• LA 12° Cie FFI d'Ille et Vilaine.

    Son chef : le capitaine Jubin commandant la 12ème Compagnie

    Le capitaine JubinIl a vécu la drôle de guerre, la captivité en Allemagne, la déportation, la résistance en Bretagne, les combats de la Libération avec la 12ème Compagnie F.F.I d’Ille-et-Vilaine. qu’il a créée. Il a vécu l’occupation, la guerre d’Indochine, la guerre d’Algérie, comme officier des Affaires algériennes au cours de laquelle " Paris Match " publia un reportage sous le titre " La bouleversante aventure des époux Jubin "

     

    La formation de la 12ème Compagnie F.F.I.

    Historiquement, l’idée de créer des unités F.F.I. lancée le 27 mai 1943 au titre de l’unification des mouvements de résistance, ne s’est concrétisée qu’à partir du 1er février 1944

    La 12° Compagnie F.F.I. d’ Ille et Vilaine, l’une des premières constituées dans la région a regroupé tous les « maquis refuge » et les « « maquis armé » du secteur sud/sud-ouest du département: Baulon, Bédée, Beignon, Cintré, Concoret (en partie) Goven, Montauban de Bretagne, Monterfil, Montfort, Mordelles, Paimpont, Plélan- le-Grand, Maxent, Saint-Méen-le-Grand. (liste copiée dans le livre du capitaine Jubin et dans l’historique du 3ème bataillon du commandant Meunier) .

    Un appel à rejoindre les rangs F.F.I. a été affiché dans les mairies, et des jeunes volontaires sont venus se joindre aux résistants et maquisards pour former notre unité F.F.I. forte de 326 hommes. La population n’a pas manqué de les appeler les " résistants de la dernière heure " confondant la Résistance et la poursuite des combats de la Libération qui se sont poursuivis jusqu’au 8 mai 1945 et où certains y ont laissé leur vie.

    Concernant les F.F.I. en général, Charles Tillon chef des F.T.P. écrit page 385 dans son livre "On chantait rouge" qu’entre le 1er et le 13 août 1944, selon les secteurs, c’est plus de 50.000 F.F.I. qui servent d’infanterie aux colonnes alliées.

    La 12ème Compagnie F.F.I. d’ Ille et Vilaine a donc eu sa propre histoire dans ce contexte après sa création officielle le 6 août 1944. Il convient en toute honnêteté de lire le livre de son ancien capitaine Jubin, intitulé : "Espère à vie" (Spi da Viken) en Breton. Il y raconte sa vie mouvementée de militaire au service de la Nation. Un chapitre est intitulé : "La Résistance, le Front des Oubliés, l’Occupation"

    Le capitaine Jubin, ancien prisonnier évadé d’Allemagne venu rejoindre sa mère réfugiée à Baulon, où il est entré dans la Résistance avec le commandant Costes a donc été chargé de constituer et d’organiser la 12ème Compagnie avec les difficultés qu’on peut imaginer à cette époque. Il y avait les pressions idéologiques de quelques rares militants du PC et le conservatisme des autres. Il y avait aussi les responsabilités à partager et les grades à proposer selon les états de services antérieurs, les compétences de chacun etc.

    En tout cas, sous la pression des uns et des autres, pour honorer la mémoire de nos martyrs, notre compagnie a changé de nom 3 fois en 3 jours au moment de sa formation :

    • Le 3 août 1944 , elle devait s’appeler "Compagnie Leclerc" en mémoire d’André Leclerc de Talensac vendu à la milice Perrot par une serveuse du café " X " de Montfort-sur-Meu. Il fût arrêté le 18 juin 1944, eut les yeux et les ongles arrachés, Mais, il ne parla pas et fût abandonné dans un champ où il mourut au bout de son sang.
    • Le 4 août, lui succéda aussi éphémèrement le nom de Compagnie Henri Morras pour honorer ce camarade qui venait de tomber, criblé de balles, au retour d’une mission de reconnaissance, à l’entrée du bourg de Paimpont.(Évidemment certains disaient déjà qu’on risquait de confondre avec Maurras, militant bien connu d’extrême droite)
    • Le 6 août enfin, la compagnie devient officiellement et définitivement la 12ème Compagnie F.F.I. d’Ille-et-Vilaine à l’exclusion de toute autre référence, sous les ordres du capitaine Jubin. Elle est rattachée au 3ème bataillon de marche d’Ille -et-Vilaine. sous les ordres du commandant Meunier.

     

    Son fanion est dédié aux anciens de la 12ème Compagnie d'Ille-et-Vilaine - unité issue de la Résistance 

    Ce fanion est pour toujours le témoin de notre existence et de notre présence pendant les années sombres de l’occupation. Il est également le porteur de tous nos souvenirs accumulés au cours de cette période héroïque : celui de nos camarades disparus , de nos combats dans l’ombre et au cours de la Libération, de nos souffrances, mais aussi de notre fraternelle amitié sous les armes et enfin, de notre fierté d’avoir participé à la Libération de notre Patrie et à la défaite du Nazisme.

