• Missions secrètes par le sergent Roger Le Boulicaut

    Roger. Né le 16 décembre 1923. Il s'engage dans la Résistance en juin 1944, à la 1ère compagnie du 1er bataillon du Morbihan. Il fera par la suite une carrière militaire qui le conduira en Allemagne, en Indochine et en Algérie.

    Ami entends-tu n°117 - 118 - 119 année 2001

     Résistant de la première heure, président du Comité de Vannes de l'A.N.A.C.R. , vice-président départemental, profondément attaché aux valeurs de la Résistance, notre ami Roger Le Boulicaut nous a quitté. Son souvenir restera gravé dans nos mémoires.
    Quelques mois avant sa disparition, Roger avait transmis à la rédaction de notre revue le récit très précis des actions périlleuses accomplies alors qu'il combattait à la tête de sa section sur le front de la poche de Saint-Nazaire:
    Missions secrètes très utiles...
    Par devoir de mémoire, nous publions, à partir de ce numéro, le récit du Sergent Roger Le Boulicaut du 41ème régiment d'infanterie, 3ème bataillon.

    Première mission

    Ceci n 'est pas écrit pour tirer gloire des faits mais pour établir la vérité, raconter ce que je sais. En lisant le livre "Le Morbihan en guerre" que Roger Leroux a écrit suivant des témoignages plus ou moins exacts, et enjolivés on pourrait penser que le front de la Vilaine était une véritable passoire que chacun pouvait franchir à sa guise.

    J'étais à l'époque de ce front, sergent, chef de groupe et j'ai occupé à peu près tous les postes depuis Cromenach en Damgan jusqu'à Arzal en face de l'actuelle usine d'épuration des eaux de la Vilaine. Le poste que j'ai occupé le plus longtemps a été celui de Broël en octobre 1944 jusqu'au 15 ou 20 janvier 1945. Pendant cette période à cet endroit il n'est passé que le camarade Marcel Gouret de Pénestin qui a fait un aller et retour de quelques jours. Il était à la 10 ème Cie du 41 ème R.I. ex 1 ère Cie du 1er Bataillon F.F. I. du Morbihan.

    Ma compagnie qui stationnait au manoir de Broël était la 9me Cie, ex-Cie de commandement du 1 er bataillon , capitaine Le Frapper. Mon poste était à environ 1 km en avant, directement au bord de la Vilaine dans un pavillon de chasse , assez confortable, avec cheminée, et le bois ne manquait pas.

    En arrivant sur le bord de la Vilaine, je m'étais vanté auprès de qui voulait l'entendre que je connaissais bien l'autre côté de la rivière et que s'il fallait quelqu'un pour traverser j'étais volontaire. C'était faux car je ne connaissais que la Roche Bernard, la route de Nantes et celle de Saint-Nazaire par la Brière, c'est-à-dire par Herbignac, La Chapelle des Marais et Saint Joachim. A Pénestin , Camoël, Férel, Asserac, je
    n'avais jamais mis les pieds . . .

    Par contre, j'avais un point de chute en Brière , 2 km plus loin que Saint Joachim. La famille de ma future épouse y était réfugiée de Saint Nazaire dans une petite maisonnette inconfortable ou plutôt la dépendance d'une maison qui était une sorte de cabanon buanderie. Saint-Nazaire était rasé et il fallait bien faire avec ce que l'on trouvait. Toute la famille était donc enfermée dans cette poche de Saint-Nazaire avec les 20 000 allemands et environ 100 000 civils dont plus de 20 000 se trouvaient au sud de la Loire qui était un peu une poche dans la poche.

    Un vendredi de décembre, le 15, mais je ne suis pas absolument certain de cette date, on me fit savoir que je devais me rendre au P.C. du bataillon qui se trouvait à Muzillac et le lendemain me voilà donc
    parti avec le camion de ravitaillement. Je ne savais pas ce que l'on me voulait.

    En débarquant du véhicule je tombe face au commandant Le Vigouroux qui d'emblée me dit froidement : Alors, c 'est vous qui passez de l' autre côté? Je ne pouvais plus reculer !!... et il me dit :
    " Voyez le lieutenant Roy qui va vous expliquer de quoi il retourne..."

