• Le 41ème Régiment d 'Infanterie est de retour à Rennes le 27 août 1919.
    Les premier et deuxième bataillons sont à la caserne Mac-Mahon, le troisième à la caserne Saint Georges.
    En août 1921, le Régiment gagne le camp de Coëtquidan. Le 31 décembre 1923, le Régiment
    est dissout, et ses effectifs sont répartis entre les 48ème et 71ème RI en garnison dans les Côtes-du-Nord.
    Le drapeau et les archives sont confiés à la garde du 71ème RI. En mai 1929, le 41ème Régiment d'Infanterie est reconstitué, et ses premiers éléments lui sont fournis par les mêmes 48ème et 71ème RI. Les premier et deuxième bataillons sont à Rennes et le troisième à Sain t-Malo. Le Régiment est intégré à la 19ème Division d'Infanterie. Il mène alors la vie de garnison.
    L'avènement d'Hitler en Allemagne ouvre une ère de crise latente, qui, à plusieurs reprises, fait craindre pour la sécurité de l'Europe. Dans ces conditions, les efforts en matière de défense, bien qu'activés, sont insuffisamment poussés (1). La stratégie n'a guère évolué depuis 1914; elle est résolument défensive et axée sur le Rhin. A partir de 1930, la France a commencé à couvrir sa frontière du nord-est par un puissant système fortifié : la Ligne Maginot (2).
    Le 1 septembre 1939, l' invasion de la Pologne par l'Allemagne (3) plonge l' Europe dans la guerre.
    Le 3 septembre, la France et la Grande-Bretagne déclarent la guerre à l'Allemagne.

    (1) Les retards accumulés en matière d'innovations techniques dans les domaines de l'armement,
    aviation, motorisation sont énormes.
    (2) La Ligne Maginot s'arrête à la frontière belge, car la neutralité de la Belgique paraît une
    garantie suffisante pour le gouvernement français. Les secteurs fortifiés de la Ligne,
    sont dotés de régiments dits "de forteresse".
    (3) Conformément au pacte de non agression germano-soviétique, l'U.R.S.S. attaque à son
    tour la Pologne le 17 septembre.

    Le 41ème Régiment d'Infanterie dans Entre Deux-Guerres et la campagne de 1939 - 1940.

    en haut :
    Manœuvres du 41ème Régiment d'Infanterie en Alsace en 1930.
    en bas :
    Manœuvres dans la réqion de Ploërrnèl en 1938 

     

     La 19ème DI, outre le 41ème Régiment d'Infanterie, est composée des 71ème (1) et 117ème RI, des
    10ème et 210ème régiments d'artillerie. Le 41ème Régiment d'Infanterie quitte Rennes le 6 septembre.
    Le 8, il arrive à Liart, dans les Ardennes. Le 18, il cantonne autour de Rethel. Dès octobre, un accord est passé avec la Belgique, afin d'arrêter sur la Dyle les Allemands (2) et tendre la main aux Hollandais (3) . Les responsables politiques et militaires français admettent, avec un peu de retard, la possibilité du passage en Belgique des armées allemandes.

    (1) Le 1 mai1940, le 71ème RI est remplacé parle 22ème régiment de marche de volontaires étrangers.
    (2) Le cours d'eau de la Dyle ne représente en aucune façon un réel obstacle.
    (3) La "manœuvre Dyle" met en oeuvre plusieurs armées pourvues des meilleurs moyens motorisés et mécanisés. Elles sont rassemblée dans le nord avec à gauche la VIIème armée (Giraud), puis le corps expéditionnaire britannique, la l ère armée (Blanchard) à hauteur de Lille, la IXème armée (Corap) et la IIème (Huntzinger) au sud de Sedan.

     

     

    Le 41ème RI dans l'entre Deux-Guerres et la campagne de 1939 - 1940.

     "Le 41ème Régiment d'Infanterie défile à Rennes pour le 14 juillet 1938.
    Le porte drapeau est le lieutenant Marochain.
    Le drapeau sera brûlé sur décision du chef de corps, le colonel Loichot, en juin 1940, afin qu'il ne tombe pas aux mains de l'ennemi" .
    document salle d'Honneur
    du 41ème RI

    Le 41ème RI dans l'entre Deux-Guerres et la campagne de 1939 - 1940.