    Votre ancien capitaine des moments difficiles et parfois tragiques.

    Constant Jubin

     

    HISTOIRE DE LA 12° Cie FFI d'Ille et Vilaine

     

    Les appels à la population libérée

    La 12ème Compagnie qui avait donc ses quartiers entre le château de Monterfil et celui de Paimpont. jusqu’à son regroupement à Coëtquidan le 23 août 44 était toujours sous influence F.T.P.. A la demande de l’État-major F.T.P., des appels à la population ont été affichés dans les mairies, tels ceux qui suivent affichés à Monterfil.

    APPEL À LA POPULATION

    La Libération du territoire entre dans sa phase décisive. Les troupes américaines sont entrées en Bretagne. Elles approchent de nos régions.

    Tous les hommes valides doivent par tous les moyens dont ils disposent saboter les arrières de l’ennemi, couper ses communications, entraver sa retraite.

    Ils doivent si possible rejoindre les Forces Françaises Intérieures de la Région.

    Restez calmes, soyez prudents et disciplinés

    La France compte sur tous ses citoyens

    Courage, soyez avec nous.

    En avant pour la victoire et la Libération de notre Patrie

    F.F.I. _ F.T.P.

    FORCES FRANCAISES INTÉRIEURES

    AVIS A LA POPULATION DE MONTERFIL

    Les Américains ont atteint notre région. Le drapeau tricolore flotte à la mairie. Vous avez accueilli son retour avec émotion. Vous êtes LIBÉRÉS.

    Cependant des allemands sont encore dans nos régions où ils errent par bandes dangereuses. Il faut les faire prisonniers ; les empêcher de se livrer à des actes dangereux.

    Cependant des mauvais français au service de l’ennemi ou des étrangers douteux ; ceux qui par leurs actes et leurs dénonciations ont livré les nôtres aux bourreaux et semé le malheur dans bien des foyers, s’enfuient espérant ainsi échapper à leur juge : le peuple. Il faut les retrouver et les remettre à la justice militaire car ce sont des TRAÎTRES.

    Les F.F.I. sont chargés de mettre de l’ordre et de se livrer aux opérations de nettoyage selon les directives de leur état major en accord avec nos alliés américains. Elles seules ont reçu cette mission.

    Elles ne faibliront pas. Nos groupes sont à l’œuvre.

    Nos camarades des ouvriers des paysans, unis dans la même foi, inconnus de vous pour la plupart luttent encore. L’un d’eux, est tombé face à l’ennemi à Paimpont. Son nom s’ajoute à la liste trop longue de ceux qui sont morts en pleine jeunesse pour que nous retrouvions la paix et la sécurité de nos foyers.

    Les F.F.I. poursuivront leur tâche.

    Tous ceux qui n’appartiennent pas aux mouvements F.F.I. seront désarmés pour éviter les accidents ; pour éviter que des CRAPULES usurpant nos droits ne se livrent à des actes qui nous saliraient.

    Mais il faut nous aider. Ne laissez pas tomber votre enthousiasme du premier jour. Sachez vous plier à la discipline du moment qui est toute militaire. Il faut nous défendre ; car ,

    DES BRUITS CIRCULENT QUI ONT POUR BUT DE NOUS CRITIQUER INJUSTEMENT ET DE NOUS PRÉSENTER COMME DES GENS PEU HONNÊTES, QUI SE SONT LIVRÉS À DES ATROCITÉS, SANS ÂME ET SANS RELIGION.

    CES BRUITS SON DES CALOMNIES lancés par des gens qui sans doute regrettent les années de misère et d’esclavage où chacun redoutait le lendemain.

    FRANCAIS souvenez-vous des arrestations illégales , des massacres de patriotes, des TORTURES subies par les prisonniers des ennemis du peuple : LA MILICE. Pensez à celà avant de nous combattre. Soyez droits et justes.

    Ne faites pas par vos critiques, par vos dissentions, le jeu de tous ceux qui nous ont fait du mal.

    RESTEZ UNIS dans la joie de la liberté retrouvée et dans l’espoir de revoir très bientôt ceux qui sont loin de nous.

    FAITES TAIRE les mal informés, les méchants, les jaloux ; et tous ceux qui n ous salissent pour mieux se camoufler.

    DÉNONCEZ aux autorités régulières ceux qui se font passer pour la CONTRE RÉSISTANCE.

    REJOIGNEZ NOS RANGS tous les jeunes.

    DÉFENDEZ nous les anciens, ceux de 14-18 dont le coeur a été tant meurtri par la défaite de leurs fils et qui maintenant êtes fiers de voir nos 3 couleurs au clocher de votre village.