    Celui-ci que je connaissais bien, depuis la libération de Vannes, avait les fonctions d'officier de renseignement du bataillon. Il m'explique donc qu'il fallait passer la Vilaine pour entrer en liaison avec un certain monsieur Mahé, instituteur à la Baule ; le jeudi suivant à l'adresse de mon choix. Le jeudi, car c'était le jour à cette époque où il y avait congé scolaire hebdomadaire.

    Il me fallait passer la Vilaine le dimanche soir et nous étions le samedi matin. Il me fallait récupérer mes vêtements civils car je n'allais pas traverser en sergent. Il me fallait emprunter un vélo pour aller jusque chez moi à Sarzeau à 25 km. Le lendemain, j'étais de retour avec mes vêtements civils, prêt pour le soir au P.C. de la compagnie. Nous attendions le lieutenant Roy avec les documents et aussi l'heure de la marée haute pour éviter de m'enliser jusqu'au ventre dans la vase des rives . Le capitaine a soif, aussi il ordonne au sous-officier d'ordinaire : Diberder, allez donc me chercher une bonne bouteille de vin pour donner du courage à ce garçon qui va franchir la Vilaine pour passer chez l'ennemi ! Pour peu il ne me restait pas une goutte.

    Vers 18 h 30 le lieutenant arrive avec les documents. Je ne les ai pas vus, ils étaient enfermés dans une pompe à insecticide qui s'appelait je crois "Flytox " , mais l'on n'en voit plus depuis longtemps. Si je suis
    pris, je dois faire mon possible pour faire disparaître le tout ! Comment ? Ce n' est pas très discret comme cachette, mais je n'ai plus beaucoup de temps pour trouver un autre moyen. Et de toute façon il n'est pas facile sur un homme de cacher des documents, aussi insignifiants soient-ils...

    Nous voilà donc partis pour la Vilaine à 1 km. Je suis bien escorté! Nous sommes bien 7 ou 8. Le moins rassuré est certainement mon frère Raymond de 5 ans mon aîné qui commande la section et a pris le
    commandement de mon poste en mon absence. Je suis confiant ! Depuis longtemps j'ai repéré l'autre rive et l'itinéraire que je vais emprunter. Le canot pneumatique à 2 places qu'a déjà emprunté une fois Marcel Gouret il y a déjà un certain temps, est là.

    La marée est haute et l'eau au ras des herbes. Pour avoir les pieds bien au sec plus tard je me déchausse et me voilà pieds nus dans la neige. Ce n' est pas agréable et c'est même très froid. Il doit faire moins
    5 ou 6 degré. Pas de cinéma ! Je saute dans ma barque qui flotte sur un petit étier et en route pour la rive ennemie...!l devrait, je pense , faire clair de lune mais le temps est couvert, donc idéal. Assez clair pour me
    guider et depuis que j'observe cette rive je la connais bien. Pas de lumière bien sûr , pas un bruit sauf celui du clapot. Marin rameur, il ne me faut que quelques minutes pour traverser. A cet endroit, l'estuaire ne doit pas faire plus de 150 mètres de large.

    Assis sur le côté de ma barque , je commence par me laver un peu les pieds, mais il n'y a pas trop de dégâts. Quel bonheur aussi d'avoir les pieds bien au chaud après ces 10 minutes ou peut être 15 dans dans ce froid. Je n'ai pas les pieds gelés !

