• Défense de Soyécourt

    A Soyécourt, comme dans tous les points d'appui encore défendus par la 19 D.I., la journée du 6 juin est marquée par de fréquents et violents bombardements.

    Dès les premières heures du matin, nos hommes du 3° Bataillon assistent aux assauts livrés par les masses allemandes contre le 1° Bataillon à Foucaucourt. Car, sur cette plaine, rien n'arrête le regard, s'il n'y a pas de boqueteaux pour faire écran.

    Aujourd'hui l'artillerie ennemie prend comme objectif spécial les églises. Le clocher de Soyécourt n'est pas épargné.

    Vers 9 heures, il reçoit 3 obus de 77; un peu plus tard, 8 obus de 105 le détruisent, et chose curieuse, les cloches y restent suspendues, prêtes à vibrer encore dans leur cadre squelettique.

    Le soldat Lesaignoux, de la 11° Compagnie, s'y trouvait en observation; il est atteint par un éclat d'obus
    à la tête, et meurt dans l'après-midi.

    Avec Lesaignoux se tenaient à ce moment, dans le clocher, Zelvelder, chargé du mortier de 60, et le Capitaine de la 11°, Fauchon. De l'observatoire, ils réglaient le tir du mortier sur les groupes allemands, et les coups portaient admirablement.

    Un premier obus était tombé sur la nef, sans qu'ils songeassent à abandonner le poste. Le danger se rapprochant, il avait fallu songer à partir. C'est à ce moment que Lesaignoux fut atteint. Fauchon partit le dernier. Le presbytère voisin servit dès lors d'observatoire.

    Dans l'après-midi le nombre des blessés va sans cesse croissant, et le bombardement s'intensifie. Le P. C. de la C. A. S est sérieusement marmité; heureusement sa cave était solide.
    Le soldat Jarry (4° section de la 11°) est tué. Le soldat Letot n'est sauvé que par l'intervention immédiate du lieutenant d'artillerie Leclerc de la Herverie (du 10° R. A. D.) qui commande les 75 antichars. Cet artilleur est en effet docteur en médecine. Le sergent-chef Métivier, le sergent Lorit, le caporal-chef Chabot, le soldat Khoas, le sergent Godard, de la 11° sont blessés.

    Il ne vient ni renfort, ni ravitaillement.

    Les bombardiers ennemis passent par groupes compacts de 35, 40 ou 50!

    La nuit vient, et le calme s'établit. Mais on sait que ce calme est chargé d'orage, et que la journée de demain 7 juin sera décisive. On se rappelle que l'ordre est de tenir sur place, sans regard vers l'arrière.

    D'ailleurs, il n'y a plus d'arrière, l'ennemi y est aussi bien que devant et à droite . . .

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