    PLUS DE TRAÎTRES, de CALOMNIATEURS.

    TOUS DEBOUT POUR REFAIRE UNE FRANCE FORTE, PROPRE, LIBRE

    DIRECTION DÉPARTEMENTALE F.F.I.

    ETAT MAJOR F.T.P.

     MONTERFIL ( Le camps des radars, les FFI, la bavure ) 

    Monterfil est bien indiqué dans l’histoire FFI comme partie constituante de la 12ème Cie F.F.I. d’Ille-et-Vilaine par le regroupement qui s’y est opéré au moment de sa formation.

    Il n’y avait pourtant aucun maquis reconnu ni groupement de résistance organisée dans la commune avant la Libération pour la bonne raison que l’ennemi y avait installé au lieu-dit : « des Chênes Froids » un important centre de radars de détection de la Luftwaffe, portée de 60 km, construits par Téléfunken, de radars d'avertissement et d'approche directement reliés directement à Hamburg.

    Cette implantation ennemie était très surveillée militairement et la milice veillait au grain. Il ne semble même pas qu’il y ait eu des réfractaires au STO, dans ce secteur trop surveillé. Michel Boivin, professeur d’histoire contemporaine à l’Université de Caen et enseignant-chercheur au C.R.H.Q., souligne dans une étude sur la main d’œuvre française exploitée par le 3ème Reich que: « 10% seulement des réfractaires ont rallié la Résistance, par peur du danger, par dissuasions venues du milieu familial ou bien les filières n’étaient pas connues. Trouver un maquis, frapper à la bonne porte, cela n’était pas chose évidente.

    Pour autant, bien avant la Libération, avec l’installation des FFI (Forces Françaises de l’Intérieur) au château de M. Louis-Gabriel Oberthur, (maire de la commune de  1906 à 1945 ), la Résistance était quand même omniprésente à Monterfil. On peut citer l’arrestation en mai 44 à Monterfil du Père Monfortain Plessix. né le 5 mars 1905, déporté. On peut citer le témoignage de Jean Macé chargé de situer sur le terrain l’emplacement des radars en mesurant les distances à l’aide d’un vélo à roue fixe, dont on avait calculé la distance parcourue à chaque tour de pédalier.

    Ces distances étaient reportées sur une copie du plan cadastral par le garde-champêtre Gernigon, qu’on appelait "le père la Pipe" et qui, seul, pouvait accéder au cadastre pour le calquer sur un papier à beurre transparent.

    Le docteur Pierre Dordain de Mordelles, dit "le Cerf" chef du secteur du réseau C.N.D. Castille de la région de Rennes a transmis à Londres les emplacements de ces radars permettant à la R.A.F. de venir les bombarder en rase-mottes le 10 juillet 1944 vers 12 h.

    Le Dr Dordain est décédé dans sa cellule de la prison Jacques Cartier à Rennes le 18 décembre 1943, à 1h45 au retour d’un interrogatoire. (voir « une affaire de trahison » (mémoires d’un agent secret de la France Libre) Colonel Rémy.

    La libération de Monterfil

    Elle de Monterfil sera saluée par la population en général.

    Cependant, la disparition de l’important camp de radars allemand implanté sur la commune, fut source de regrets pour ceux qui avait profité de cette manne économique tombée du ciel et qui avait aussi favorisé la collaboration avec l’ennemi.

    L’arrivée des FFI/FTP (Forces Françaises de l’Intérieur et Francs-Tireurs et Partisans Français) à Monterfil, dès le départ des Allemands, devenait donc pesant pour certains dans ce contexte national de « Libération/épuration » d’autant que la mort sous la torture de résistants ne pouvait plus être ignorée, comme par exemple :

    Émile Gernigon, de Goven, martyr de la résistance. Son domicile servait de boîte aux lettres et de dépôt de matériel, de propagande et de sabotage. Il hébergeait des hommes de la résistance de passage comme le commandant Pétri. Le 24 mai 1944, la Gestapo et la milice ont investi sa ferme de " Bolac " qui a été incendiée. Émile Gernigon était arrêté, torturé, incarcéré à la prison Jacques Cartier, condamné à mort le 20 juin 1944 et fusillé le lendemain matin à Saint-Jacques-de-la-Lande.

    - André Leclerc de Talensac vendu à la milice Perrot et arrêté le 18 juin 1944. Il eut les yeux et les ongles arrachés, Mais, il ne parla pas et fût abandonné dans un champ où il mourut au bout de son sang.(voir le procès de l'assassin Schwaller)

    - Henri Morras » tombé, criblé de balles, à l’entrée du bourg de Paimpont.

    Le premier groupe FFI/FTP arrivé à Monterfil, sur ordre du capitaine Jubin, avait pour mission le contact avec M. Charles Oberthur, maire de la commune en présence de son fils Louis lieutenant F.T.P. et sa sœur Jacqueline, résistante, pour préparer le casernement d’un certain nombre de FFI et l’enfermement des prisonniers allemands et des miliciens capturés.

