• Au Bois Etoilé . .

    Tandis qu'en cette soirée du 6 juin le 41° se' préparait à la lutte suprême, un changement se produisait au 3° groupe du 10° R. A. D., dont le P. C. était à Vermandovillers, et les 7° et 9° batteries au Bois Étoilé.

    La journée du 6 juin avait été très calme dans le bois, les alentours ayant été à peu près purgés d'ennemis le 5 juin. Néanmoins les batteries tirèrent beaucoup ce jour là : tirs commandés par le groupe, tirs à vue réglés du poste de guet aussi. Toutefois un ordre du 41° R.I, annonçant une contre-attaque par chars français I'empêche de tirer sur de nombreux chars mal identifiés qui circulaient sur la route
    Estrées-Foucaucourt. Or c'étaient des chars allemands. Vers le soir, le lieutenant de Courson prend sur lui de tirer sur ces chars, et la réaction de l'ennemi sous forme d'un bombardement de la position par 105 démontre amplement qu'il a eu raison. (Notes de Courson-Nantois.)

    Cependant une modification dans la position des batteries pouvait être désirable; la disparition du 117° au sous-secteur du centre, la progression des engins blindés dans les arrières des 19° et 29° D.I mettaient nos pièces très près de l'ennemi.

    Le commandement songeait à ce danger.

    Les renseignements très précis qu'a bien voulu me communiquer le chef d'escadron Schérer nous permettent de faire l'histoire de nos artilleurs pendant cette journée. On verra combien notre situation était dramatique.

    Les passages entre guillemets sont tirés d'un rapport
    adressé par Schérer le 26 juillet 1941 au général Doumenc.
    « Le 6 juin, dans la matinée, le 3° groupe reçut l'ordre de rechercher une position moins exposée (que celle du Bois Étoilé) qui le rapprocherait de la Division de gauche moins menacée (VIl° D. 1. N. A.). La mission d'appui du groupe n'était pas modifiée. »

    Cet ordre était envoyé par la Division. Le commandant croit toutefois qu'il venait de plus haut.
    « Deux pièces de la 8° batterie restaient en antichars à Soyécourt et 2 autres à Herleville.
    Après avoir choisi, dans J'après-midi du 6 juin, deux positions en bordure Nord de la route de Lihons à la Maison Rouge, je rentrais à pied vers Lihons sur la N. 337, lorsque je Comptai, tapis dans les champs face au Nord, une trentaine de casques allemands, sur un front de 500 mètres, à 150 mètres au Sud de la route. Un officier allemand, debout, scrutait le terrain à la jumelle.
    « Je défilai au pas devant eux avec le maréchal des logis Datin qui m'accompagnait; puis, après avoir ainsi parcouru environ 800 mètres, je profitai de buissons et de boqueteaux pour piquer brusquement vers le Nord.
    « J'alertai au passage les artilleurs des échelons et du P.C. d'un groupe du 321° d'Artillerie installés à la ferme Lihu, et je rejoignis mon P. C. convaincu que la densité de l'ennemi au sud devait être très faible, mais suffisante pour les communications avec le commandement et empêcher les ravitaillements.
    « Le soir, à 21 heures, je commençai le mouvement prévu; pour pouvoir le mener à bien au milieu des soldats allemands infestant le terrain, je crus nécessaire de demander au colonel Loichot le concours d'une chenillette d'infanterie, qui, la nuit, ferait un bruit de chars de nature à intimider I'ennemi, Il y ajouta spontanément une demi-section d'infanterie pour encadrer mes servants en cas de combat rapproché.

    La chenillette était commandée par Tardiveau. La séparation des 2 P. C. d'infanterie et d'artillerie eut donc lieu en complet accord avec le colonel Loichot, après que le commandant Schérer lui eut offert de ne pas exécuter l'ordre reçu, si le Colonel estimait qu'un changement dans la situation rendît nécessaire le maintien du P. C. III/10°, et du groupe à leurs emplacements actuels.

    A 21 heures, l'ordre de se transporter sur la nouvelle position est transmis par E. R. 22 au capitaine Magne, commandant la 7° batterie, et, par lui, à la 9° L'ordre est  bientôt confirmé par écrit.

    La 7° quitte le Bois Étoilé à 22 heures, la 9° à 22 h 30, cette dernière en emportant tout ce qui lui reste de munitions soit 1700 coups. (Notes de Courson-Nantois.)

    L'énergie qu'avait mise le capitaine de Nantois à conserver dans le Bois Étoilé ses avant-trains; permettait
    l'exécution de ce changement de position.

    Les batteries passent par la ferme Lihu, Lihons, prennent la route de Lihons à Harbonnières, 150 mètres après la côte 109, le chef d'escadron Schérer les arrête et les fait mettre en batterie. Elles devaient passer la nuit en position sans tirer. (Notes de Courson-Nantois.)

    Au cours de ce déplacement, le groupe essuya un seul coup de fusil resté sans réponse.
    En passant à la ferme Lihu vers 21 h 30, le Commandant du groupe du 321° R. A. m'apprit qu'il venait de recevoir l'ordre général de repli immédiat; mais, l'ayant égaré, il n'a'pu me le présenter. Ne l'ayant pas reçu moi-même et n'ayant pu en prendre connaissance, je l'ai considéré comme ne concernant pas mon groupe.
    Dès la mise en hatterie terminée, j'ai, comme cela était convenu, renvoyé la chenillette et la 1/2 section d'infanterie à Vermandovillers.

    Une reconnaissance dans Vauvillers, où mes avant-trains devaient chercher ( protection dans ce point d'appui solidement tenu (ordre reçu) m'a révélé qu'il avait été évacué. (Rapport Schérer.)

    La nuit fut calme à la côte 109; mais la journée du 7 juin devait être mouvementée . . .

    « Retour à VermandovillersLa journée du 7 juin . . . »

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