    Bien vite je m'écarte de la rive en portant mon canot pour éviter de laisser des traces dans la neige. De toute façon, l'endroit ou j'étais était dégagé, en vue de mon poste, et dans la journée ne peut s'y aventurer. La nuit on ne verrai pas mes traces ! J'ai repéré un buisson à environ 50 mètres et je m'y dirige pour y cacher mon canot et mes rames. Il me faut dégonfler cet engin à deux compartiments et ce faisant, il me semble qu'il fait autant de bruit qu'un veau qui beuglerait et je pense que je vais réveiller l'estuaire tout entier. Pourtant rien n'a bougé et je cache le tout dans le buisson. Me voilà donc libre en territoire ennemi. Je n'est plus que mon Flytox comme arme. Attention les mouches !!! Sur moi j'ai un semblant d'attestation qui dit que je me suis présenté à la gendarmerie pour déclarer la perte de mes papiers et que je me nomme Marchand Jean. Le cachet de la gendarmerie de Muzillac a été tourné  en l'apposant de façon qu'on ne puisse pas lire le nom. Comme faux papiers, vraiment la fin du fin, merci lieutenant Roy ! Je me dirige maintenant vers la ferme du Lestin que je vois depuis trois mois depuis mon poste, en faisant toutefois attention aux coins des haies propices aux guets. Rien ne bouge et à la ferme brûle une petite lumière. Autant que je me souvienne, j'étais plus ou moins attendu. je frappe, on m'ouvre et toute la famille du fermier est là. je pense qu'il n'est donc pas beaucoup plus de 20 h 00. Je n'ai pas perdu de temps . . .  

    Tout en buvant un coup de cidre comme il se doit, je demande des renseignements sur les Allemands du coin de leurs emplacements. Camoël qui est à 1 km est occupé dans une partie ouest, mais Assérac ou je dois me rendre pour mon premier rendez-vous n'est pas occupé.

    Je leur parle bien sûr de la situation générale, car ils sont sans nouvelles récentes. Après environ 1 h 00, je demande un coin pour passer la nuit et avec une couverture je monte au grenier à foin. J'ai demandé au fermier de me réveiller avant 7 h 00 mais il n'a pas cette peine car le froid s'est chargé de le faire. Un coup de café ersatz et deux tartines de pain beurre, et me voilà  parti pour Assérac en contournant camoël par l'est. En arrivant aux premières maisons du village, j'avise un paysan qui s'affaire à sa meule de paille. Il est tout surpris, je lui ai fait peur je crois. Je lui demande de me conduire au plus vite à la route d'Assérac, et en route il me raconte sa guerre 14 - 18. J'ai gagné un temps précieux avec cet homme et j'ai évité le risque de m'égarer. Pour Assérac, la route est libre et directe. A l'époque, il n'y a que celle-ci.

    A 9h30, je suis à Assérac et je me présente à l'épicerie bazar du village tenue par une dame seule qui à l'air de se méfier de moi. Je lui demande à voir Mr le Maire Crusson et elle me dit qu'il arrivera vers 10h00. Il habite à deux ou trois km, aussi je lui demande de me prêter son vélo, mais elle n'y tient pas, aussi je lui laisse une caution suffisante et j'enfourche le vélo. Je n'ai pas fait un km que je rencontre Monsieur Crusson dont la dame m'a donné le signalement. Il est lui aussi en vélo et je lui fait signe de s'arrêter. Je me présente en lui remettant  mon Flytox qu'il enfourne dans son sac. M'en voilà débarrassé !! Il me certifie que le colis arrivera avant le soir chez Mr Mahé à La Baule avec l'adresse que je lui remets pour le rendez-vous que je fixe le jeudi après midi à la Guillardais en Saint-Joachim.

    Nous redescendons vers le village et Mr Crusson me dit qu'il a rendez-vous avec l'officier Allemand qui s'occupe du ravitaillement des troupes de la région. C'est tout à fait normal, puisqu'il est le maire. Je n'ai pas à m'inquiéter !! Cet officier arrive et je n'ai pas vu d'Allemands en liberté depuis la prise de Vannes. Il me serre la main, comme à Mr Crusson et nous nous attablons au café pour boire un coup de muscadet. Le café sert un peu de P.C au maire et je pense qu'il y passe autant de temps qu'à la mairie. Il est vrai que c'est mieux chauffé.

    Après le départ de l'officier, nous allons tout de même à la mairie, et monsieur Crusson me dit qu'il lui a demandé qui j'étais. Il a répondu que je cherchais des bestiaux à acheter. Je devais avoir une drôle d'allure de marchand de vaches . . .

    A la mairie, dans une salle ou étaient confectionnés les colis pour les prisonniers de guerre en Allemagne, il y avait un stick de biscuits de guerre, et monsieur Crusson voyant que cela  m'intéresse me dit de me servir  pour la route et je ne m'en prive pas. Les poches pleines, je reprend la route pour Herbignac, il doit être près de 11 h 00.