    Avant toute chose, leur première tâche le 4 août fut de sortir les drapeaux français pour pavoiser la mairie, ainsi que l’affichage également à la mairie de l’appel à la Population et d’un avis à la population de Monterfil

    En attendant l’aménagement du casernement FFI au-dessus des écuries du château, ce sont les salles de classe qui ont fait office de chambrées, au grand dam de L’abbé Detoc curé de Monterfil en 1944.

    L’abbé Detoc se plaindra en effet qu’au départ des F.F.I. « l’état des salles de classe était répugnant car la paille sur laquelle ils avaient dormi, était pourrie sur place et sentait vraiment mauvais. » (page 35 d’un article "Nous Vous Ille " n° 64 d'avril mai juin 2004 ") et pour cause, les paysans refusaient de leur donner de la paille fraîche pour dormir et les F.F.I. avaient dû en faire réquisitionner. Ils ont malgré tout nettoyé les salles de classe.

    La 12ème Compagnie F.F.I. constituée le 6 août 1944 à Plélan-le-Grand, regroupant les anciens F.T.P. des groupes ou maquis voisins, sous les ordres du capitaine Jubin, a dû partager momentanément ses quartiers entre les châteaux de Monterfil et de Paimpont, avant de rejoindre Coëtquidan, pour une formation aux combats dans les poches de Saint-Nazaire et de Lorient. Arrive au château une cuisine roulante récupérée sur le camp de radars allemands, de la commune. Et les Américains offrent des caisses de conserves de corned-beef. Le goût de cette nouvelle nourriture étant alors inconnu, certains ont craché les premières bouchées, craignant qu’elles fussent avariées.

    Oh surprise ! M. le Maire sort une bonne douzaine de fusils Lebel cachés dans le grenier du château et les remet aux F.F.I. qui avaient peu d’armes, sauf celles parachutées sous l’occupation ou récupérées à l’ennemi Comment avait-il pu conserver ces armes et munitions pendant toute l’occupation et si près des Allemands ? Évidemment, les langues allaient bon train.

    Les combats de la 12ème Cie FFI 

    Cette triste évocation de l’épuration ne doit pas nous faire oublier le 6 août 1944 jour de l’attaque contre les Allemands en forêt de Paimpont. Une partie du groupe de Monterfil y a participé.

    A l’occasion de ces événements, un trésor de guerre du groupe de Monterfil disparut aussi. Heureusement qu’en la circonstance l’organisation F.T.P.F était toujours omniprésente. Le document reproduit ci-dessous, montre que le 1er septembre 1944, c’est encore en effet, le commandant Louis Pétri dont l’un des noms de guerre était le commandant Tanguy, qui finance toujours les anciens maquis F.T.P. devenus 12° Cie F.F.I., en attendant la réorganisation de la Nation.

    Pour utiliser les armes allemandes récupérées sur le camp de radars de Monterfil, les prisonniers ukrainiens capturés sur le camp, furent de bons instructeurs

    Copie du document

         F.T.P.F.

     

                 Cie de Monterfil – 12° Jubin

     

               Reçu du Cdt Tanguy

     

               la somme de 50.000 x

     

              

                                le 1er septembre 1944

                                le capitaine Jubin

                                                         (Signé Jubin)

     

    Le 7 août 1944, la 12° Cie reçoit l’ordre de se préparer à partir pour Nantes afin de soutenir les F.F.I. de cette région en difficulté. Dans l’après-midi, tout était prêt pour le départ : les camions avec le plein d’essence, les armes, le matériel, le ravitaillement...

    Nous étions dans la nervosité de l’attente du départ. Les heures passaient, la nuit aussi, nous attendions toujours. Les ordres n’arrivaient toujours pas. Et voilà qu’au matin, on apprend qu’on ne part plus. Il y avait contre-ordre du commandant Costes. On ne partait plus.

    De Gaulle et les F.F.I. de Paimpont à Rennes

     

    Le 19 août 1944, c’est de nouveau l’effervescence dans les rangs par ce que le général de Gaulle arrive à Rennes et qu’il faut des volontaires pour aller rendre les honneurs au général place de la mairie à Rennes.

    En fait, un appel aux volontaires pour aller à Rennes est passé dans les rangs de la section Leclerc. Certains n’étaient pas volontaires parce que malades dans ces camions qui roulaient sur des routes défoncées tantôt à l’essence quand il y en avait, tantôt au gazogène.

    Tel autre ne voulait pas non plus se porter volontaire, car il voulait rester vivre le reste de ses jours dans l’ombre comme au temps des maquis. Il n’ira jamais voter plus tard, car disait-il c’est par ce que j’étais inscrit sur les listes électorales que les "boches " ont trouvé ma trace.

