• JMO du 8° Bataillon F.F.I Caro - 2ème bataillon du 41ème R.I ( épisode - 2 )

    Depuis janvier 1944, une section spéciale de 36 hommes était sous les ordres du Commandant du 8ème Bataillon pour les missions de sabotages qui allaient toujours croissants.

    Le Bataillon organise le maquis de saint-Marcel à partir du 4 juin 1944; chargé de la sécurité et des premiers parachutages, il voit ses rangs doubler par l'arrivée de nombreux volontaires, et c'est ainsi que 3 Bataillons F.F.I sont formés, comprenant de 600 à 700 hommes chacun.

    Le 8ème Bataillon participe aux combats de saint-Marcel et des environs les 18 et 19 juin 1944; son encadrement est le suivant à compter du 1er mars 1944:

    - Chef de Bataillon: Commandant CARO

    - Compagnie de commandement: Lieutenant BIGOT

    - Cdt de Ploërmel (9ème Cie): Capitaine LE ROCH

    - Cdt de Josselin (8ème Cie): Capitaine VILARD

    - Cdt de Plumelec (7ème Cie): Capitaine SCORDIA

    - Cdt de Malestroit (6ème Cie): Lieutenant DESSUS

    - Cdt du Roc Saint-André (5ème Cie): Lieutenant THETIOT

    Regroupé les 2 et 3 août aux alentours de Josselin, il participe à la libération du canton et des cantons voisins, et aux opérations de la forêts des Forges et de Paimpont.

    Le 12ème Bataillon F.F.I, formé fin juin, se signale dans le canton de Ploërmel par de nombreux coups de mains jusqu'à la libération de celui-ci; le 24 août, il est transporté dans la région de Nantes et participe à la libération de la ville.

    Le 16 août, le 8ème Bataillon est dirigé caserne du 35ème à Vannes et prend part à plusieurs prises d'armes.

    Le 28 août, départ sur Péaule, le bataillon est chargé d'occuper la rive droite de la Vilaine avec mission d'empêcher l'ennemi d'effectuer des traversées sur cette rive ( 32 km de front pour 90 hommes ); les seules armes à sa disposition ne sont que des armes légères prises aux allemands ou parachutées. Le secteur s'étend de Redon jusqu'à l'ile de Marzan. L'encadrement est alors le suivant:

    Chef de Bataillon: Commandant CARO

    Cdt la Compagnie de commandement: Lieutenant BIGOT

    Commandant de la 5ème Cie: Capitaine TONNERRE

    Commandant de la 6ème Cie: Capitaine DESSUS

    Commandant de la 7ème Cie: Capitaine SCORDIA

    Commandant de la 8ème Cie: Capitaine HAYS

    Le 21 septembre 1944, le P.C du Bataillon s'installe à Limerzel, le front de la Vilaine est fondé. Le Capitaine VILLARD détaché à l'E.M est adjoint au Commandant du secteur. Le Capitaine GALLo prend le commandement de la 5ème Cie.

    Le 12ème Bataillon prend position entre redon et Rocquereux ( 3 km au sud de Béganne ). Le 1er Bataillon F.F.I venu de Vannes est en position entre l'ile et l'embouchure de la Vilaine. Les secteur du Bataillon ne s'étend plus que sur 18 km.

    Le Commandant CARO est nommé commandant du sous-secteur Vilaine.

    Le bataillon ne fut relevé des lignes que le 21 décembre 1944, par un régiment de fusilers marins et se cantonna à Questembert.

    Le 15 novembre 1944, le 8ème et 12ème Bataillons fusionnent et deviennent le 2ème Bataillon du 41ème R.I. Les C.B.2 ( 5ème et 6ème et 7ème Cies ) avec faibles renforts du 12ème Bataillon, forment la 4ème Cie du 2ème Bataillon du 41ème R.I. La C.A.2 est formée en entier par des éléments du 12ème Bataillon F.F.I.