    Toujours à pieds, je ne tiens pas à m'attarder, car j'ai encore des km à faire avant le soir. Je suis léger, sans bagages et vers midi, je suis à Herbignac à 6 km 500. Personnes sur les routes, et pour cause, il fait si froid que les gens restent chez chez eux, civils et militaires. A peine quitté Herbignac, une voiture allemande me double. Les passagers me regardent, mais la voiture ne s'arrête pas. Pourtant j'aurais bien fait quelques km en voiture, à condition qu'on me demande pas mes papiers.

    Vers 13 h 30 je suis à la Chapelle des Marais 6 km. Il m'en reste une bonne dizaine avant d'arriver à saint-Joachim. Et toujours personne sur la route ! même dans les villages et les hameaux que je traverse, j'ai l'impression que tout est déserté. Tout en marchant, je  grignote mes biscuits et je réfléchis . . . Si en arrivant à La Guillardais je ne trouve personne, que ferais-je ? car je suis sans nouvelles depuis presque cinq mois et ils pourraient avoir déménagés. Il est justement question d'évacuer les inutiles de la poche vers la France libérée. Sur place, j'aviserai. je suis toutefois assez optimiste. Je pense aussi que maintenant, vue la situation, tout le monde doit faire plus ou moins la résistance.

    Vers 15 h 30 ou 16 h 00 je suis arrivé à Saint-Joachim. Village étiré sur près de deux km et seules trois ou quatre personnes dans la rue. Il fait si froid et il y a encore plus de neige que vers la Vilaine. Heureusement ça ne glisse pas.

    Je suis arrivé. Il doit être 16 h 00. Je frappe à la porte de la maison, disons plutôt la cabane. On m'ouvre et tout le monde est là, surpris bien sûr car inattendu !!

    Depuis mon départ de Camoël le matin, j'ai du faire 30 à 35 km et ce n'est pas fini. Dans cette maisonnette, je ne veux pas m'imposer, car il n'y a que deux lits. Le père, la mère et les deux filles dont celle que j'ai choisie.

    Me voilà donc reparti avec elle pour demander une chambre ou j'ai déjà couché quelque fois. La dame dont je cite pas le nom, accepte de céder une chambre, mais me signal que le couvre feu est à 19 h 30.

    Nous repartons et voilà qu'à peine sorti, nous croisons une charrette allemande avec le conducteur et un autre soldat qui le suit à pied. C'est un Géorgien. Je l'ai reconnu !! Il était dans mon village jusqu'à leur retraite en août. Je l'ai vu le premier, aussi je ne perds pas le nord et fais comme si je ne l'avais pas remarqué. Lui aussi a du me reconnaître car il s'est arrêté pour nous regarder, se demandant peut-être ou il m'avait vu. Nous continuons et rentrons à la maison car la nuit tombe.

    Voilà une situation inattendue, et si celui là était chez moi, il doit y en avoir d'autres qui me reconnaissent.

    De toute façon, je n'avais pas l'intention de sortir au risque d'être contrôlé et de plus il fait si froid que je n'ai rien à faire dehors. Je n'ai plus qu'à attendre mon contact avec Mr Mahé pour le jeudi et j'ai prévu de rentrer le vendredi soir.

    Le soir après la soupe, je n'ai plus envie de sortir, d'abord de peur de tomber avec une patrouille, ensuite parce qu'il fait encore plus froid et que suis très fatigué. J'ai du faire plus de 35 km depuis la Vilaine et je n'ai mangé que des biscuits. Je demande donc à rester dormir à la ferme. Me voilà casé pour quatre jours tranquille, sans sortir.

    Une bouche de plus à nourrir alors c'est déjà restreint; une soupe et légumes, pommes de terre et rutabagas, très peu de pain. Merci à ceux qui m'ont hébergé.