    Le scénario se répéta l’après-midi au cimetière de Paimpont quand le général de Gaulle est venu se recueillir sur la tombe de sa mère. Le capitaine Jubin a écrit à ce sujet :

    « Dans l’après-midi, les 2e, 3e et 4e sections (Guibert, Jouchet et Correy) rendaient à leur tour les honneurs au général venu à Paimpont se recueillir sur la tombe de sa mère. Dès que le général fut à cinq cent mètres, les hommes qui n’avaient jamais fait de maniement d’armes ou alors très peu, prirent la position du « présentez armes ». Les autres manœuvrèrent à mon commandement. Avant que le général n’arriva dans la ligne droite menant au cimetière, je lançai un retentissant « présentez armes », la face était sauvée, il pleuvait à verse, la voiture du général passa lentement

    A  l’entrée du cimetière,  quatre gradés se tenaient au « présentez-armes » Ils avaient été triés sur le volet et avaient fière allure.

    Même scénario, dès que le général s’éloigna de la tombe de sa mère. A sa sortie du cimetière, devant ces garçons habillés misérablement, à peine chaussés, mais raidis dans un « présentez-armes » impeccable, il lâcha ces quelques mots : « merci mes enfants »

    Les camarades de Paimpont qui avaient fleuri la tombe pendant la guerre étaient présents.

    Du 20 au 22 août 1944, on subit de nouveau un entraînement intensif pour apprendre à défiler au pas, à tirer sur cible, à lancer des grenades, à démonter et à remonter les armes ; les fusils, les fusils-mitrailleurs, les mitraillettes, de jour comme de nuit, ou bien les yeux bandés.

    Le 23 août 1944, c’est le départ pour Coëtquidan. Certains camarades qui ne voulaient pas être "embrigadés" dans l’armée régulière nous quittèrent pour rentrer dans leurs foyers.

    Du 23 août au 10 septembre 1944, on subit un entraînement militaire très intense avec tirs et exercices de combat, à blanc. Il y eut quand même des blessés, notamment l’adjudant Lucas.

    Dans le camp de Coëtquidan d’alors, on logeait dans des anciens baraquements allemands en bois. On dormait dans des châlits en bois superposés. Nous avons eu le droit à de la paille fraîche dans la paillasse et deux couvertures allemandes récupérées sur leurs stocks, chacun.

    Coëtquidan, c’était aussi à cette époque, le temps du partage avec les Américains. Ils occupaient une partie du camp avec leur matériel lourd et leurs jeeps. De temps à autre, par nuit noire, nous allions siphonner quelques gouttes d’essence dans leurs réservoirs pour mettre dans nos briquets.

    Près de Coëtquidan, il y avait aussi ce petit village voisin qu’on appelait "Putainville" (Saint-Malo-de-Beignon) aux cafés mal famés et plein de « greluches ». Pour passer inaperçus des patrouilles la nuit, à cause du couvre-feu, on éteignait les rares lampadaires à coup de revolver.

    Parmi tous les jeunes impatients de se battre pour libérer le territoire, il y avait avec nous Louison Bobet, le futur champion du monde cycliste, entouré de ses camarades de St-Méen-le-Grand. On le retrouvera un peu plus loin sur le front de Lorient.

    La longue marche

     

    Le 10 septembre 1944, une colonne interminable de fantassins disparates se forme pour quitter enfin, sans regret, le camp de Coëtquidan à pied, en direction du Front de Redon. Chacun avait reçu pour cela un sac à dos avec havresac, fusils et cartouchières et parfois, c’était mon cas, une ceinture de grenades. Tout ce là était très lourd à porter.

    Nous n’avions pas encore d’uniformes. En ce qui me concerne, c’est en tenue de camps de jeunesse bleu (Pétain) et des bottes allemandes aux pieds, récupérées sur un mort, que j’ai pris la route. C’était mieux que les sabots de bois, (que je serais content de retrouver sur le front pour me tenir les pieds au chaud).

    Une charrette à cheval suivait la troupe et ramassait ceux qui, épuisés, les pieds écorchés, ne pouvaient plus marcher. Certains l’appelaient la charrette "plumeau".

    Nous avons parcouru ainsi harnachés et à pied, les 38 km séparant Coëtquidan de Redon. Toutes les agglomérations furent traversées au pas cadencé. Les chansons de marche parfois obscènes que nous chantions faisait fuir parfois le sexe féminin qui nous regardait passer.

    Nous sommes arrivés vers 17 heures au cantonnement du château de Callou où nous avons pu prendre quelque repos jusqu’à la tombée de la nuit. Pour la nuit, craignant l’incursion de patrouilles allemandes dans la Ville, nous avons pris position autour de Redon, qui dans les fossés, qui sur les ponts d’Aucfer, la Croix des Marins, les Marionnettes, Saint Perreux...