    Les éléments en surnombre sont gardés jusqu'au départ des lignes; les vieilles classes furent libérées; les autres formèrent la 1ère Cie de passage sous le commandement du Capitaine LE BERRIGOT et regagnèrent une formation de territoire de Vannes le 28 décembre 1944.

    Au sous-secteur de la vilaine, le Bataillon connu de très dures journées: Habillement insuffisant, armes peu pratiques pour la mission, nourriture ne parvenant qu'irrégulièrement, hygiène lamentable et un ennemi toujours mordant ne découragea pas nos braves paysans Bretons.

    Le 29 août 1944, une patrouille allemande passe la vilaine; repérée par la section du Lieutenant LEPORT, elle se replie et laisse de nombreux morts sur le terrain; peu après, riposte des allemands au 88 et au mortier; un mort dans nos rangs. Le 30, aux même emplacements, l'ennemi essuie le feu nourri de F.M et laisse sur le terrain un blessé, une mitrailleuse légère, un fusil et des munitions.

    Sur toute l'étendue du secteur, de pareils engagements se renouvellent toutes les nuits; malgré les pilonnages des mortiers, et des 77 ou 88, nos gars tiennent et poursuivent leurs installations défensives et se mettent à l'abri des obus d'artillerie de moyen et petit calibre. A noter que la plus grande partie de ses travaux est merveilleusement exécutée, malgré l'inexpérience de la majeure partie des cadres et de la troupe.

    Le 9 septembre 1944, La vilaine était traversée par l'officier de renseignement du secteur qui prenait contact avec la résistance en secteur occupé. Tous les renseignements et même les intentions de l'ennemi sont communiqués presque journellement. La résistance est organisée petit à petit et la démoralisation des allemands est intentionnellement poussée. 29 hommes et un sous-officier allemands sont ramenés dans nos lignes par des passages organisés.

    Le 16 septembre 1944, à 17 h 30, un fort détachement allemand débarque au Moustoir ( 2 Cies ), incendie plusieurs fermes et parait vouloir se rendre à Muzillac. Ce détachement est appuyé par un tir de 105; immédiatement, le secteur est renforcé par une Cie du 8ème Bataillon transportée par camions. Après un court engagement, l'ennemi se retire et laisse plusieurs morts sur le terrain ( 4 hommes dont l'officier du 1er bataillon sont tombés de notre côté.

    Sur tous les postes avancés, des tirs d'armes automatiques, de mortiers et de canons grondent par intermittences.

    Le 27 septembre 1944, un téléphone est installé entre les deux rives.

    Tirs de mortiers de 88 sur les positions ennemies, causant victimes et dégâts pendant les journées des 29 et 30 septembre 1944, le 1er et 3 octobre 1944, arrêtés faute de munitions.

    Le 29 octobre 1944, une attaque allemande se déroule sur le Front de Lorient; une de nos Cies, la 8ème ( CB2 au 2/41 ) est déplacée par camions le 30 octobre et prend immédiatement position à Nostang; sa belle tenue au feu lui vaut les félicitations du commandant du secteur, 10 jours plus tard, à son départ.

    Le 15 novembre 1944, le 12ème bataillon F.F.I, commandé par le Général de LA MORLAIX, est dissout, passe sous le contrôle du 8ème Bataillon et forme avec ce dernier le 2/41 - secteur inchangé.

    Le 23 Décembre 1944, le Bataillon est à Questembert, le 27, il arrive à Coëtquidan ou l'instruction est poussée jusqu'au 30 janvier 1945. Temps déplorable, pluie, neige, les hommes sont pour la plupart sans chaussures, peu habillés et ne possèdent qu'une seule couverture.

    Le 31 janvier 1945, P.C à Saint-Jean La Poterie sous le commandement du sous-secteur de la Vilaine: capitaine de Frégate MARCHAND - Une section contre Redon de la part de l'ennemi est possible. L'instruction se poursuit sur les lieux. Le bataillon est alors encadré de la façon suivante:

    Chef de bataillon: Commandant CARO

    Officier adjoint: capitaine VILLARD

    Cdt 5ème Cie: Lieutenant VILLANEAU

    Cdt 6ème Cie: Capitaine LE DINAHET

    Cdt 7ème Cie: Capitaine SCORDIA

    Cdt CA2: Lieutenant LE ROCH

    Cdt CB2: Lieutenant BIGOT

    Le 12 mars 1945, départ pour Les Méneques, sous-secteur est de Lorient, en réserve jusqu'au 26 mars 1945.