     

     

    Le 41ème RI dans l'entre Deux-Guerres et la campagne de 1939 - 1940.

    Le 9 novembre, il est dirigé en Lorraine sur Dieuze et Benestroff, et s'installe sur la Sarre. Le 24, il occupe des positions entre Forbach et Sarreguemines, et hormis quelques alertes, il ne se passe rien ; c'est l'attente.

    C'est l' époque de la "drôle de guerre " (10), mais sur le terrain on continue d'organiser les fortifications.
    Les conditions climatiques sont terribles ; les températures descendent à 22 degrés au-dessous de zéro, et, au 41ème Régiment d'Infanterie, on dénombre 600 évacuations pour pieds gelés. Les travaux sont
    ralentis.

    En janvier 1940, le Régiment est sur les bords du Rhin dans le secteur de Landser ; là aussi, il faut
    organiser la défense... Il s'y trouve toujours lorsque l'offensive allemande se déclenche le 10 mai .
    Au Pays-Bas, l'armée hollandaise est balayée en quelques jours. Les armées française et britannique
    entrent en Belgique et la bataille se livre sur la Dyle, alors que le cours de la Meuse est forcé à
    Sedan par le corps blindé de Gudérian qui, le 15 mai, atteint Montcornet et fonce vers la mer.

    Le 18, le 41ème Régiment d'Infanterie embarque à Danemarie pour la Somme dans la plus
    grande confusion. Le 23, il est à Clermont, dans l'Oise. Le 24, les premiers coups de feu sont échangés: la 6ème compagnie du deuxième bataillon s'empare, avec l'appui d'une unité blindée, de Villers Carbonnel.

    Le 25, la 7ème compagnie oblige l'ennemi à évacuer Sain t-Christ, alors que la 5ème occupe Epenancourt. Les Allemands sont rejetés au-de là de la Somme.

    Le 26, les tentatives du 1er bataillon pour prendre Assevillers échouent, et la 19ème DI se replie sur une ligne située à 8 kilomètres au sud de la Somme. Le 41ème Régiment d'Infanterie reçoit l'ordre de s'établir à Herleville, Faucaucourt, Vermandovillers, Soyecourt et Fay. La plaine de la Somme offre des vues éloignées, mais quelques ravins et des bois peuvent masquer les mouvements ennemis.

    Le 30, les Allemands attaquent sans succès Fay. Le 5 juin, le front s'embrase; le premier bataillon est à Herleville, le deuxième à Foucaucourt, le troisième à Soyecourt. Les deuxième et troisième bataillons se maintiennent, mais le premier est disloqué par une attaque de blindés.

    (10) "Drôle de guerre" est une expression
    de Roland Dorgelès qui a intitulé ainsi un
    de ses reportages aux armées. Le nom est resté.

    C'est au cours des combats du 5 juin, que le Régiment inscrit un fait d'armes illustre. Lors de son attaque, l'ennemi parvient à s'infiltrer entre le village et le bois de Saint-Martin (11), atteint la lisière nord d'Herleville et débouche aux abords du bois de l' Étoile. Deux batteries (12) y sont installées. Les artilleurs, qui font
    preuve de bravoure, ne peuvent empêcher la manoeuvre d' encerclement du bois. Le colonel Loichot, chef de corps du 41ème Régiment d'Infanterie, ne dispose plus d'aucune réserve. L'adjudant Tardiveau se propose pour prendre deux chenillettes (13), les armer de deux fusils mitrailleurs et d'aller dégager le bois.

    Il est 9 heures 30. Les chenillettes parviennent rapidement au milieu de l'infanterie allemande, qui se replie en accusant des pertes sérieuses ; les batteries du 304ème RA, puis celles du 10ème RA sont dégagées.

    Les chenillettes gagnent ensuite Herleville où combat le deuxième bataillon ; le village est dégagé. Quand le combat cesse à 20 heures , 270 Allemands sont capturés, dont 5 officiers.

    Le 41ème RI dans l'entre Deux-Guerres et la campagne de 1939 - 1940.