    Le 13 septembre 1944, après avoir trouvé quelques tenues moins disparates, la 12° Compagnie défile au pas dans les rues de Redon sous les ordres du capitaine Jubin, en même temps que le bataillon Evain. Le préfet et le maire de Redon et le commandant Evain passèrent les troupes en revue.

    Le 15 septembre 1944, le Caporal Jean Coudrais est tué accidentellement. Passant avec deux autres camarades devant une fenêtre ouverte de la baraque en bois qui nous était affectée, ils s’accoudèrent à cette fenêtre pour bavarder avec ceux qui étaient à l’intérieur . L’ un de ceux-ci sur le châlit supérieur droit, était en train de nettoyer son fusil. Il venait d’enlever son chargeur, mais une balle était restée dans le canon et le coup partit accidentellement tuant net Jean Coudrais. Soutenu par ses deux camarades, il fit quelques pas jusqu’à l’entrée de la baraque, et s’écroula mort dans le couloir.

     La 12ème Compagnie intégrée au 3ème  Bataillon de marche d’Ille-et-Vilaine

    Pour mémoire, la 12ème Compagnie est rattachée au 3ème Bataillon commandé par le commandant Meunier. Ce 3èmeBataillon comprend les 11ème ,12ème Compagnie Jubin - 13ème, 14ème Compagnie Raton - 15ème Compagnie Pocquet et 16ème Compagnie plus un centre d’instruction en formation à Coëtquidan.

    Ci-dessous, le commandant Meunier avec son chauffeur devant le château du Dresneux en septembre 1944.

    cdt-meunier.jpg (55302 octets)

     Les premières compagnies engagées contre l’ennemi furent les 12ème, 14ème et 15ème dans le secteur de Fégréac. De nombreux accrochages de patrouilles ont lieu avec celles de l’ennemi et se solderont par 4 tués et 15 blessés.

    Forces Françaises de l’Intérieur

    Bataillon d'instruction "André Leclerc"

    Camp de Coetquidan

    ÉTAT NOMINATIF DES OFFICIERS ET SOUS-OFFICIERS

    NOM et PRÉNOM Grade FF Date de nomination

    1-8-1944

    Autorité

    qui a prononcé la nomination

    JUBIN Constant Capitaine . Commandant. COSTES
    GUILBERT Louis Lieutenant . Commandant. MEUNIER
    CORREY Louis Lieutenant . Commandant. COSTES
    OBERTHUR Louis Lieutenant . Commandant. MEUNIER
    LEFICHER Jean Lieutenant .
    CABOT Lieutenant .
    PANON Lieutenant .
    LE CUNF René Lieutenant .
    FRIOUX Jean S/Lieutenant .
    LECLERC Raymond S/Lieutenant . Commandant. COSTES
    GUÉNO Jean S/Lieutenant . Commandant. MEUNIER
    HAMON Henri Adjudant Chef .
    LEMARCHAND Joseph Adjudant .
    JOUCHET Alphonse Adjudant .
    RUFFÉ Edmond Adjudant .
    LUCAS Pierre Adjudant .
    LECOMTE Raymond Adjudant .
    RAHIER Roger Sergent Chef .
    Comm. MEUNIER Sergent Chef .
    THIRIET Marius Sergent Chef .
    SAUVAGE Gaston Sergent Chef .
    HOUSSAY Jean Sergent Chef .
    LOYER Edouard Sergent Chef .
    GUIHARD André Sergent Chef .
    LETOURNEL Robert Sergent  
    DANIEL Jacques Sergent .
    BOBET Pierre Sergent .
    LEBOULAIN Théodore Sergent .
    PARNET Guy Sergent .
    GARCIA Adolphe Sergent .
    GILET René Sergent .
    RENIMEL Maurice Sergent .
    CHOUARAN Louis Sergent .
    ALBERT René Sergent .
    FREDÉRIC Louis Sergent .
    TOQQUET Paul Sergent .
    HOUSSU René Sergent .
    LE GUÉVEL Pierre Sergent .
    FORGET Guy Sergent .

    La 12ème monte en ligne à Fégréac

    Le 10 septembre 1944, dans l’après-midi la section Jouchet va prendre position la première sur la ligne de feu de Fégréac.(front dit de Saint Nazaire) distante d’environ 20 km parcourus à pied

    Le 20 septembre 1944, la 12ème Compagnie monte en ligne à son tour avec les compagnies Delaigle et Robert, soit environ encore 20 km à pied de plus dans les jambes. Nous prenons position de nuit sur une ligne de défense établie le long de la route Fégréac/Carnaval, à hauteur de l’ancien moulin.