    Le jeudi en début d'après midi, arrive enfin Monsieur Mahé en vélo depuis La Baule qui se trouve à plus de 20 km. Nous faisons connaissance et il me remet ce que j'ai à ramener  à l'état major. Ce n'est pas un Flytox mais un gros tube de pharmacie que l'on peut mettre aisément dans une poche. Nous discutons un moment et il me donne quelques renseignements complémentaires verbaux. Je lui fais part de mon départ le lendemain vers 10 h 00 pour passer la Vilaine comme prévu le vendredi dans la soirée. Je pense qu'il me faut environ 6 h 00 de marche pour faire mes 30 km sans me presser. Quel avantage si j'avais un vélo !! Et que de fatigue en moins.

    Le lendemain 10 h 00, je suis au bourg de saint-Joachim. J'ai à peine fait quelques centaines de mètres, que je remarque un homme en vélo. Il a une drôle d'allure, un vélo un peu rustique comme ceux des allemands. Il doit porter des bottes, mais le pantalon les cache alors qu'il fait plutôt un temps à le rentrer. Il y a pas de neige car il a du neiger encore lundi. J'ai l'impression d'être épié; l'homme me double et avant la sortie du bourg il me redouble encore. Il s'était donc arrêté quelque part. Je le revois encore deux fois sur la route vers Camerun et Camer. Ou il m'épie, ou il m'escorte !! Peut-être envoyé par Mahé pour me protéger ? Si c'était un Allemand, je pense que j'aurais été interpellé. A midi, je suis à La Chapelle des Marais et j'entre dans un café pour boire un coupe de blanc et je demande à la dame qui est seule si je pourrais avoir à manger. Elle ne dit rien, mais me sert une bonne soupe et deux oeufs sur le plat. Après cette pause, je reprend la route vers Herbignac. Je n'ai plus revu mon escorteur !! Est-ce une idée ou une coincidence ? Personne sur la route, ni voiture, ni piéton, ni vélo. Il fait moins froid et la neige commence à fondre. Ce n'est pas plus mal pour marcher.

    Vers 14 h 30, je suis à Herbignac aussi désert qu'à l'aller le lundi. Je suis en avance sur mon horaire et je ne m'attarde pas. Je ne vois pas d'Allemands et pourtant il y en à, mais à l'abri. En route pour férel à 6 km , il est inutile d'arriver trop tôt.

    Vers 16 h 00 je traverse férel sans encombre et mets le cap sur Camoël. Il me reste encore 5 à 6 km jusqu'au canot sur les bord de la Vilaine. C'est certainement la route la plus dangereuse, car elle longe la Vilaine. Le pays est boisé de pins, et j'aperçois des ombres près d'un feu, sans doute une roulante. Je sais que l'artillerie est dans le secteur. Je redouble d'attention et arrive aux abords du village de camoël.

    Aux premières maisons, je bifurque à droite et descends vers mon canot. Là je fais très attention, les derniers 100 ou 200 mètres sont très dangereux, car en cinq jours, on pu trouver mon embarcation et m'attendre. Mon canot est encore et avec la pompe à pied il est vite gonflé. Je traverse la Vilaine rapidement, et personne ne semble m'avoir vu. Pourtant ils savaient que je revenais ce soir. J'arrive au P.C je pense vers 19 h 00 escorté de mon frère tout heureux de me revoir.

    je viens de passer cinq jours dans les lignes ennemies sans alertes sérieuses, et je pense que mon meilleurs allié a été le froid, car je n'ai pas vu dix Allemands sur mon parcours et pas beaucoup plus de civils. J'ai du parcourir 70 km en deux jours de marches, j'ai respecté l'horaire que je m'étais fixé.

    Le commandant Le Vigouroux est au P.C de la compagnie avec le lieutenant Roy et celui-ci veut tout de suite ouvrir le tube de documents et se fait rabrouer par le commandant. J'ai tout juste le temps de voir qu'il doit s'agir des défenses de La Baule, du Croisic et de Saint-Nazaire. Le tout sur du papier calque très fin et si bien plié qu'il n'arrive plus à le remettre en place.

    Mission accomplie. Pourtant le lundi matin en déjeunant en face de la ferme, j'ai promis à la fermière de lui ramener avant les fêtes, du café, du sucre et du chocolat. Le dimanche soir suivant, en uniforme et en arme avec un de mes hommes, Marcel Mahé, en un aller et retour de deux heures environ je tiens ma promesse . . .

     

     

     

     

     

     

     

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