    (11) où résiste le 31ème régiment de tirailleurs algériens.
    (12) il s'agit des 7ème et 9ème batteries du 10ème régiment d'artillerie. En soutien sur le chemin d' Herleville, les batteries du 304ème régiment d'artillerie.
    (13) La chenillette n'est pas un engin de combat , mais un moyen de transport.
    L'adjudant Tardiveau est accompagné des soldats Thébault, Kaichoudourian, Ruel et Lainé.

    Le 7juin , Le Régiment reçoit ordre de se replier sur Cavenescourt. La 10ème compagnie, qui est à Fay, et des éléments du troisième bataillon à Soyecourt se retrouvent isolés; ils sont capturés. Le premier bataillon est décimé en cours de mouvement à Rosières en Santerre. A cet instant, survient le massacre de Beaufort-en-Santerre : une trentaine de sous-officiers et de soldats de la première compagnie, faits prisonniers, sont massacrés par l'ennemi.

    Le 8 juin, à Ansauvillers, le sous lieutenant Simonneaux et deux sections arrêtent l'ennemi pendant
    plusieurs heures et détruisent six engins blindés. Le Régiment poursuit son repli sur l'Oise. Le 10, il est
    en position sur les points de Boran et de Precy-sur-Oise , empêchant les Allemands de traverser.

    L'ennemi parvient à franchir l'Oise le 12 et menace de tourner le 41ème Régiment d'Infanterie. Le
    colonel Loichot décide de faire brûler le drapeau (à Lys-Chantilly), afin qu'il ne tombe pas aux mains
    de l'ennemi.

    Le 12, en soirée, le Régiment se porte à Noisy-le-Grand. A peine installé, il doit faire mouvement
    sur la Ferté Saint-Aubin. Il continue de combattre: la 7ème compagnie et les restes du deuxième
    bataillon , ainsi que le colonel Loichot sont fait prisonniers le 18 juin au lieu dit "le grenvilliers" ,
    au sud d'Orléans. Le commandant Jan, du troisième bataillon prend le commandement du Régiment,
    dont les restes rejoignent la Rocque des Arcs, près de Cahors. Ces restes sont constitués par les
    rescapés du troisième bataillon et quelques reliquats des autres unités.

    Le 25, lors de l'appel, il reste 17 officiers et 509 hommes dont 220 au troisième bataillon. L'armistice
    intervient le 25 juin à 0 heures 35. Le 29, le 41ème Régiment d'Infanterie est cité à l'ordre de l'armée et le général Weygand, ministre de la Défense Nationale et commandant en chef, décore l'adjudant Tardiveau de la médaille militaire. La 19ème DI est dissoute dans la région de Limoges le 4 juillet , et le 41ème
    Régiment d'Infanterie l'est à son tour à Saint-Priest Ligoure.

    Il disparaît pour peu de temps, puisqu'il est reconstitué à Brive, en vertu de la clause du traité d'armistice qui prévoit la mise en service d'une armée dite d'Armistice, réduite à 100 000 hommes (14). Les deuxième et troisième bataillons sont à Brive et le premier à Saint-Yriex. Ils vont y demeurer jusqu'en novembre 1942. Chaque bataillon est composé d'une compagnie hors rang et de trois compagnies de voltige (15). Le 41ème Régiment d'Infanterie et l'armée d'Armistice sont disloqués lors de l'invasion de la zone libre par les Allemands en novembre 1942 (16) . Les armes du Régiment sont dissimulées à l'arrivée de l'ennemi, et un grand nombre d'officiers, sous-officiers et soldats rejoignent le maquis, ou adhérent à
    l'O.R.A. (Organisation de Résistance de l'Armée).

    (14) L'armée d'armistice inclut 100 000 hommes en France non occupée, 115000 en A.F.N, 63000 en A.O.F. et A.E.F., 6000 en Indochine et 14000 à Madagascar et Djibouti.
    (15) Une forte proportion des jeunes arrivés au 41ème RI sont originaires du Nord et du Pas-de-Calais, les Allemands étant opposés à leur retour dans leurs foyers.
    (16 ) L'occupation de la zone libre répond au débarquement des Alliés en Afrique du Nord.

    Le 41ème RI dans l'entre Deux-Guerres et la campagne de 1939 - 1940.

     

     

     

     


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