    Nos positions étaient en fait assez distantes de celles de l’ennemi, puisque la rivière nous séparait et qu’un certain "no man’s land" existait entre nous. C’était un terrain propice aux patrouilles, aux incursions et aux coups de main des uns ou des autres. Lorsqu'on partait en mission, on disait pour plaisanter qu'on allait chasser du Fridolin" ou "écraser le Doryphore" ou se "payer un boche"

    Aussi, le 22 septembre 1944, le commandement décide d’avancer les positions dans les prairies en contrebas entre la route et la rivière. C’est malheureusement plus humide qu’en haut. et nous ne pouvons guère creuser des tranchées pour nous protéger, sans trouver de l’eau au fond du trou le lendemain matin. Nous aménageons alors au mieux les talus et camouflons les positions à l’aide de branchages, parfois coupés bien à propos par la mitraille.

    De jour comme de nuit nous étions sous les intempéries, parfois trempés jusqu’aux os. En prévision des nuits froides, on reçoit des sur vestes bien chaudes en peau de lapin.

    La nuit, des patrouilles boches venaient nous narguer. Un camarade Alphonse Le Guelvout fut tué lors d’une incursion ennemie la nuit. Mais la riposte a fait aussi quelques victimes dans leurs rangs.

    Le 4 octobre 1944 l’ennemi attaque en pleine nuit le P.C. du capitaine Jubin à la ferme de Bellevue. Les grenades et les rafales d’armes automatiques durent au moins 10 mn. L’ennemi met le feu aux paillers. Mais le capitaine Jubin entourés de ses hommes les plus aguerris, firent merveille et plusieurs allemands furent tués ou blessés.

    Alors, il fut décidé de multiplier les patrouilles d’observation de notre part. Au cours de l’une d’elle, le sergent chef Jouchet fut blessé à la cuisse. Une autre fois, c’est Yves Pellennec qui reçoit une balle dans le pied.

    Heureusement, il y avait une bonne infirmerie à la 12
    ème Compagnie avec le médecin capitaine Stermann et au Bataillon, château du Dresneux, avec le Dr Depasse et Pierre Redo infirmier de Mordelles ( infirmier à l’asile de Saint-Méen dans le civil)

    Le bruit circulait que l'ennemi ne faisait pas de quartier. Pour eux, les F.F.I. c’étaient des terroristes à abattre. Aussi, pour ne pas risquer d’être capturé comme terroriste par une patrouille allemande, il était d’usage dans ma section, de garder une grenade à la ceinture pour ne pas tomber vivant entre leurs mains.

    Parfois, les patrouilles se rencontraient au milieu du no man’s land, car chacun recherchait dans les fermes évacuées à la hâte, les poules et les lapins abandonnés. Pour notre part, nous arrachions les portes et fenêtres des maisons pour faire du feu et faire sécher nos vêtements trempés quand la pluie tombait.

    Évidemment si la fumée montait trop haut, cela nous attirait parfois des tirs de mortiers de la part de l’ennemi. Et qu’avions-nous pour répondre !

    Les F.F.I. intégrés dans l'armée régulière reconstituée (41° R.I.)

     

    Le 5 octobre 1944, nous apprenons dans les rangs que nous ne sommes plus F.F.I.. Le lendemain 6 octobre, nous devons nous rendre par petits groupes (pour ne pas dégarnir le front) au P.C. de la compagnie, replié au château du Dresneux, soit pour signer notre engagement officiel dans l’armée régulière reconstituée, soit pour fixer la date de retour dans les foyers.

    Certains camarades ne veulent pas servir sous les ordres des officiers rappelés que nous appelions "les naphtalinés" (officiers français planqués pendant la guerre, dont les tenues conservées dans la naphtaline, gardaient cette odeur forte de la défaite de 1940)

    Pour ma part, j’ai signé un engagement pour la durée de la guerre. Me voilà donc soldat de la nouvelle armée française reconstituée. A ce titre, je reçois une tenue réglementaire avec des bandes molletières de la guerre 14-18 et des grosses godasses de bidasse à clous pour remplacer mes bottes allemandes que je trouvais pourtant plus confortables.

    Le 10 novembre 1944, on est informé que la 12° Cie est relevée (après 60 jours de ligne) et va être rayée (administrativement) des contrôles pour devenir la 3° Cie du 1er bataillon du 41° R.I. reconstitué. La compagnie rejoint la caserne Margueritte à Rennes le 10 novembre pour compléter son armement et son équipement. Je reçois une capote neuve pour l’hiver, trop étriquée, trop courte, et je bénéficie en même temps d’une permission de 6 jours à la maison, avec mon fusil et ma cartouchière. Nous étions encore responsables de nos armes personnelles jour et nuit.

    Le regroupement se fera à partir du 15 novembre 1944 à Coëtquidan. La dissolution de la 12° Cie F.F.I. d’Ille-et-Vilaine. est officiellement prononcée et le 16 novembre est officiellement créée la 3° Cie du 1er Bataillon de marche d’Ille-et-Vilaine du 41° R.I. sous les ordres du colonel Duranton.

