Saint-Marcel: le Capitaine Fey, officier de liaison de l'armée britannique; le Capitaine Desplantes, Président de l'Amicale des Anciens Parachutistes ; le Dr Mahéo, ancien Médecin-Chef du camp.

    C'est lui, on se le rappelle, qui le premier , le 14 Mai , à Plumelec, devant le cercueil du Colonel Bourgoin, avait pris la parole pour saluer le chef du bataillon du ciel « au nom des obscurs , des sans-grade ». Ce
    qui était une manière de dire modeste car la direction du service de santé n'était pas une mince affaire.

    Ce service lui avait été confié par un jeu de circonstances imprévues, car s'il était bien médecin, alors à Baden, c'est effectivement en résistant sans galon qu'il s'enrôle dans le 2 ème bataillon du Colonel Le Garrec à l'appel duquel tous les jeunes (tous à trois exceptions près) se présentèrent pour la levée en nombre de Saint-Marcel. Jusque là il se contentait de faire sauter les trains allemands !

    Donc lui aussi rejoignit Saint-Marcel comme combattant jusqu'au jour où le Colonel Bourgoin s'étant fait une entorse , il s'enquit près d u Colonel Morice d'un infirmier.

    Un infirmier ! lui répondit M. Chenailler; mais j'ai mieux : un lieutenant qui est un vrai toubib.

    Un toubib ! Mais on pourrait en avoir grand besoin pour autre chose que des entorses.

    Et c'est ainsi que le Dr Mahéo reçut de la « direction générale » de la Santé, le soin de recruter les infirmières , les secouristes, de se mettre en liaison avec la Croix-Rouge dont la représentation officielle devait rendre de tels services. A lui le soin de constituer une infirmerie, de demander à Londres les brancards et le matériel de premier secours parachutés par retour du courrier, et pour les seconds
    secours d'organiser les relais dans les cliniques les plus proches : Vannes et Malestroit, surtout où le Dr Queinnec , à son poste de chirurgien , tint un rôle capital avec la Supérieure des Augustines.

    Vous étiez seul pour ce travail ?

    Non, un autre médecin se trouvait aussi à Saint-Marcel : le Dr Srachard, qui depuis est mort dans un accident d 'avion, et qui fut d 'un dévouement sans borne dans la tâche très difficile d'évacuer les blessés. Avant le 18 Juin, les blessures n'étaient généralement pas graves, consécutives au maniement d 'armes
    à l'inexpérience , Avec le 18 Juin ce fut beaucoup plus sérieux, et beaucoup plus difficile d'assurer
    le transport des invalides dans des fermes surveillées par des hommes en armes, éventuellement
    assurer le repli dans des caches, au fond de bois, de landes et toujours au risque de grands périls.

    C'est ainsi que le Dr Le Coq de Plumelec - prédécesseur du Dr Renondeau - paya de sa vie son dévouement au service des résistants blessés : arrêté par les SS un matin de Juillet 44 , il était fusillé au Fort Penthièvre.

    Louis Houbé, pharmacien dans cette même bourgade, actuellement à Vannes, qui transportait les médicaments dans les fermes et les paillers transformés en infirmeries précaires, fut arrêté par la Gestapo, atrocement martyrisé et laissé pour mort à la prison de Rennes, lors d u départ précipité des
    Nazis.

    Vingt-cinq ans passés sur ces événements, quel souvenir en conservez-vous aujourd'hui ?

    Le Docteur Mahéo n'a pas répondu immédiatement à cette question parce que, m'expliqua t-il, les souvenirs d'hier et ceux d'aujourd'hui se chevauchent nécessairement. Ils ne sont pas séparés par une cloison étanche.

    Enfin, finit-il par me dire, j'ai conscience d'avoir agi par devoir , sons réaliser sur le coup que ces journées qui passaient au fil des semaines , ne seraient pas des journées comme les autres, à les regarder plus tard. Nous étions embarqués dans une aventure dont ni moi ni beaucoup d 'autres ne réalisions les risques exacts, et cela valait peut-être mieux.

    Que Saint-Marcel ne fut qu'une péripétie locale dans une immense guerre, sans doute.

    C'est tout de même son patronage qui a été retenu l'an dernier, 25 ème anniversaire de la bataille , pour baptiser la promotion d'officiers de réserve d'infanterie.

    Source: Ami entends-tu n°13 de 1970

     

     

     


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