• La fin su 117° RI à Pressoir

    Depuis hier, nos camarades du 117° R. I., à Pressoir, sont complètement entourés. De Vermandovillers, nous assistons à la fin du combat, dans l'incendie.

    De bonne heure, quelques coups de feu rappellent que l'ennemi est aux lisières du point d'appui. Très vite, la cadence du tir s'accélère, pour devenir endiablée. Les chars et les mitrailleuses allemandes tirent de tous les côtés, de plein fouet, car il y en a partout.

    Un obus de 77 tue le guetteur, dans une maison où se tenait le P. Le Maux.

    Une tranchée-abri avait été creusée à proximité du P. C. Le personnel y descend avec le Lieutenant-colonel, Mais ils étaient là comme dans une souricière dont ils ne pourront plus sortir. Car cette tranchée est maintenant couverte par une nappe de balles de mitraillettes dont on ne saurait voir les tireurs.

    La situation s'aggrave à 6 heures. A ce moment en effet, un projectile incendiaire met le feu à l'extrémité de la grange où sont à l'abri les chenillettes, les munitions, le camion chargé d'essence. Tout ne va pas tarder à sauter, avec les hommes qui sont autour de ce matériel explosible.

    Pendant quelques minutes encore l'ennemi continue de tirer, en se rapprochant. Enfin le feu cesse. Un officier allemand surgit de derrière la haie voisine.

    Il n'y a plus de 117°. . . !!!  Il est 6 h 30

    Officiers et soldats sont rassemblés et conduits à Péronne.

    Quelques hommes, légèrement blessés, doivent marcher d'abord, et bientôt, dans leur épuisement, s'arrêter.

    Le P. Le Maux obtient qu'ils attendent l'arrivée d'une ambulance qui les conduise dans les hôpitaux. Deux blessés graves et l'aumônier trouvent place dans la voiture d'un médecin allemand.

    Le P.Le Maux passera une huitaine de jours à Saint-Quentin. Les blessés y affluèrent très nombreux, surtout au début. Un jour, il en arriva 1060. Une trentaine de médecins ne suffisaient pas à la besogne des opérations et des pansements urgents, malgré l'aide du personnel infirmier . . . 

    Au moment où disparaissait le 117°, un petit groupe d'hommes conduit par l'adjudant Chantrel, le sergent
    observateur Fouqueray (prêtre) et le sergent Biziou (séminariste), échappe à l'ennemi, et se replie sur un petit bois, derrière Pressoir.

    Ils y tiennent encore un peu de temps. Mais ils se rendent compte que tout est fini; une partie du groupe décide de partir. Biziou refuse et reste dans le bois avec l'adjudant et quelques hommes. Ils s'y défendent.

    Le sergent Fouqueray et Jacques Monthion s'en vont, sous les balles des chars. Mais n'étant pas. d'accord sur la route à suivre, ils se séparent. Monthion arrive le soir du 6 juin à Méharicourt, et rejoint la C. H. R. du 117°, demeurée libre. Fouqueray, après bien des péripéties, traverse les lignes allemandes, arrive au Mans, et un peu plus tard retrouve les restes de la 19° Division.

    L'adjudant Chantrel fut capturé par les Allemands. On ignorait ce qu'était devenu Biziou. On sait maintenant qu'il a été tué, seul, dans un champ, à Maucourt, à 1 kilomètre de Méharicourt. Enterré d'abord sur place, son corps a, depuis, été porté au cimetière de Maucourt . . .

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