    Du 20 novembre au 14 décembre 1944, nous subissons à Coëtquidan un nouvel entraînement intensif et prise de photos d’identité. Pour la première fois nous étions dans un casernement en dur, avec des vrais lit-cage en fer, des polochons et des meubles à paquetage. Un vrai luxe quoi ! Il s’ensuivit une belle bagarre de polochons dans notre chambrée, les plumes volaient de partout.... Cette destruction de matériel appartenant à l’armée, n’allait pas tarder à entraîner des sanctions au titre de la nouvelle discipline militaire. C’est ainsi que certains se retrouvèrent de " corvée de chiotte "

    Sous les ordres du commandant Frémont chef de Bataillon qui succède au commandant Meunier promu directeur de l’école des cadres de St-Brieuc, nous partons le 15 décembre 1944, pour le front de Lorient. Avant de rejoindre les premiers postes avancés, certains logeront à la caserne Duguesclin à Auray.

    Nous arrivons de nuit, tous feux éteints, à Saint-Cado sur la rivière d’ Étel. Nous finissons la nuit à même le plancher de l’école. Le lendemain 16 décembre, la compagnie est dispersée dans différents postes avancés autour de Belz. A Saint-Cado, j’allais connaître un Noël pas comme les autres.

    Les anciens de la 12° Cie se sont trouvés plus ou moins séparés les uns des autres, au fur et à mesure des changements qui s’opéraient, ce qui ne nous a pas empêché de nous retrouver après la guerre. Chaque chef de section avait d’ailleurs conservé la liste des camarades de son propre groupe. Par exemple, la liste de la section Engins où se trouvait le célèbre Louison Bobet existe toujours.

    Photos prise à Coëtquidan en décembre 1944 :

    (avant le départ pour le Front de Lorient)

    coetquidan2.jpg (49676 octets)

     

     Rangée du haut : 1 et 2 inconnus ? - 3 Le Guével – Desnos – Sauvage .

    Rangée du milieu : Sentier – Joubrel – Houssais – Thiriet – Rivière – Lecomte – LeRay

    Rangée du bas : Rétif – Marchix – Mauny - Collet – Ruffet – Gauthier – Delsaut – Morin

    coetquidan3.jpg (33582 octets)

     

    Rangée du haut : ( de gauche à droite)Alain, Fardeau, Belloeuil, Hocchet, Pelletier, Gicquel, Mauny

    Rangée dessous : Foulon, Riou, Mahé, Derieux, Rigollet, Meran, Carette.

    Rangée suivante : Elaudais, Piel, Treussard, Baffé, Brulard, Pounchou, Pinault, Guihard

    Rangée du bas : Fleury, Rue, Nicolas, Roué, Louison Bobet, Bouchet, Even, Halgand, Rault

    En ce temps là, Louison Bobet futur champion du monde cycliste avait tout quitté lui aussi, même son vélo, pour participer aux combats de la Libération de son Pays. Sur le front de Lorient, il était dans la section d’engins :

    Louison Bobet

    12è Cie -IIIè Bataillon de marche d'Ille-et-Vilaine, issue des maquis bretons

    Section d'engins

    Chef de Compagnie: capitaine Jubin

    Chef de section: lieutenant Raymond Leclerc

    Adjoint:Sergent-chef Marius Thiriet

    Mitrailleuses

    Chef de groupe:..........Sergent Yves Sentier

    Chef de pièce.............Caporal Roger Salmon

    Tireur.........................Yves Pellenec

    Chargeur....................René Nicolas

    Pourvoyeur................Francis Fleury

    Chef de pièce............André Jouet

    Tireur........................Georges Belloeuil

    Chargeur...................Charles Brulard

    Pourvoyeur................Francis Fleury

    Mitrailleurs mécano....Louis Souillard et Emile Elaudais

    Mortiers de 60 mm

    Chef de groupe:..........Sergent Michel Renimel

    aporal pointeur...........Jean Rigolé

    Chargeur...................Louison Bobet

    Artificier....................Francois Roué

    Pourvoyeurs..............René Pelletier et Jean Maury

    Caporal pointeur.......Olivier Treussard

    Chargeur...................Albert Pineau

    Artificier...................Raymond Bouchet

    Pourvoyeurs.............Eugène Gicquel et André Hué

    Caporal pointeur......Lucien Pounchou

    Chargeur.................Pierre Baffé

    Artificier..................René Evain

    Pourvoyeurs............Roger Evain-Raymond Merhand

    ...............................Marcel Gallardo-Robert Derieux

    Mitrailleur mécano.....Emile Elaudais

     

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  • Commentaires

    1
    Pichenette
    Vendredi 25 Novembre 2016 à 08:23

    Il manque la signature de l'auteur: Maxime Le Poulichet, blessé de guerre, président de l'amicale des anciens de la 12ème Cie FFI d'Ille et Vilaine

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