    Le 26 mars 1945, occupons sous quartier Etel et Kerminihy, reste le Bataillon en réserve. Nombreux tirs de mitrailleuses lourdes et légères ainsi que des tirs fusants ennemis. Riposte des nôtres et de l'artillerie divisionnaire; quelques dégâts dans nos lignes; 3 blessés de notre côté.

    De nombreux tirs aux mortiers et aux mitrailleuses lourdes sont effectués sur les positions du Maguer et du Vieux Passage par notre CA2.

    Le 7 mai 1945, à 20 h 12, une délégation allemande emprunte le bateau de la Croix-Rouge et se rend à Etel et signe la capitulation sans conditions devant des Officiers Supérieurs Français et américains. Les honneurs sont rendus par une section de la CB2.

    Le 10 mai 1945, Le Bataillon traverse la rivière d'Etel et se rend dans l'ex-poche de Lorient ou il occupe le quartier de Plouhinec.

    Le Bataillon à tenu la maquis du 04/06/1944 au 06/09/1944, a été en ligne sur le Front de la Vilaine du 28/08/1944 au 23/12/1944, en réserve sur le Front de la Vilaine du 31/01/1945 au 12/03/1945, en ligne sur la Poche de Lorient du 26/03/1945 au 08/05/1945.

    Sur ses théâtres d'opérations, le Bataillons a perdu 15 hommes, 22 ont été blessés, à ajouter 87 tués et disparus pendant la clandestinité.

    Capitaine VILLARD André: A traversé plus de 20 fois la Vilaine pour y chercher des Allemands désirant se rendre. Il en a ramené 30, dont un sous-officier, dans des circonstance souvent périlleuses.

    A l'ordre du Régiment:

    Soldat RIO Rémy: Soldat courageux et de sang froid. Toujours volontaire pour des missions périlleuses. C'est porté résolument en avant avec son F.M, lors d'une patrouille allemande qui avait pu prendre pied sur la rive droite de la Vilaine, dans le secteur du Rohéllo.

    Un certain nombre de citations ont également été obtenues par des gradés et soldats du Bataillon, en récompense d'actions d'éclats effectuées dans le maquis.

    Conclusion:

    Le 8ème Bataillon F.F.I du Morbihan, comprenant à l'origine plus de 1200 hommes, fut le premier armé et le premier à entrer en action directe avec l'ennemi; formé uniquement de volontaires, il fut aussi le premier après la libération à occuper un secteur défensif sur le Front de la Vilaine.

    L'esprit combatif et de résistance de ces hommes dont la majeure partie n'avait pas d'entraînement militaire, a prouvé le désir et la volonté des Bretons du Morbihan de participer avec tous leurs moyens au relèvement de la france.

    Ces civils devenus soldats, ont tenu en ligne sur la défensive, malgré l'absence d'armes lourdes, de vêtements, de chaussures, le manque de couvertures; ils n'ont jamais manifestés de mécontentement; ils avaient confiance, car leurs chefs étaient avec eux depuis les premières opérations et connaissaient leur valeur au combat; ils avaient un but, un idéal, et pour celà ne reculaient devant aucun sacrifices; ces volontaires Bretons, qui, au signal du chef, se sont groupés et ont pris les armes, pour libérer la patrie du joug de l'envahisseur, sont maintenant rentrés dans l'ombre, satisfaits du devoir accompli.

    Le Chef de Bataillon CARO

    Commandant le 2ème Bataillon du 41ème R.I

    Signé: CARO

    Source: SHD ( document relevé le 30 octobre 2015 ) 

     

     

     

     

     

     

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